Ainsi, ils l’ont fait (Discussion-dans-un-parfum-d-essence) ! Ils ont réduit le prix de l’essence, la promesse a été tenue. Si les français et la presse avaient demandé que le pain et le vin soient gratuits, peut-être bien qu’ils l’auraient fait également au motif que 99% des sondés y étaient favorables !
« Coup d’épée dans l’essence » a titré « Le Monde ». Et c’est bien exact, d’autant plus que le prix à la production est actuellement, sur la dernière quinzaine, à la stabilisation. Ce qui fait que les trois centimes dont se prive le gouvernement et qu’il prend dans notre poche droite pour le redonner à la poche gauche des automobilistes ne sont que d’une utilité et d’une efficacité très relatives. Le complément apporté par les distributeurs revient à une baisse d’environ 2% (http://www.automobile-club.org/se-deplacer-mobilite/prix-des-carburants.html) de tous les carburants.
Mais plus paradoxal encore est l’appel lancé par les ministres des finances du G7 pour « inviter » l’OPEP à augmenter sa production dans le but de faire baisser les coûts. Il y a quelque chose de surréaliste dans cette demande faite à l’initiative de NOTRE ministre des finances. De surréaliste et d’un peu « colonialiste ». C’est à se demander si ces gens ont vraiment tout compris du monde actuel !
Car enfin, les pays producteurs de pétrole n’ont pas pour vocation première de satisfaire les économies occidentales, mais bien d’assurer leur propre développement, leur propre croissance. On peut débattre à l’infini de leurs choix de développement, mais il est évident que seul un pétrole « assez cher » est à même de leur rapporter des devises. Il existe un prix de vente du baril qu’ils s’évertuent à préserver en jouant sur la production.
Par ailleurs, augmenter la production, n’est-ce pas reculer pour mieux sauter ? Les réserves ne sont pas infinies, selon les régions la production a atteint, ou va atteindre, son « Peak Oil », et il faudra bien remplacer ce pétrole par une autre énergie, ou par une … économie d’énergie. Ainsi que l’indique le lien ci-dessus, le prix des carburants en France (y compris avant l’opération douteuse de baisse des prix) était inférieur à ce qu’il est en Grande-Bretagne, en Suède, en Norvège, en Italie, aux Pays-Bas, en Suède, au Portugal, en Belgique, au Danemark et même en Grèce. Il fut un temps où les écologistes appelaient de leurs vœux un prix de carburant à 2, voire 3 € le litre. Ils y voyaient un excellent moyen pédagogique pour réduire la consommation, favoriser les transports en commun, développer le co-voiturage ou le travail à domicile. Est-ce que cette pédagogie a joué son rôle dans les pays cités plus avant ? Il serait bien de l’entendre dire. Mais, les écologistes, on ne les a pas beaucoup entendus sur ce sujet ces derniers temps !
C’est en Roumanie, à l’autre extrémité de l’Europe. L’occasion nous a été donnée d’y passer quelques jours, non pas en touriste, mais en compagnie de quelques élus et de responsables d’associations. Cela se passait dans le nord-ouest du pays, entre Oradea et Cluj, dans une zone des Carpates appelée Monts Apuseni. Hébergement chez l’habitant, rencontres de familles, bien des aspects de ce petit voyage permettaient de vrais échanges.
La Roumanie, forte de ses 19 millions d’habitants est un récent membre de l’Union Européenne (1er janvier 2007) et tout indique: discours de la population, affichage important de l’aide européenne, …, que le pays attend beaucoup de cette Union. Le fait que la Roumanie soit maintenue hors de l’Espace Shengen est perçu avec frustration.
