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Ecriture

Atelier d’écriture II

9 décembre 2013
La petite fille de Noël

24 Décembre 2013.
Dans le village enguirlandé, la trêve de Noël bat son plein. L’auberge est emplie de gourmands et de gourmets qui festoient, et chantent, et boivent. Le piétinement fougueux des chevaux ne cesse d’apporter de nouveaux convives. A chaque ouverture de la large porte du « Hibou argenté » (tel est le nom de l’auberge), nous parviennent les échos d’une tradition festive et culturelle. Sur chacune des tables que parcourt l’aubergiste, un bougeoir ou un chandelier est posé.
Sur la place, les guirlandes d’ampoules balancent au vent froid. La neige s’est remise à tomber. Elle couvre petit à petit les flaques d’eau gelée, par un froid duvet de flocons flottant dans l’air vif. La nuit bleue se pare de pâquerettes blanches. Les derniers enfants attardés patinent joyeusement sur la piste décorée de sapins enluminés.
La messe de minuit (avancée à 21 heures, comme il se doit) se termine. Accompagnant ses fidèles sous le porche de son église, le vieux curé leur souhaite une belle nuit de Nativité et s’en retourne seul, par le chemin, par la lande, vers son logement. Le portail marquant l’entrée de son jardin est décoré comme une Arche de Noël. C’est alors qu’il croit voir comme une sorte de lutin accroupi devant l’un des montants de l’arche. Se baissant, il découvre qu’il s’agit d’une petite fille, gelée, transie, les pieds nus, l’implorant du regard. C’est une petite africaine.
Sans un mot, il la prend par la main pour qu’elle se redresse, puis il la saisit à pleins bras et l’emporte chez lui, où l’attend sa vieille gouvernante.
Une fricassée odorante clapote doucement sur la cuisinière. Une douce odeur de feu de bois emplit l’air. Rapidement, une petite table se prépare dans le silence. Il faut qu’elle mange ! Il faut qu’elle se réchauffe ! Après, on parlera !
Minuit est passé depuis bien longtemps. Là-bas, sur la place du village, les chants et les rires commencent à s’éteindre, tout comme les lumignons. Restent les guirlandes qui se balancent toujours du même mouvement.
Ici, le vieux curé, sa gouvernante Alphonsine et Kadiatou (puisque c’est son nom) parlent, parlent, parlent … Elle raconte qu’elle s’est perdue, qu’elle a été « perdue », que cela fait deux mois qu’elle mendie en se cachant et en ayant froid. Le vieux curé traduit en lui-même que si tel était Toussaint, tel est Noël et tel sera Pâques : toutes des fêtes froides reliées par de longues semaines de douleur et de chagrin. Et que si l’hiver est là, avant Noël, alors l’hiver sera double.
Mais ce soir, cette nuit, c’est Noël. Demain encore, demain aussi. Il sera bien temps, après, de rechercher et de trouver un gîte et un couvert pour Kadiatou.

13 janvier 2014
Résonances

Je ne sais pas trop par où commencer … aïe, aïe, aïe …
Sophie nous demande de résonner, non pas en esprit, mais en vibrations, un peu comme des cloches ! Ça ne veut dire qu’il faille le faire avec ennui, ou en rasant le lecteur ! Non, il y faut de la création, de l’imagination, de l’improvisation …, alors allons-y !
Pendant que, sur le balcon, la sentinelle criarde s’irrite du mauvais temps, froid et humide, tout là-haut, une voix galante cueille, sur l’édredon décousu, une promesse.
Je ne sais pas trop comment continuer … aïe, aïe, aïe …
Quel est celui des deux qui veut s’offrir une fête blanche sous les cieux les plus beaux ? Est-ce le gardien, veilleur de nuit, qui tremble de froid et rêve que va cesser la pluie, ou bien l’amoureux dévoué qui presse sa jeune mariée et espère ses engagements ?
Je ne sais pas trop comment continuer … aïe, aïe, aïe …
Et c’est à vous d’imaginer leurs nuits, car les voici maintenant tous deux au pied du château. Il est quatre heures du matin et les fumées de leurs cigarettes s’enroulent conjointement, avec paresse, et leur tracé s’élève de l’abîme au sommet.
Je ne sais pas trop comment conclure … aïe, aïe, aïe …
Si ce n’est que les vœux ne s’accomplissent pas toujours.
Ces choses-là vous paraissent être des bouffonneries ?
A vrai dire, il n’est pas si facile que ça d’écrire un texte sans queue ni tête, presque sans prétexte, sans squelette et privé du peu qu’il lui reste.
Le projet en lui-même était jouissance, j’ai réussi à le faire entrer en résonance. Ding ! Dong !

