Catégories
Droits de l'homme

On a souvent besoin d’un fasciste sous la main

C’est un vocabulaire que l’on entend souvent ces derniers temps, à Sivens, à ND des Landes ou a Roybon. Les zadistes, occupants des lieux, attendent de pied ferme les « milices fascistes qui veulent les déloger ! »
Pour exemple, voici le discours tenu par une militante anti-Center Parcs. « Les opposants les plus déterminés au Center Parcs, opposants d’ici ou d’ailleurs, n’accepteront pas éternellement ce djihadisme brun. Ils peuvent eux aussi s’organiser. Est-ce ce que veulent les apprentis sorciers qui ont dressé les habitants les uns contre les autres ? Des batailles rangées ? »
 »Dans un petit livre « Matin Brun » – tiré à deux millions d’exemplaires ! – Frank Pavloff, qui vit actuellement en Isère, montre dans une fable, la montée du nazisme en Allemagne. Deux amis, nullement politisés, occupés de leur travail, de leur famille, heureux de se retrouver le soir autour d’une bière, discutent tranquillement. Ils ont accepté sans problèmes de se séparer de leur chien, puis de leur chat- à éliminer parce qu’ils ne sont pas bruns ! – D’acceptations en compromissions, ils se retrouvent dans un régime fasciste. Nous n’en sommes pas là. Mais quand une commune, et certains de ses habitants, s’autorisent à bloquer la circulation sans raison impérieuse et sans aucun contrôle, on a toutes les raisons de s’inquiéter. »

Ce n’est pas là discours isolé, c’est même le discours officiel des écologistes et des zadistes (ces derniers étant des écologistes). Hervé Kempf, animateur du quotidien web « Reporterre », l’exprime très clairement dans un de ses derniers éditoriaux, celui du 7 mars (http://www.reporterre.net/EDITO-MM-Hollande-et-Valls-ouvrent), lendemain de l’expulsion des occupants de Sivens.
Sous un dessin de Red « On était Charlie », illustrant un « milicien » de la FDSEA, il est écrit que « le Gouvernement a déployé une tactique de répression propre aux régimes fascistes ».
« La tactique de MM. Valls et Hollande est délibérée. Elle ouvre la porte à la répétition de ce type d’actes: des groupes sociaux savent maintenant que, pourvu qu’ils ciblent l’écologie et les jeunes alternatifs tout en glorifiant la police, ils ont le champ libre. Elle s’appuie sur les sentiments d’extrême-droite qui montent dans ce pays. Et suscitera en retour des réactions de même nature, impliquant une répression encore plus stricte. »
« Je ne sais la qualifier autrement que de pré-fasciste : utilisant les méthodes mêmes du fascisme (des milices supplétives d’un Etat autoritaire) et stimulant la xénophobie et la haine des alternatives. »
« Les choses sont claires : un projet coûteux, pourri de conflits d’intérêt, financé par le public pour des intérêts privés, détruisant l’environnement, c’est « le changement ». D’aucuns persistent encore à croire que le gouvernement de MM. Hollande et Valls est « de gauche ». Il ne l’est pas. C’est pire : il ouvre, à peine dissimulé, la voie au fascisme. »

Ce qui est intéressant dans la diatribe d’Hervé Kempf, c’est qu’elle est illustrée par une référence au mouvement « Je suis Charlie », sous la forme d’une inversion de cette déclaration de solidarité, laquelle se transforme en « On était Charlie ». Cela démontre, s’il en était besoin, que le slogan de janvier 2015 n’a pas beaucoup de contenu et que chacun peut le tirer à soi et l’adapter à sa cause. En effet, il n’est pas évident que ce slogan ait été porteur, à un moment ou à un autre, d’un contenu soit écologique, soit en faveur d’une société gratuite et solidaire comme la revendiquent les zadistes.

Ce rapprochement a cependant un sens, que vient brillamment d’illustrer Patrick Pelloux, chroniqueur et administrateur de Charlie Hebdo.
Abd Al Malik, artiste, musicien, écrivain, cinéaste, a récemment distribué son premier film « Qu’Allah bénisse la France » (décembre 2014) et surtout un petit livre intitulé « Place de la République, pour une spiritualité laïque ». Dans ce livre et dans les propos (http://www.telerama.fr/livre/abd-al-malik-l-islam-est-meconnu-par-les-musulmans-eux-memes-et-par-les-autres,123130.php) qu’il tient pour le présenter, Abd Al Malik aborde la question de « Charlie Hebdo ». Tout en affirmant fortement le droit à la caricature qui est « un acte démocratique par excellence », un « éclatant symbole de la liberté d’expression », il reproche à l’hebdomadaire « d’avoir contribué à la progression de l’islamophobie, du racisme et de la défiance envers tous les musulmans ». Il poursuit: « Pour moi, dans le contexte actuel de pression extrême sur les musulmans, dans ce climat de surenchère médiatique autour de l’islam, Charlie Hebdo a fait preuve d’irresponsabilité en multipliant ces caricatures. Même si le but était de montrer du doigt les intégristes, et même s’ils en avaient le droit au sens légal. »

Abd al Malik (DR)

Cela, Patrick Pelloux, non seulement ne l’accepte pas, déclare qu’il est « meurtri » par les propos de l’artiste qui sont qualifiés d' »odieux » , mais fait un rapprochement avec les terroristes qui « sont le nouveau nazisme et le nouveau fascisme ». Toute critique de « Charlie Hebdo » serait-elle assimilée à une complaisance à l’égard de ce « nouveau fascisme » ?