A t-on à apprendre de ce pays ? Très certainement. Le temps de la visite ne permet pas de faire des analyses fouillées, mais deux domaines au moins sont à analyser. Le premier a trait à la prépondérance agricole de ce pays. 7 % du PIB (http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo/roumanie/presentation-de-la-roumanie/article/presentation-1120) sont issus du secteur primaire, mais ils sont assurés par 28 % de la population active. Voilà déjà une façon de souligner la dispersion de l’activité rurale et son faible rapport financier. Le village où nous étions en est l’exemple. 2500 habitants vivent dans cinq villages rattachés en une seule commune. Outre des habitations classiques, mais minoritaires en nombre, ces habitants disposent de 719 maisons-fermes, lieux où ils vivent en petites communautés de trois ou quatre générations et où ils élèvent des animaux de ferme. Oh, pas beaucoup ! Une vache et deux cochons en moyenne, puisque le recensement de 2011 permet de savoir que ces maisons-fermes abritent environ 800 bovins et 1100 cochons.
Dans la communauté, c’est la génération des grands-parents qui s’occupe des animaux. « Baba », la grand-mère se lève tôt pour traire ses deux vaches et à 6 heures, elle les conduit à la grande porte qui donne sur la rue. Les vaches iront toutes seules au pré où les garde un berger communal. A 20 h 30 (horaires du mois d’août !), les vaches reviennent toutes seules à la maison et chacune sait parfaitement retrouver son portail ouvert.
Campani-Roumanie retour des vaches à la maison
La maîtresse des lieux va traire à nouveau ses deux vaches. Le lait récolté est transformé sur place, tous les deux jours, en fromage; un fromage salé et un fromage peu salé. Le petit lait sert à nourrir les trois cochons. Lorsqu’ils sont tués, leur viande est transformée en charcuterie. Il existe également un jardin où poussent des cornichons, des courgettes, des concombres, des tomates, des pommes de terre … et c’est encore la grand-mère qui s’en occupe. Elle trouve ensuite le temps de faire la cuisine et de concocter des gâteaux pour sa fille et son gendre et leurs deux enfants.Les restes de cuisine servent à nourrir une flopée de poules et leurs poussins. Le verger comporte des noyers et des pruniers bien utiles pour faire l’eau de vie nationale. Alors, à la maison, tout ce qui se mange; légumes, fruits, viande, charcuterie, lait, fromage et œufs provient du jardin. Et comme la production est supérieure aux besoins familiaux, la grand-mère se rend deux fois par semaine, le mardi et le vendredi, au marché du chef-lieu, distant d’une quinzaine de kilomètres.
Stei-Roumanie Le marché bi-hebdomadaire
Si l’aïeule fait tout ce travail, c’est parce que ses enfants et les conjoints travaillent tous, souvent assez loin du village et ne rentrent qu’en fin de journée. Quant à leurs enfants, ils vont à l’école, primaire ou secondaire, eux aussi à plusieurs kilomètres du village. L’absence de ramassage scolaire organisé oblige à les y conduire.
Cette agriculture éclatée, au service de petites communautés, présente l’avantage d’être une agriculture de proximité. Les familles productrices, puis les citadins proches consomment des produits issus d’une zone agricole extrêmement voisine. Le souhait écologiste du « produisez et consommez local » trouve ici une réponse évidente. Au-delà des statistiques, il est difficile d’apprécier le « rendement économique » de ce travail. Cependant, il est aisé de constater que la grand-mère est liée à cette tâche du premier au dernier jour de l’année. Interrogée à ce sujet, elle a répondu: « Oui, mais j’aime ça ! ». Les choses sont-elles si belles ? Non, il ne s’agit là que d’une agriculture pauvre, une agriculture de subsistance. Et dans le même temps, des agriculteurs européens (http://www.illustre.ch/Agriculture-Roumanie-viande-bio-domaine-agricole-roumain_141473_.html) ambitieux rachètent des terres et font de l’élevage ou de la culture de façon intensive.