Chateau de Neuschwanstein (DR)

10 février 2014
Cabinet de curiosités

Cela faisait moins d’une heure que j’étais chez elle et, déjà, elle m’entrainait à sa suite pour visiter ce qu’elle appelait son cabinet des miracles.
Nous montions un escalier étroit qui nous conduisait au grenier de sa vieille demeure, Afin de ne pas chuter en marchant dans les plis de sa longue robe, elle avait relevé celle-ci au niveau des mollets.
Parvenus au sommet, nous entrâmes dans une petite pièce, basse de plafond, toute de boiseries faite et tapissée de vitrines. Un astucieux système d’éclairage mettait en valeur le contenu de ces vitrines, tandis que le reste de la pièce demeurait dans l’obscurité.
Il y avait, rassemblés ici, toutes les inventions et les curiosités que l’esprit pouvait imaginer.
Une fleur de corail nichée au fond d’une coquille, un dauphin faisant tourner un moulin à prières à l’aide de sa nageoire caudale, une babouche décorée d’une lune vague, un défilé d’animaux fantastiques ; licorne rouge et espadon à trois épées, des autels emplis de divinités protectrices, des ombres mouvantes sur des jardins de porcelaine, un écorché couché au fond d’un sarcophage, le moulage d’une momie placé sur une machine à couper le jambon, un couteau à deux lames dépourvu de manche, un train rouge en travers de ses rails, un petit roi au garde-à-vous à la porte de son château, un totem camouflé sous un lit de plumes …
De surprise en surprise, de découverte en découverte, je la suivais dans ce grenier des miracles. L’insolite ne résidait pas uniquement dans les objets ainsi proposés. S’y ajoutaient des parfums capiteux, des odeurs de grottes ou de sapin, ainsi que des sons plus étranges les uns que les autres, des criailleries, des voix éraillées, des cornes de brume …
Parvenus à l’extrémité de son grenier, un étrange soleil noir donnait l’illusion de transpercer le toit et nous figeait sur place.
Mon guide ouvrit alors une porte totalement invisible et m’invita à courber la tête pour pénétrer dans une petite pièce en forme d’œuf, dans laquelle nous tenions à peine côte à côte.
La lumière montait du plancher et éclairait une unique vitrine qui couvrait les murs et se nouait au plafond, à la pointe de l’œuf. Une croix de vie égyptienne, encore appelée ankh, y pendait. Dans la vitrine, de vieux grimoires, au cuir mordoré comme des élytres de cétoine, voisinaient avec des coussins de dentelle, des masques africains, des photos de gauchos en poncho et la statuette d’un penseur taillée dans la pierre-ponce.
Subitement, toute lumière disparut.

Après quelques secondes, je me retrouvais seul, sous la pluie, sur le pas de ma porte.


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Afrique

Enjeu mondial en Afrique

Dans son édition du 4 janvier, « le Monde » publie un éditorial (http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2014/01/04/l-action-de-la-france-en-afrique-est-un-enjeu-mondial_4343061_3208.html?xtmc=afrique_mondiale&xtcr=3) qui revient sur la position de la France en Afrique.
Cet éditorial prétend illustrer une nouvelle attitude de la France sur ce continent et, par voie de conséquence, revendique une meilleure compréhension de cette attitude de la part de l’Europe, des Etats-Unis et de l’ONU: « l’action de la France en Afrique devient un enjeu mondial » est-il affirmé sans hésitation.