La simplification sémantique de ces propos devient inquiétante. L’ultra-gauche perdrait-elle la raison ?

Catégories
Ecologie

Plus on est riche, plus on est heureux

Tel est, du moins pour deux chercheurs de l’Université de Rotterdam, la conclusion d’une vaste enquête internationale (67 pays) conduite à partir des données d’une « banque du bonheur ».
L’Institut IZA (Allemagne) parvient à la même conclusion à l’issue des travaux de chercheurs américains. Plus le revenu par tête est élevé, plus le niveau de satisfaction individuelle est élevé. Il augment proportionnellement à l’élévation du PIB.
Ces informations exceptionnelles ne datent pas d’aujourd’hui, mais du 26 février 2013 (c’est loin tout ça !) et elles ont été recueillies dans un billet de Marie de Vergès, dans Le Monde. Celle-ci conclut son article en affirmant qu’avant de parler bonheur, le devoir des gouvernements est donc de parler de croissance. Et, mieux encore, de la favoriser …, la croissance !
Faire un si long détour par des enquêtes sans grand intérêt, pour se contenter d’affirmer que la croissance est indispensable au bonheur des humains, est un bien curieux raisonnement, c’est un peu enfoncer des portes ouvertes.
En effet, les tenants de la croissance à tout prix le savent parfaitement; toute notre société est basée sur ce réflexe d’insatisfaction générale qui n’est comblé que par l’acquisition de nouveaux biens, donc l’augmentation des revenus. Et les partisans de la décroissance le savent tout aussi bien puisque c’est la société qu’il dénoncent afin de la remplacer par une société plus frugale et plus partageuse.

Les premiers ne changent rien, ou pas grand-chose, au système de croissance-consommation qui prévaut actuellement. Ils ferment les yeux sur la diminution des ressources naturelles, sur les difficultés écologiques de notre planète, sur le réchauffement de celle-ci … Il faut croître ? Eh bien, croissons !
Les seconds prônent un ralentissement de l’activité économique, une relocalisation des productions de tous ordres, une éco-conception des produits, mais sont bien incapables d’expliquer comment appliquer ces belles résolutions dans des pays ou continents qui n’ont pas encore (et de loin …) adopté le style de vie occidental et qui en ont faim.

Un homme a réalisé une vaste synthèse de cette question « croissance-décroissance » en 2011 (2012 pour la traduction française). Il s’agit de Jeremy Rifkin et de « La troisième révolution industrielle« . L’homme n’est pas un inconnu et il parcourt la planète pour propager ses idées, avec, parfois, il est vrai, un certain succès.

(C)


Rappelons tout d’abord ce que sont les trois révolutions industrielles.
La première révolution industrielle est celle de la vapeur, du charbon, du chemin de fer, de l’imprimerie, plus exactement de l’information imprimée sur les journaux et gazettes. En effet, Jeremy Rifkin, et c’est nouveau, s’attache à définir un lien organique entre une technologie de communication et une source d’énergie. Cette première révolution industrielle a pris naissance au Royaume-Uni et s’est développée entre 1750 et 1850.
La seconde révolution industrielle est, pour Jeremy Rifkin, celle du pétrole et du téléphone. C’est également celle du tout-à-l’égout, de l’eau potable et de l’électricité à domicile, du moteur à explosion, des produits chimiques, de la naissance des loisirs. La croissance de la productivité pendant cette seconde révolution a été phénoménale.
Tous les économistes (ou presque) s’accordent à reconnaître que nous sommes entrés ou que nous entrons dans la troisième révolution industrielle. Le moteur de celle-ci serait, et ceci est globalement acquis, le développement de la société de communication, la multiplication des centres de stockage de données, la dématérialisation de celles-ci (le cloud), la vitesse de circulation de l’information d’un point à l’autre et en tous points de la planète. Mais il manque une caractéristique à cette définition de la troisième révolution, une caractéristique qui en soit le vecteur d’un nouvel accroissement de productivité, une caractéristique qui aurait un lien organique avec le caractère informatique de la société. Cette caractéristique, ce sont les énergies renouvelables !

Jeremy Rifkin entreprend alors la description de la société de la troisième révolution industrielle, une société extrêmement décentralisée où chacun serait, à la fois, consommateur et producteur d’énergie.
Cette société repose sur cinq piliers.