Un autre aspect de la société roumaine a trait à l’importance et à l’influence de la religion, orthodoxe pour 90 % de la population. Lors de la période de dictature communiste, de très nombreuses églises et autres lieux de culte ont été détruits. A l’issue de la révolution de 1989, les popes ont repris leur place et se sont un peu livrés à une surenchère en matière de construction d’églises. Surenchère par toujours exempte d’orgueil afin d’avoir le plus bel édifice. La construction de ces églises se fait par appel à la générosité des fidèles, pauvres dans une grande majorité (le revenu mensuel moyen reste inférieur à 400 €) et il arrive que de trop vastes et ambitieux monuments ne soient jamais achevés. Cette multiplication des églises fait que chaque village a son lieu de culte. Cinq églises dans les cinq villages de la commune où nous avons vécu quelques jours ! Le culte est assuré par les popes qui sont …. des fonctionnaires. L’entretien des églises est assuré par les communes. La cathédrale de Bucarest est construite avec l’aide primordiale de l’Etat. Les œuvres de l’Eglise sont financées par l’Etat, de façon plus ou moins importante, … Malgré l’inscription du terme dans la constitution roumaine, la Roumanie n’est pas un Etat laïc.
Campani-Roumanie Eglise aux champs
Ce ne sont là que deux impressions de voyage. Mais à elles deux, elles font de la Roumanie un pays fort différent de ceux de l’Europe occidentale. Et lorsque les tensions en vue de la maîtrise du pouvoir se seront un peu calmées, il sera intéressant de suivre l’évolution de la Roumanie dans ces domaines de l’agriculture et de la laïcité, ainsi que dans d’autres secteurs, comme l’environnement par exemple.
Sham el Nessim, Printemps 2002, il y a dix ans. Sham el Nessim n’est pas une fête musulmane, ni une fête chrétienne (copte). Non, il s’agit d’une très ancienne fête égyptienne, au sens de l’histoire pharaonique. Cette fête est l’un des « ancêtres » de notre Pâques. Elle est destinée à fêter le retour du printemps. A cette occasion, les égyptiens sortent en foule et se retrouvent dans les jardins publics où ils pique-niquent de façon souvent très collective. Laitue et « fessir » (poisson fermenté et séché) sont au menu.
Sham el Nessim (C)Mohamed el Shamy
Au printemps 2002, au Caire, Sham el Nessim a été marqué par des agressions sexuelles à l’égard de groupes de jeunes filles qui se promenaient. Le fait avait été suffisamment important pour faire l’objet de quelques retranscriptions dans la presse. Mais des agressions sexuelles, il y en a toujours eu en Egypte et ce n’est pas pour rien que les métros et tramways ont un wagon spécialement réservé aux femmes. Nous avons personnellement assisté, en 2001-2003, sur la Corniche d’Alexandrie, à des scènes de jeunes ados à peine pubères se précipitant en groupe sur des jeunes filles pour leur attraper les seins et s’enfuir en courant !
En mars 2009, France 24 réalisait un reportage sur un centre d’auto-défense proche du Caire où les jeunes filles et jeunes femmes de 10 à 25 ans apprenaient à se défendre d’agresseurs sexuels. Le même France 24 remet ça en mai 2012 dans une chronique (http://observers.france24.com/fr/content/20120525-pourquoi-harcelement-sexuel-est-il-devenu-fleau-transports-egyptiens) de ses « observateurs ». Non, les histoires racontées dans le film « Les femmes du Bus 678 » ne sont pas du cinéma !
La Place Tahrir, depuis plus d’un an, est le lieu où ces agressions sexuelles peuvent se réaliser avec le plus de « facilité »: la foule, l’anonymat, … Oui, il est vrai que les forces de police ou de l’armée usent et abusent de ces procédés. Mais elles ne sont pas les seules et il est probablement faux de leur attribuer la quasi totalité des évènements qui peuvent se passer sur cette place et, à plus forte raison, une démarche délibérée. Les agressions sexuelles à l’égard des femmes sont une constante des relations hommes/femmes en Egypte. Les évènements du Printemps 2011, dans leur générosité, ont pu faire croire qu’un mieux se dessinait. Il n’en est rien et les évènements du Printemps 2011 sont bien loin maintenant ! Alors, instrumentaliser une scène de violence comme celle de la « femme au soutien-gorge bleu » pour en faire le symbole de la « politique d’agression » des forces armées s’assimile à une manipulation. Regardez attentivement la totalité de la vidéo et vous y verrez trois hommes au comportement très différent. Le premier traîne cette femme sur le sol en la tirant par le bras et, ce faisant, il la dévoile en ouvrant sa tunique. Le second, un sadique, se défoule à coup de brodequins sur le ventre et la poitrine de la victime. Le troisième, honteux ou respectueux, cherche à remettre en place la tunique de la jeune femme de façon à recouvrir son corps. Trois hommes, trois comportements. Au cœur d’une scène de violence, toute la « diversité » des comportements de l’homme égyptien !