Effectivement, François Hollande a, avant même son accession au pouvoir et depuis celle-ci, tenu un discours d’une tonalité différente que celle que tous ses prédécesseurs, de droite comme de gauche, François Mitterrand inclus, ont tenu. « La Françafrique, c’est à dire le contrôle post-colonial des intérêts français sur ce continent, c’est fini ». Mais au-delà des mots, qu’en est-il exactement ?
Rappelons tout de même que l’intervention au Mali, longuement préparée à l’avance, s’est déroulée dans l’irrespect des résolutions de l’ONU, sur appel d’un gouvernement provisoire issu d’un coup d’Etat. Les choses ont certes changé d’aspect depuis, mais seulement d’aspect. Il n’est guère possible de parler de victoire: la preuve en est que tout retrait des forces françaises se traduira immédiatement par une résurgence des activistes djihadistes, lesquels sont cachés à peu de distance et susceptibles de déséquilibrer d’autres pays (Niger, Burkina, ..).
Par ailleurs, la situation géo-politique n’est pas réglée, loin s’en faut. Kidal reste une épine dans le pied et de la France et du pouvoir malien d’IBK. Les Touaregs n’ont pas renoncé à leurs revendications d’une certaine autonomie.
En République Centrafricaine, il est certainement trop tôt pour prédire ce que peut être l’évolution de la situation. Tout au plus peut-on constater que la France est intervenue toute seule et qu’aujourd’hui elle est mise en cause, que son impartialité est contestée et que les forces locales qui s’opposent (et se déguisent derrière des considérations religieuses) ne sont pas enclines à laisser agir un quelconque intermédiaire.

Centrafrique (DR)

François Hollande, Laurent Fabius, Jean-Yves Le Drian (Jean-Yves Le Drian surtout !) répètent à l’envie que la France joue son rôle en étant présente en Afrique, que sa place y est légitime en raison de son histoire et des liens étroits qui ont été tissés entre le continent noir et la France.
La gauche ne peut-elle pas se poser la question de savoir en quoi l’histoire passée et coloniale de la France en Afrique pourrait apporter une forme de légitimité à ses interventions actuelles ?
Jean-Yves Le Drian ne cesse d’aller en répétant que l’action de la France en Afrique est justifiée par la défense de sa sécurité mise en cause par le terrorisme international issu du djihadisme. Combattre le terrorisme en Afrique serait combattre le terrorisme en France et assurer la protection du pays, telle est la rhétorique habituelle.
La gauche ne peut-elle pas comprendre que ce n’est pas la France que semble viser l’islamisme radical, mais bien l’occident, les « blancs » ? Le dernier otage libéré, le père Georges Vandenbeusch , de façon très naïve, a exprimé ceci en disant « ce n’est pas un prêtre qu’ils voulaient enlever, ils ne savaient même pas ce que c’est, mais ils voulaient enlever un blanc, un occidental ». Alors, si l’islamisme vise l’Occident et non la France, en quoi la position interventionniste de la France est-elle justifiée ?

La réponse à ces deux questions fondamentales que ne se pose pas la gauche française, (que ne se pose pas, non plus, « Le Monde » !) est tellement négative que toutes les interventions françaises débouchent sur un incompris, un inachevé, quand ce n’est pas un gâchis.
L’ONU est plus que réticente à intervenir dans des pays que la France considère comme son territoire préservé, son glacis. Alors, dans le meilleur des cas, elle vote une résolution à peu près favorable, comme en République Centrafricaine, satisfaisant en cela l’esprit de la demande française d’intervention et elle laisse faire.
Quand à l’Europe, comme nous l’avions déjà constaté lors de l’intervention malienne, il lui est insupportable de se voir demander de l’aide, des armes, des soldats, des fonds (une «caisse de guerre»), alors même que la France ne l’a jamais associée à la préparation de ses interventions, voire même qu’elle lui a menti, dans le cas du Mali, en soutenant que « jamais la France n’interviendrait seule ».