  • 1°) Le passage aux énergies renouvelables; solaire, éolienne, géothermique, marémotrice, hydraulique, biomasse … sans que soient privilégiées les installations puissantes et hyper-concentrées. Au contraire, une multiplication de millions de centres de production d’énergie, ce qui nous amène au second pilier.
  • 2°) La transformation du parc immobilier de tous les continents en micro-centrales énergétiques (éolien, solaire, …). Rien que pour l’Europe des 27, Jeremy Rifkin estime qu’il y a … … 190 millions d’immeubles, bâtiments administratifs, industriels ou commerciaux, résidences ou zones pavillonnaires qui peuvent devenir des mini-centrales électriques: le soleil sur le toit, le vent sur les murs, les ordures qui sortent de la maison, la chaleur du sous-sol sous les fondations … tout est prétexte à production d’énergie.
  • 3°) Le déploiement de la technologie de l’hydrogène et d’autres techniques de stockage sur l’ensemble de l’infrastructure, afin de stocker les énergies intermittentes. Car, en effet, le soleil ne brille pas tout le temps, le vent ne souffle pas tous les jours, et pendant ces journées de disette nous avons autant besoin d’énergie. Il faut donc avoir de l’énergie en réserve. Malheureusement, l’énergie électrique se stocke très mal (batteries). Le choix de l’hydrogène comme vecteur de stockage n’est pas vraiment nouveau. Romano Prodi, dans une conférence prononcée le 16juin 2003, disait « Nous affirmons clairement ce qui rend le programme européen sur l’hydrogène réellement visionnaire. Notre objectif est de passer graduellement à une économie de l’hydrogène totalement intégrée et fondée sur les sources d’énergies renouvelables d’ici le milieu du siècle ». Si l’on ne prend que le cas de l’Europe, comment distribuer dans tout le continent l’énergie produite par des millions de bâtiments ? Le quatrième pilier y répond.
  • 4°) L’utilisation de la technologie de l’Internet pour transformer les réseaux électriques de tous les continents en inter-réseaux, comme en un vaste réseau multi-nodal mondial. La technologie informatique et les compteurs intelligents sont parfaitement capables de gérer ce réseau. Vous avez des besoins en raison du froid, d’un surcroît d’activité ? Tel un Internet électrique, le réseau transporte l’énergie depuis les zones qui sont en stockage excédentaire parce qu’il fait nuit et que le temps est clément. A l’inverse, votre électricité excédentaire parce qu’il fait grand vent est revendue au réseau et va servir une région de calme plat et de brumes froides. Mais la production électrique ne s’arrête pas là, voyez le cinquième pilier.
  • 5°) Le changement de moyens de transport, en choisissant des véhicules électriques branchables ou à pile à combustible, capables d’acheter et de … vendre de l’électricité sur le réseau mondial. Il s’agit de véhicules à énergie électrique et munis d’une pile à hydrogène. Sans énergie, ils se rechargent sur des bornes qui équiperont routes, autoroutes, collectivités et particuliers. En roulant, ils produisent de l’électricité qui est stockée sous forme d’hydrogène. Et, à l’arrêt, ce qui représente la majorité du temps, ils sont branchés sur le réseau pour distribuer leur électricité excédentaire et ne conserver que le strict nécessaire pour repartir.

    Un rêve, une fiction, une utopie, une folie ?
    Nul ne saurait le dire avec certitude. Ce qui est vrai, c’est que ce schéma est techniquement réaliste et réalisable. Ce qui est vrai, c’est que les chercheurs et les premières entreprises pilotes travaillent en ce sens. Ce qui est vrai, c’est que les cinq piliers de cette nouvelle révolution industrielle sont adoptables par tous les continents, tous les pays, y compris les plus pauvres et les plus déshérités de notre planète. Ce qui est vrai, c’est que ce développement industriel sera créateur de centaines de milliers d’emplois. L’auteur donne des chiffres, mais gardons-nous de les prendre pour vérité absolue. Ce qui est vrai, enfin, c’est que cette perspective de troisième révolution industrielle met à mal toutes les théories de décroissance volontaire ou subie. De plus, en respectant les objectifs d’une société décarbonée.

    La suite du livre est beaucoup moins plaisante. Jeremy Rifkin développe ses idées sur ce que pourrait être la civilisation de la troisième révolution industrielle. Le fait que la production d’énergie soit extrêmement décentralisée suscitera la naissance d’une société dans laquelle les états se regrouperont par intérêts continentaux, où les relations hiérarchiques se feront latéralement et non plus verticalement, où la propriété s’effacera au bénéfice des services collectifs, où l’enseignement sera « latéral »et partage d’expériences, où l’homme retrouvera ses liens originels avec les animaux et la nature, où le travail lui-même disparaîtra pour que ne subsiste que le travail social et gratuit … bref, « c’est seulement quand nous commencerons à penser en famille étendue mondiale – famille qui ne comprend pas seulement notre propre espèce, mais aussi tous nos compagnons de voyage dans cet habitat évolutionniste qu’est la Terre – que nous serons capables de sauver notre communauté biosphérique et de régénérer la planète pour nos descendants ».
    Rien n’oblige à souscrire à cette profession de foi au sens littéral du terme. Commençons déjà par mettre en place les cinq piliers de l’autonomie énergétique et nous verrons bien comment évolue notre monde.