Autre lieu commun des fantasmes des commentateurs de la révolte égyptienne: le prétendu « empire économique » de l’armée qui, à lui seul, justifierait son maintien de toutes forces à la tête du pays. Même Tahar Ben Jelloun s’est récemment fendu de cette expression: « l’empire économique de l’armée » ! Qu’en est-il de cet empire ? Tout comme d’autres se sont fait un nom en devenant le blogueur ou la blogueuse qui a déclenché la révolution, il existe une chercheuse, professeur d’économie politique à l’Université Américaine du Caire, qui se fait un nom et une réputation sur le dossier de l’empire économique de l’armée. Il s’agit de Zeinab Abul-Magd. Depuis six mois, elle se répand dans une foule d’organes de presse ou de sites internet pour dire toujours la même chose: certains sites sont même payants pour ne rien obtenir de plus que les autres. Que dit-elle ?
Que les Forces Armées (SCAF) sont à la tête de nombreuses entreprises au travers de holdings et que les revenus de ces entreprises restent non contrôlables.
Que cet empire économique censé représenter de 20% à 40% du PIB de l’Egypte constitue le motif majeur pour que les Forces Armées s’incrustent dans le paysage politique et refusent toute évolution démocratique. (Le chiffre de 40% est tellement ahurissant que c’en est à se demander ce que font les autres (http://www.theofficialboard.fr/company/search?country=Egypte&alphaSort=&q=&o=0): Orascom, Arab Contractors, Mansour, Mobinil, …) Pour servir cette démonstration, les affirmations les plus diverses et les plus péremptoires sont assénées pêle-mêle.
L’aide américaine à l’armée est intégrée à son prétendu chiffre d’affaires.
Les participations de généraux ou officiers égyptiens aux structures de commandement de nombreuses sociétés privées sont assimilées à des prises de pouvoir des Forces Armées.
Le rôle fondamental que doit jouer l’armée dans la production de farine et de pain, « populaires » et subventionnés, est assimilé à une « juteuse affaire ».
L’importance des emplois civils est passée sous silence, alors qu’elle représente quelques 10% à 20% de la population égyptienne.
Pourtant Zeinab Abul-Magd ne soulève aucun lièvre et ce ne sont pas ses craintes d’être un jour arrêtée ou inquiétée par les tribunaux militaires qui doivent faire illusion: d’autres avant elle ont abordé le sujet. C’est notamment le cas du site « Les clés du Moyen-Orient » (http://www.lesclesdumoyenorient.com/L-armee-et-le-pouvoir-en-Egypte.html), avec un post très complet de Sophie Anmuth.
On y découvre les structures précises au travers desquelles l’Armée exerce son action économique: l’Organisation Arabe pour le Développement Industriel, l’Organisation du Service National ou NSPO (http://www.globalsecurity.org/military/world/egypt/nspo.htm) et le Ministère de la Production Militaire. On peut y lire que « Officiellement, si l’armée a autant d’importance dans l’activité économique, c’est pour être autonome financièrement et éviter de peser sur le budget de l’État. Mais en réalité, l’Etat en subventionne une grande partie. » »L’activité économique de l’armée sert donc, d’une part à justifier sa taille et la part du budget qu’elle reçoit, d’autre part à s’assurer la loyauté des officiers. » »Cette influence économique traduit toutefois le désir de la Présidence de « s’acheter » les faveurs de l’armée, bien plus qu’une réelle emprise économique de l’armée sur la politique. Sur un plan purement économique, le jeu des commissions enrichit l’establishment militaire et assure l’élite économique de continuer à recevoir des contrats de la part de l’armée. »
Bien davantage que la seule défense d’un supposé « empire économique », les Forces Armées égyptiennes jouent un rôle politique beaucoup plus décisif, qui est celui du pouvoir à la tête de l’Etat, des Gouvernorats, des Administrations … Depuis Arafat, l’Egypte vit sous un régime militaire: ce n’est pas le renversement de Moubarak qui y a changé quelque chose. Et les Forces Armées ne sont pas prêtes, empire économique ou non, à céder leur place politique. Les résultats des récentes élections présidentielles en sont la preuve et nous saurons bien un jour quel marché a été conclu entre les Frères Musulmans et les Forces Armées.