Contrairement à ce qu’affirme l’éditorial du « Monde », la France n’était pas la mieux placée pour intervenir en Centrafrique (où est la légitimité de cette intervention?) et elle pouvait ne pas le faire. Elle pouvait, par une intense action diplomatique, au sujet du Mali comme pour le Centrafrique, mobiliser l’Europe, mobiliser les Nations Unies et mettre sur pied une véritable force d’intervention à la fois européenne, internationale et africaine. Elle pouvait tenter de le faire, elle ne l’a pas fait, elle s’est refusée à le faire.
Non seulement, la France ne peut pas rester seule, mais elle ne devait pas partir seule !
Et si elle est partie seule, sachons le bien, ce n’est pas en raison d’histoire à la « Bisounours » selon lesquelles la situation était urgente et qu’il fallait agir vite (« Je n’ai pas eu le temps de vous en parler » a, en substance, dit François Hollande à Angela Merkel qui lui reprochait d’être intervenu seul en Centrafrique !!). Non, l’explication est à rechercher dans cette volonté française de ne pas renoncer aux liens particuliers noués entre la France et l’Afrique, de ne pas renoncer à son potentiel économique qui est si important (dixit « Le Monde »). Ce n’est plus la Françafrique, mais Dieu que ça lui ressemble !

Alors allons encore plus loin dans notre choix d’une force internationale, européenne et africaine pour ramener l’ordre en Afrique. Après l’ordre ; le développement ! Et pas le développement dont rêvent nos stratèges français, celui qui consiste pour nos entreprises à rapatrier largement leurs bénéfices. Les entreprise françaises qui œuvrent réellement pour le développement du continent, qui embauchent du personnel africain, qui réinvestissent leurs profits sur place, se comptent à peine sur les doigts des deux mains.
Le cas du Niger et d’AREVA est exemplaire de cette situation. La lutte de « bras de force » qui est engagée et dont l’issue reste incertaine est une illustration de ce que devrait pouvoir défendre un pouvoir de gauche: une meilleure répartition des ressources nées de l’exploitation du sous-sol ou du sol d’un pays, et, dans tous les cas, une répartition qui favorise le pays « producteur ». cf Libé (http://www.liberation.fr/monde/2014/01/06/les-mines-d-areva-au-niger-provisoirement-fermees_970942).

Alors oui, une force d’intervention, mais selon un tout nouveau schéma et pour un tout nouvel objectif, tant il est certain que les interventions militaires occidentales en Afrique, comme au Proche-Orient, comme en Afghanistan, n’ont jamais rien produit de positif. Mais pour cela, encore faut-il changer de discours et ne pas se contenter de rhabiller l’ancien discours avec des habits neufs, n’est-ce pas « Le Monde » !



Comment faut-il interpréter ces infos ?
L’Aide Française au Développement est recentrée (http://www.slateafrique.com/335018/cooperation-france-afrique-renctrage-aide-au-developpement) afin que 85% de celle-ci soient orientés vers les pays africains que sont le Bénin, le Burkina Faso, le Burundi, Djibouti, les Comores, le Ghana, la Guinée, Madagascar, le Mali, la Mauritanie, le Niger, la République Centrafricaine, la République Démocratique du Congo, le Tchad, le Togo et le Sénégal.

La France redéploie son dispositif militaire (http://www.lemonde.fr/afrique/article/2014/01/04/la-france-redeploie-son-dispositif-securitaire-au-sahel_4343008_3212.html?xtmc=implantations_armee_france_afrique&xtcr=1#) au Sahel et fait de Faya-Largeau, au Tchad, le centre de ce dispositif.

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Afrique

Après le Mali, la République Centrafricaine

Inutile de faire un long discours.
Deux hommes de foi viennent de s’en charger (« Le Monde » du 28/12/2013).
Il s’agit de Monseigneur Dieudonné Nzapalainga, l’archevêque de Bangui, et de l’imam Omar Kobine Layama, président de la communauté islamique de la République Centrafricaine.