    Dans notre région, en Rhône-Alpes, près de Grenoble et son pôle scientifique, il existe des entreprises dont l’activité s’inscrit résolument dans ce schéma. Citons McPhy Energy (http://www.mcphy.com/fr/), dont l’objet est entièrement orienté vers le stockage de l’hydrogène solide (hydrures métalliques), citons SymbioFCell (http://www.symbiofcell.com/), qui s’est donné pour objectif d’équiper les véhicules de piles à combustibles de façon à accroître leur autonomie électrique. L’un d’entre eux, la Green GT H2, participera aux prochaines 24 Heures du Mans.
Green GGT H² (C)

Catégories
Ecologie

Les Suisses et le retour au pays d’Heidi

La Suisse est un pays dont la démocratie se vit sans complexes ! On se souvient de l' »initiative » contre les mosquées et leurs minarets lancée par l’UDC où celle portant sur l’expulsion des étrangers condamnés. D’aucuns avaient pu juger que le succès de ces initiative était prémonitoire d’un climat et d’une ambiance qui ne manqueraient pas de se développer en Europe, Europe occidentale à minima. La même UDC a lancé une nouvelle « initiative » voici quelques mois, contre « l’immigration en masse ». Et voici qu’une nouvelle « initiative » est proposée par ECOPOP (http://www.ecopop.ch/joomla15/index.php?option=com_content&view=article&id=337&Itemid=17&lang=fr). Une « initiative » est l’aboutissement d’une démarche pétitionnaire de demande de référendum. Cette dernière porte sur la limitation de la population de la Suisse dans le but de préserver de façon durable les ressources naturelles. Ecopop revendique que la « croissance dramatique de la population mondiale soit réduite par un soutien au planning familial et que l’immigration nette en Suisse soit limitée ».
Sur le premier point, 10% des moyens que la Suisse consacre à la coopération internationale devront être consacrés à la planification familiale, ceci dans les pays jugés les plus surpeuplés, en Afrique ou en Asie.
Sur le second point, la part de l’accroissement de la population résidente en Suisse de façon permanente, et attribuable au solde migratoire ne devra pas excéder 0,2% par an, chiffre moyen calculé sur une période de trois ans.
Cette initiative référendaire fait déjà l’objet d’un vaste débat en Suisse, quand bien même elle est restée largement inaperçue depuis plusieurs mois. Le dépôt des signatures a réveillé les commentaires. Tout d’abord, cette démarche est lancée par une vieille association écolo (1970), certes globalement de droite mais rassemblant quelques personnalités de l’ultra-gauche. Elle surprend par sa radicalité, pourtant inscrite dans les gènes de l’association. Les Verts authentiques de Suisse se divisent et se déchirent à son propos, les uns la soutenant, les autres l’exécrant. L’objectif déclaré est celui de la conservation des ressources naturelles et du maintien de la qualité de la vie pour les Suisses d’aujourd’hui et ceux de demain. Aux facteurs classiques de consommation individuelle et de choix technologiques (énergies fossiles, nucléaires ou alternatives), Ecopop ajoute le nombre d’individus qu’elle estime trop élevé en Suisse.
Le but poursuivi n’est donc pas tant la protection de la nature, comme certains l’affirment trop vite, mais de préserver les ressources pour l’avenir. Les militants d’Ecopop veulent lutter contre la « bétonisation », soulager les services de transport, protéger le paysage culturel …
L’autre sujet de discussion porte, comme on peut s’y attendre, sur l’immigration puisque le taux de renouvellement de la population suisse d’origine endogène n’est que de 1,5, très loin du taux de 2,1 nécessaire au maintien des populations à niveau constant. L’augmentation de la population provient de l’immigration et des enfants des immigrants.

Mais qui sont les immigrants ? D’où viennent-ils ? Combien sont-ils ?
La Suisse comporte près de 8 millions d’habitants (7954700 au dernier chiffrage à fin 2011!), avec un accroissement de 84500 personnes par rapport à 2010,soit une croissance de 1,1 % comparable à celle de 2007 ou 2009.
A fin août 2012, la population d’origine étrangère et résidant en Suisse était de 1804551 personnes (admirez la précision des chiffres !), soit 22,7 % de la population totale.
Parmi eux, 1176587 personnes (soit 65 %) étaient en provenance de l’Union Européenne (27 Etats membres) et de l’Association Européenne de Libre Echange (AELE; Islande, Norvège, Liechtenstein). Ces immigrés en provenance de l’UE/AELE ont augmenté de 4,2 % par rapport à l’année précédente, soit + 46949 personnes.

Les autres immigrés, donc en provenance de pays autres que ceux de l’UE/AELE, et qui représentaient 35 % du total des immigrés, étaient au nombre de 627964 personnes, en augmentation de 1 %, soit + 6301 personnes.