Il y a quelques jours, nous nous demandions si l’Egypte avait un avenir démocratique proche (L-Egypte-a-t-elle-un-avenir-démocratique-proche). Dans un tout récent billet du « Monde » (24 juin), Caroline Fourest se pose un peu la même question. Et elle pense pouvoir y répondre positivement et avec optimisme en disant que « le feu n’est pas éteint. Il couve sous les cendres et peut repartir à tout instant ». « Une autre voie se dessine enfin, portée par une jeunesse connectée à Internet, dévoreuse de débats contradictoires, et bien décidée à transformer ces révolutions en chemin vers la démocratie réelle, c’est-à-dire l’alternance ».
Nous également, nous voulons croire à cette « autre voie ». Encore ne faut-il pas oublier ce que Caroline Fourest elle-même dit dans son billet: l’Egypte est un pays de 80 millions d’habitants, dont 30% (et non 70% !!) sont analphabètes et 42% (un chiffre en constante croissance) vivent en-dessous du seuil de deux dollars quotidiens. Et deux dollars, c’est déjà beaucoup quand on sait que le salaire moyen égyptien est actuellement d’environ 100 € par mois. Très honnêtement, est-ce que ce sont ces égyptiens-là qui vont ranimer la flamme ?
La Place Tahrir n’est pas, ni dans l’espace, ni dans le temps, l’épicentre de ce qui se passe profondément en Egypte. Ce n’en est que la surface, voire même les éruptions de surface. Il se passe, aussi, des évènements importants ailleurs que sur la Place Tahrir. Il faut quitter Le Caire et abandonner les idées toutes faites: l’Egypte de demain se prépare à Alexandrie, à Port-Saïd, à Suez, à Mansourah, à Tanta, dans la vallée du Nil, partout où le peuple a et aura envie que la vie évolue vers plus de justice.
Ce blog a déjà eu l’occasion de citer Slate Afrique à propos de ce qui se passe au Mali, au Niger, … Parce que les analyses de cette agence sont souvent riches d’enseignement et surtout réticentes à tous les dogmatismes ou les langues de bois, et Dieu sait, et Allah sait, s’il en existe dans cette partie du monde !!
Slate Afrique vient de publier, sous forme de trois articles distincts, une longue et passionnante interview d’Aminata Traoré. Certaines prises de position, ou l’absence troublante de prise de position, pourront lui être reprochées. Notamment, cette sorte de mansuétude à l’égard du coup d’Etat au Mali, comme si un coup d’Etat militaire pouvait avoir quelque chose de démocratique et pouvait nettoyer des compromissions, des clientélismes. Non, un coup d’Etat cinq semaines avant la tenue d’élections présidentielles est une action totalement anti-démocratique, laquelle a eu pour effet immédiat d’éteindre tout début de débat. A tel point que ce n’est qu’aujourd’hui que les intellectuels, qu’Aminata Traoré, retrouvent la force et le courage de parler.
Aminata Traoré (C)SlateAfrique
Que de temps perdu ! Aminata Traoré prend fermement position contre toute forme d’intervention militaire dans le nord du Mali. A plus forte raison contre une participation de forces armées européennes ou occidentales. Elle affirme que les solutions doivent d’abord et avant tout être recherchées dans un dialogue, un débat démocratique, qui doit progressivement s’instaurer sur l’ensemble du pays.
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