Centrafrique-L'imam et l'archevêque (DR)

« Alors que nous sommes en pleines fêtes de fin d’année, notre pays, la République centrafricaine (RCA) reste au bord d’une guerre aux aspects religieux. Plus de deux millions de personnes, soit près de la moitié de la population du pays, ont désespérément besoin d’aide. A l’heure où nous écrivons, près de 40 000 personnes sont entassées dans l’enceinte de l’aéroport de Bangui, la capitale, sans abri ni toilettes. Des centaines de personnes ont été tuées, certains d’entre elles sont des patients qu’on a fait sortir de force des hôpitaux pour les exécuter. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s’est dit « gravement préoccupé par le danger imminent d’atrocités de masse« . Nous craignons que faute d’une réponse internationale plus importante, notre pays ne soit condamné aux ténèbres.
En tant que principaux dirigeants religieux des communautés chrétienne et musulmane de notre pays, nous avons conscience qu’il nous incombe de montrer un chemin loin des violences communautaires. Certains de nos confrères, qu’ils soient prêtres ou imams, ont payé le prix ultime pour assumer cette responsabilité, et nous craignons que le pire ne reste encore à venir.
C’est en mars 2013 que les violences ont éclaté, lorsque la Séléka, une coalition de groupes armés peu structurée et composée majoritairement de musulmans, s’est emparée du pouvoir après un coup d’Etat. La Séléka a pillé et tué, déclenchant des attaques de représailles par des groupes d’autodéfense civile, chrétiens pour la plupart. Lorsque les troupes françaises sont arrivées pour tenter de rétablir la sécurité et désarmer tous les groupes armés, l’ancienne milice Séléka s’est mise à fuir vers le Nord, ses membres se déguisant en civils. Il existe aujourd’hui un danger d’effroyables représailles contre des musulmans qui se retrouvent dans une situation précaire et sont susceptibles d’être visés par des actes de vengeance.
En réponse à cette crise, nous avons créé une plate-forme interconfessionnelle dont l’objectif est d’apaiser les tensions et empêcher l’aggravation des divisions et du chaos. Ce conflit n’est pas en soi un conflit entre musulmans et chrétiens, c’est une crise humanitaire grave provoquée par une instabilité politique et militaire chronique. Mais, si rien n’est fait, la crise pourrait enclencher sa propre dynamique irrépressible et dangereuse.
Nous nous sommes rendus aux quatre coins du pays pour transmettre aux Centrafricains un message de paix et de réconciliation qui leur offre une vision alternative au carnage. Lors de nos déplacements, qui n’ont été possibles que grâce à la protection de soldats africains, nous avons été témoins de la peur omniprésente que ressent tout un chacun. On retrouve chaque jour des corps sans vie le long des routes. Nous avons rencontré des personnes si pressées de fuir qu’elles ne pouvaient même pas enterrer leurs enfants.
L’ONU DOIT ENVOYER DES FORCES
Si les forces françaises et africaines ont donné à notre pays la possibilité d’amorcer un nouveau départ, les progrès réalisés sont fragiles, et les troupes ne sauraient porter ce fardeau à elles seules. En autorisant le déploiement de troupes supplémentaires en RCA, la résolution du Conseil de sécurité a redonné espoir. Cependant, seule une force onusienne de maintien de la paix disposera des ressources nécessaires pour protéger nos civils de manière satisfaisante. L’ONU devrait de toute urgence convenir d’envoyer sur place une telle force.
Lors de nos rencontres avec le président François Hollande, son ministre des affaires étrangères Laurent Fabius et l’ambassadrice américaine à l’ONU, Samantha Power, nous avons expliqué que la sécurité que conférerait une force de maintien de la paix onusienne permettrait de sauvegarder l’avenir du pays. Grâce à l’aide des casques bleus de l’ONU pour sécuriser nos routes et nos habitations, l’acheminement d’une aide et de vaccins éliminerait le sentiment de peur en le remplaçant par un espoir, et s’avérerait un véritable dividende de la paix propre à unir notre peuple. Un engagement de l’ONU à l’égard de notre pays permettra de nous concentrer sur le rétablissement d’une coexistence entre nos communautés. La réconciliation et la paix sont possibles.
Nous sommes tous les deux nés dans un climat de tolérance. Nous avons toujours eu pour habitude de célébrer et de respecter les différentes religions. Noël et le Ramadan sont des jours fériés. Il nous faut reconstruire aussi bien notre pays que notre tissu social, et nous comptons sur l’ONU pour nous en donner la possibilité. La paix n’a pas de prix. Nous espérons que la communauté internationale nous aidera à l’obtenir.