Les immigrants résidents se ventilent ainsi: italiens (16,2 %), allemands (15,6 %), portugais (13 %), français (5,6 %), kosovars, macédoniens, turcs (quelques 3,9 % pour chacun).
Il est à noter que les asiatiques au sens large de toute l’Asie, ne représentent que 5 % des migrants, les africains, Maghreb compris, 3,5 % et l’Amérique du Sud + Centrale 2,7 %.
Les immigrés de la Suisse ne sont donc pas les immigrés d’autres pays d’Europe et le débat Nord-Sud ne saurait y avoir une prégnance aussi importante qu’en France, par exemple. Notons cependant au passage que la Suisse naturalise de 37000 à 47000 personnes d’origine étrangère par an, depuis dix ans !
Alors si une telle « initiative » se traduit par un référendum, et que celui-ci est approuvé par une majorité, que se passera-t-il ?
La population suisse s’accroît de +80000 personnes par an. Réduire ce nombre à 15000 par an entraverait de façon dramatique la capacité de développement économique du pays, ainsi que les moyens des services tels les hôpitaux ou le système scolaire. En effet, les migrants essentiellement européens sont des migrants hautement qualifiés, en bonne santé, qui assurent la viabilité de tout le système social suisse marqué par un vieillissement de la population autochtone. Sans parler des impôts !
Vouloir réduire la population, à des fins écologiques, en agissant sur les migrations est absurde. Les migrants rejetés iront ailleurs et consommeront ailleurs. Qu’on le dise franchement; il ne s’agit ici que de défendre égoïstement SON environnement. Les militants de la limitation de l’immigration invoquent l’exemple français où la « grande banlieue est synonyme d’acculturation, de pauvreté et de violence ». Qu’ils se rassurent: la majorité de leurs migrants ne vivent pas en grande banlieue !
Mais là où l’initiative Ecopop devient franchement xénophobe, c’est là où elle prétend imposer à la Suisse de consacrer ses fonds à la limitation des naissances dans les pays pauvres.

On rejoint les tendances de fond de l’écologie radicale, celles de la décroissance, de la relocalisation, du refus des échanges (avion, tourisme, migrations …). A n’en pas douter, les deux « initiatives » (UDC contre l’immigration de masse et Ecopop Halte à la surpopulation), quand elles seront soumises à votation, seront des pièces maîtresses du débat sur la croissance et la démographie. La Suisse va t-elle rehausser ses montagnes de quelques rangs de moellons et se replier encore davantage sur elle-même pour revenir au pays d’Heidi ?
La Suisse va t-elle encore nous donner un signal précurseur de ce qui va se passer en Europe ?

(DR)Save the Planet


Toutes les statistiques suisses en matière d’immigration sont ici (http://www.bfm.admin.ch/bfm/fr/home.html).
Un site pour une réflexion approfondie ici (http://www.alliancesud.ch/fr/documentation/projets/la-jeunesse-debat/ecopop).

Catégories
Pétrole

Collapse

Les vidéos conspirationnistes, les vidéos « fin du monde », les vidéos qui développent les thèses du complot, tout cela n’a qu’un intérêt très limité. Et pourtant, l’Internet et la blogosphère en sont remplis, cela déborde.

« Collapse » n’est pas tout à fait de cet ordre. L’homme interviewé, Michaël Ruppert, se veut un « lanceur d’alertes ». A vrai dire, il n’a aucune compétence particulière pour aborder les questions dont il parle. Il était policier (LAPD), quelque peu espion et son principal fait de guerre est d’avoir dénoncé des trafics de drogue initiés par la CIA, sans doute pour compromettre des personnalités et des hommes politiques à éliminer.

Mais Michaël Ruppert s’est passionné pour UN sujet, celui du peak oil et de ses conséquences. Il nous affirme que la production pétrolière est à son sommet et qu’elle ne fera que baisser et que RIEN ne viendra la remplacer avec la même efficacité et les mêmes capacités, même pas le soleil et le vent. Et que s’il y a complot, c’est que nos gouvernants le savent tous et que leur unique volonté est de le cacher à leurs populations. Car, la fin du pétrole et l’impossibilité de le remplacer, c’est la fin de notre civilisation, l’effondrement (collapse).

Non seulement, nous ne mettrons plus d’essence dans nos voitures, mais nous ne pourrons plus fabriquer de voitures, ni d’engrais, ni de peintures, ni de vernis, ni de matériaux de construction, ni de … brosses à dents !

Nous sommes entrés dans la période d’effondrement de notre civilisation et les tensions financières, les émeutes, les révoltes en sont les prémices et la preuve.

Michaël Ruppert parle avec sérieux, avec émotion parfois (feinte ?) et son message n’en paraît que plus crédible. L’effondrement de notre société se traduit par plusieurs périodes. tout d’abord, l’incrédulité, le déni, « ce n’est pas vrai », puis la colère destructrice, la violence et la révolte, comme en Grèce ou en Angleterre, mais partout dans le monde et sans doute dans les pays arabes, nous dirait Ruppert si ce texte ne datait pas de 2009.

Ensuite, le marchandage, « j’aurais peut-être pu faire autrement », « et si j’essayais ça ? ». Viennent ensuite, la dépression et l‘acceptation, et ce n’est qu’à ce moment-là que l’on trouve la force de remonter.

Là où Ruppert se distingue de beaucoup d’autres prophètes, c’est qu’il n’aborde aucunement la notion de réchauffement climatique. Le seul moteur de notre humanité est l’énergie. Au fur et à mesure que celle-ci croissait, les masses monétaires en jeu ont augmenté et la population s’est mise à croître. LA courbe est unique des finances mondiales, de la démographie et de la production pétrolière. Lorsque la production d’énergie diminuera, et cela est inévitable, toutes les courbes s’effondreront.

Alors, que faire ?

– acheter de l’or en barre et détruire ses cartes de crédit,
– isoler sa maison,
– se débarrasser de tous les produits chimiques,
– se satisfaire d’une seule ligne de téléphone fixe,
– acheter des livres sur la médecine naturelle,
– acheter des semences (des vraies qui font des graines qui germent à leur tour),
– et cultiver son jardin.
Bref, autosubvenir à ses besoins et penser « local » exclusivement.

Alors, à chacun d’en juger. Cela rejoint l’attitude de C. Schmidt et ne répond pas davantage aux interrogations que pose son attitude.

Dans un cas comme dans l’autre, la réaction est strictement individuelle, en attendant la phase d’acceptation qui permettra peut-être de trouver des idées pour reconstruire une civilisation !

Et puis, confier ses économies à de l’or en barre, à combien d’Africains, à combien d’Indiens ou de Chinois cela est-il possible ? L’effondrement que l’on nous promet avec tant d’insistance et de capacité de persuasion, nous entraîne vers un monde bien peu solidaire. Un monde où chaque pays, chaque petite région, chaque petite collectivité, chaque famille devra défendre le peu de ses biens et ses terres pour manger.
La fin des guerres n’est pas pour demain.

Alors « Collapse », il faut le regarder. Cela dure 80 minutes (en deux parties) ! Il ne faut pas le regarder si vous avez 80 minutes à perdre. Non, il faut le regarder en lui consacrant 80 minutes de votre temps. Afin de savoir ce qui nous attend …. ou afin de savoir ce qu’il faudrait faire pour que cela n’advienne pas …

Catégories
Ecologie

Environmental Performance Index: aller un peu plus loin …

Dans son édition des 30-31 mai, Le Monde a rapporté une brève de presse publiée conjointement par les Universités de Yale et Columbia, à propos d’une statistique particulièrement féconde qu’elles publient tous les deux ans: l’Index de Performance Environnementale (acronyme EPI en anglais). La dépêche publiée ne concerne que les résultats de l’année 2010 qui ont été rappelés de façon rapide et succincte.

Précisons avant tout que le classement est établi à partir de notes attribuées à chaque pays dans deux domaines égaux (50% de la note globale pour chacun): celui de la vitalité des écosystèmes et celui de la santé environnementale.

La vitalité des écosystèmes regroupe les notes affectées aux thèmes suivants: changement climatique pour 25 %, agriculture, pêches, forêts, biodiversité et habitat, eau et pollution de l’air chacun pour un peu plus de 4%.

La santé environnementale s’appuie pour moitié sur les luttes contre les maladies environnementales et pour moitié sur les luttes contre les effets des pollutions de l’air et contre les pollutions de l’eau à parts égales.

Au cours des années, la grille a peu changé, certains ratios ont été légèrement réévalués ou dévalués, mais la comparaison reste possible au cours des années. Et là est tout l’intérêt du travail de ces universités.

EPI Map (C)http://epi.yale.edu

Prenons les résultats de 2010 (http://epi.yale.edu/Countries|).Les cinq premiers sont l’Islande, la Suisse, le Costa-Rica, la Suède et la Norvège. Les notes attribuées à ces pays vont de 93.5 à 81.1.Examinons un par un leur parcours depuis 2006.

L’Islande était classée au 13° rang en 2006 (http://www.yale.edu/epi/files/2006EPI_AppendixC.pdf|), au 11° rang en 2008 (http://epi.yale.edu:2008/CountryScores) et première en 2010.

La Suisse était 16° en 2006, 1ère en 2008 et seconde en 2010.

Le Costa-Rica était 15° en 2006, 5° en 2008 et 3° en 2010.

La Suède était seconde en 2006, 3° en 2008 et 4° en 2010, ce qui a priori témoigne d’une grande stabilité dans la prise en compte des enjeux.

Enfin la Norvège était 18° en 2006, seconde en 2008 et 5° en 2010.

A part donc la Suède qui s’est maintenue dans le quintette de tête depuis trois palmarès, les autres pays ont progressé et parfois largement progressé. Il en est donc d’autres qui ont du reculer ! C’est le cas de la Finlande qui, du 3° rang en 2006, 4° rang en 2008 se retrouve au 12° rang en 2010. Mais c’est surtout la Nouvelle Zélande qui surprend avec un recul important: de la 1ère place en 2008, elle passe à la 7° place en 2008 et à la 15° place en 2010.