C’est nous qui avons souligné en caractères gras les nombreux appels de ces deux personnalités à une intervention internationale, sous l’égide de l’ONU. Car, là encore, et comme pour le Mali, nous disons que la France seule n’a « rien à foutre militairement en République Centrafricaine« .

Et, comme pour le Mali, François Hollande court désespérément après un soutien européen qu’il n’aura pas, qu’il ne peut pas avoir, pour l’unique et simple raison qu’il a décidé seul d’intervenir, sans consultation aucune de ses voisins européens. Il n’est absolument pas en position de réclamer un financement européen, ce que les allemands appellent une « kriegkasse » et Angela Merkel lui en a fait vertement le reproche: « Nous ne pouvons pas cofinancer une mission que nous n’avons pas co-décidée !« 

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Ecologie

Palmier à huile: le retour

L’huile de palme a été le sujet de l’un des posts de ce blog, voici près d’un an (Sacs-poubelle,-centres-d-appel-et-huile-de-palme). A contre-courant d’une campagne visant à boycotter ce produit, campagne largement orchestrée par des seniors de la grande distribution à la recherche d’un nouveau thème de  »greenwashing », nous avions défendu l’huile de palme en mettant en avant deux notions importantes.
La première consiste à affirmer que l’huile de palme ne peut pas être accusée d’être néfaste en termes alimentaires: elle contient moins d’acides gras saturés que le beurre ou d’autres graisses animales. Condamner l’huile de palme pour des motifs alimentaires devrait être précédé d’une condamnation de ces produits animaux largement consommés dans notre pays.
Quant à la second, elle vise à assimiler la dénonciation de la culture du palmier à huile à une action notoirement contre-productive en ce qui concerne le développement des pays producteurs. Le palmier à huile et, en effet, une vieille culture de vieille tradition dans les pays asiatiques et africains. Il est cependant indéniable que son développement parfois anarchique et au détriment de la forêt ou de cultures vivrières reste à maîtriser.

Un livre a été récemment édité, qui reprend un peu ces arguments, avec bien d’autres.

(DR)

Les auteurs en sont Alain RIVAL et Patrice LEVANG et leur ouvrage s’intitule « La palme des controverses », aux Editions Quae.
Alain RIVAL n’est pas un nouveau dans ce débat relatif à l’huile de palme. Agronome, chercheur spécialisé dans la culture de cette plante, il défend depuis des années (et bien avant la campagne de boycottage dite « Nutella ») l’huile de palme comme étant un produit dont le « développement durable » peut et doit être favorisé. Depuis 2010 des tentatives ont été mises en œuvre: elles doivent être repensées, restructurées, mais nullement abandonnées.
Patrice LEVANG, agronome et économiste (agroéconomiste) tient le même langage et assure qu’un développement maîtrisé de cette culture, dans des conditions sociales et environnementales précises et respectées, accompagné de transformation sur place, doit permettre l’éradication, au moins en partie, de la pauvreté en Afrique.

Nous ajouterons, comme nous l’avions fait voici près d’un an, que le type de critiques énoncées à l’égard de la culture du palmier à huile est non seulement erronée, mais aussi inefficace ! Songeons que la consommation d’huile de palme dans notre alimentation représente 130000 tonnes sur les … 50 millions de tonnes produites annuellement: 0,3 % ! Malheureusement, si toutes ces critiques restent improductives, elles ont le désavantage de donner de notre pays une image de donneur de leçons, une image « impérialiste », « néocolonialiste » dont nous pourrions bien nous passer.
Pour connaître le point de vue de Alain Rival: cet entretien (http://www.agrobiosciences.org/IMG/pdf/Entretien_Alain_Rival_Huile_de_palme.pdf) publié en novembre 2012.

Afrique – Huile de palme (DR)