En Europe, la République Tchèque, 4° en 2006, se retrouve 22° en 2010. Le Royaume Uni, 5° en 2006, recule à la 14° place en 2008 et s’y maintient en 2010. Le Danemark fait pire: de la 7° place en 2006, il se retrouve à la 26° place en 2008 et à la 32° place en 2010. Il est des réputations qui semblent avoir la vie dure, mais qui ne correspondent plus à des réalités.

Et la France ? Bien placée parmi les pays européens, elle devance régulièrement l’Allemagne, l’Italie, … Jugez-en.

2006: France 12°, Italie 21°, Allemagne 22°.

2008: France 10°, Allemagne 13°, Italie 24°.

2010: France 7°, Allemagne 17°, Italie 18°.

Quel est le lien qui peut exister entre engagement dans la lutte environnementale et crise économique ? Certains résultats ci-dessus permettraient d’avancer l’idée qu’un tel engagement minimise l’impact de la crise (à défaut d’en être un vrai remède). Mais alors quelle est la signification du cas de la Grèce ? Placée au 19° rang en 2006, elle se retrouve au .. 44° en 2008 et au … 71° en 2010 !! Ces chiffres traduisent un abandon total de toute politique environnementale (sans doute au bénéfice de l’armée). Qui ne s’est déjà rendu compte de ce recul il y a deux ans ?

Aux dires d’une majorité d’observateurs, Copenhague a été un échec (Copenhague-ne-peut-pas-être-un-échec) . Il est encore un peu tôt pour en juger. Quoi qu’il en soit, la volonté des Etats-Unis d’encadrer fermement l’évolution environnementale a été déterminante dans les conclusions de cette rencontre. Il n’est donc pas inutile d’examiner le classement des Etats-Unis. Classés à la 28° place en 2006, ils sont en 39° place en 2008 et en 61° place en 2010: un fameux recul qui n’autorise guère à donner des leçons au reste du Monde ! Son petit frère géopolitique et géo-économique, le Canada, n’est pas plus brillant: au 8° rang en 2006, il se retrouve au 12° rang en 2008 et au 46° rang en 2010.

A l’inverse, peut-on dégager une tendance lourde en ce qui concerne les pays en développement et tout particulièrement les BRIC ?

Brésil: 34° en 2006, 34° en 2008 et 62° en 2010.

Russie: 32° en 2006, 28° en 2008 et 69° en 2010.

Inde: 118° en 2006, 120° en 2008 et 123° en 2010, soit une plus grande stabilité que les deux précédents.

Enfin, la Chine: 94° en 2006, 105° en 2008 et 121° en 2010.

La seule tendance est celle d’un recul général. Dans le cas de ces pays, est-ce le prix à payer pour un développement intensif ? Les résultats du classement 2012 seront particulièrement intéressants à examiner.

Quelques cas particuliers: l’Egypte, 85° en 2006, passe au 71° rang en 2008 et au 68° rang en 2010. La Turquie, qui aspire à l’Europe, était 49° en 2006, 72° en 2008 et elle pointe au 77° rang en 2010. Israël qui était au 45° rang en 2006, au 49° rang en 2008, recule au 66° rang en 2010.

Enfin, et malheureusement cela ne surprendra personne, l’Afrique sub-saharienne clôt la marche. Il n’est aucun pays qui ne soit classé avant la 100° place dans les résultats de 2010, et cela était déjà le cas en 2008 et en 2006.

Côte d’Ivoire 102°, Congo 105°, République Démocratique du Congo 106°, Kenya 108°, Ghana 109°, Ouganda 119°, Burkina Faso 128°, Soudan 129°, Zambie 130°, Cameroun 133°, Rwanda 135°, Sénégal 143°, Tchad 151°, Mali 156°, Niger 158°, Togo 159°, Angola 160°, …………… la liste ne comprend que 163 pays. A l’exception de la Libye (117°), l’Afrique méditerranéenne s’en sort mieux, avec l’Algérie (42°), le Maroc (52°) et la Tunisie (74°).

Catégories
Egypte

L’eau du Fleuve-Dieu

90% des besoins en eau (domestique, agriculture, industrie, tourisme, …) de l’Egypte proviennent du Nil (http://fr.wikipedia.org/wiki/Nil). On comprend mieux alors la stupeur et l’effarement des autorités égyptiennes lorsqu’elles ont appris que l’Ethiopie, l’Ouganda, le Rwanda et la Tanzanie dénonçaient un accord vieux comme le monde et qui concernait la répartition des eaux du fleuve. Le Kenya également a fait savoir qu’il pouvait rejoindre cette position.

Le Nil à Aswan

Il existe un traité signé entre ces pays, le Soudan en plus, qui date de 1929, c’est à dire presque dans une autre histoire ! Ce traité a été amendé en 1959, mais les ratios de débit du fleuve accordés à l’Egypte et au Soudan sont restés inchangés, à savoir 55,5 milliards de m3 à l’Egypte et 18,5 milliards de m3 au Soudan. La somme de ces deux “concessions” représente 87% du débit du fleuve.De plus, un droit de veto est accordé à l’Egypte à l’encontre des travaux qui pourraient affecter le débit du Nil. L’attribution de ce droit de véto témoigne de l’esprit “inégalitaire” qui régnait lors des discussions: il n’est d’ailleurs pas un vain mot puisque Sadate avait proféré des menaces de bombardement de l’Ethiopie à propos d’un projet de canal d’irrigation.

Or, les pays d’amont réclament depuis plus d’une dizaine d’années la révision équitable de ce traité. Ils ont besoin d’eau pour leur irrigation et pour la construction de centrales hydroélectriques. Certaine de son bon droit et confiante dans le fait que les pays occidentaux ne s’engageront pas aux cotés des pays d’amont pour de grands travaux afin de ne pas lui déplaire, et quelque peu hautaine, l’Egypte fait la sourde oreille et préconise aux pays du sud qu’avant de revendiquer un nouveau partage des eaux, ils seraient bien avisés de faire un effort pour remédier aux pertes considérables d’eau du Nil liées à l’évaporation, aux pertes par infiltration ou par diffusion dans des marais.

Même si des efforts peuvent être réalisés, cela semble pourtant bien difficile de canaliser Nil Bleu et Nil Blanc, d’assécher des marais, de bétonner, étanchéifier et canaliser un fleuve. C’est n’avoir pour seul résultat que de contrarier la nature et de courir vers un désastre écologique.

Alors, il faudra bien arriver à s’entendre. Et si les pays du sud ont pris cette décision, c’est parce que les rapports internationaux sont en train de changer en Afrique et que la Chine, peut-être, pourrait aider ces pays à financer et réaliser leurs grands projets. Il faudra bien arriver à s’entendre et le plus tôt sera le mieux. Accessoirement, ce dossier est susceptible de réorienter quelque peu la politique de l’Egypte. Voilà un pays situé en Afrique, dont les racines profondes sont essentiellement africaines, mais qui tourne le dos à l’Afrique en voulant jouer un rôle majeur au Proche-Orient.

Le Nil à Disuk (Delta)

Cette histoire d’eau pourrait bien servir à l’Egypte, si elle modifie son comportement (http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahram/2010/5/19/egypt2.htm), de renouveau à sa politique africaine.

Catégories
Divers

Nettoyage de printemps

Le 25 juin 2007, voici bientôt trois ans, je prenais l’initiative de créer ce blog. 147 semaines plus tard, j’y ai logé 178 articles, soit un peu plus d’un article par semaine.

Combien de visiteurs ? Presque 33000 à ce jour, soit 225 visiteurs par semaine, soit 32 par jour en moyenne. Il n’y a vraiment pas de quoi pavoiser !! Oh, je sais, certains blogs ont encore moins de visiteurs et restent strictement confidentiels. Voici presqu’un an (20-000-visites-en-deux-ans-…), j’avais analysé ce qui pouvait expliquer ce manque de lecteurs. Mes remarques restent toujours valables quant à la lisibilité et la visibilité des blogs du “Monde”. Elle est quasi nulle si vous ne faites pas partie des blogs de la rédaction et/ou des blogs invités (toujours les mêmes). Et « pour être mis en avant régulièrement dans la rubrique “Vos blogs” du site Le Monde, il faut avoir un blog de qualité ayant un contenu travaillé », dixit l’Equipe des Modérateurs en date du 14/03/2010. Voilà pour l’hébergeur. Je sais maintenant ce qu’il me reste à faire.

De façon plus générale, si je voulais être lu et commenté, il me faudrait parler de Sarkozy tous les jours, de préférence sur un ton critique et en cherchant la petite faille pour en faire un buzz (oh pardon, un ramdam !!!) ou bien alors attirer le chaland avec des images peu en rapport avec la réalité du sujet … Mais foin de toutes ces acrimonies.

J’ai pris la décision de faire un peu de nettoyage.

THERMOPYLES restera le blog des impératifs de la solidarité internationale, des relations entre le nord et le sud, … Pour cela, on y parlera toujours d’économie des énergies et des matières premières, d’écologie raisonnable, d’émigration-immigration, de développement, tous sujets qui conditionnent bien davantage l’avenir des Pays en Développement que le culte de la Terre Mère !

On y parlera toujours d’Egypte (où j’ai travaillé deux ans), du Mali (où j’ai aidé une petite structure de collecte des déchets à se mettre en place et où je parraine deux petites filles), du Burkina, du Niger, d’Amérique Latine, …

Mais on ne parlera plus de Saint-Marcellin, le vieux tout comme l’actuel, plus de Barbara ni de Françoise Sagan, ni de Malnuit, ni du Festival Marsiannes dont j’ai souhaité ici la relance en juin 2009, ni de jazz à Presles. Je retire tous ces articles (35 en tout) en les sauvegardant. Peut-être un jour se retrouveront-ils sur un autre blog ou sur mon site Internet. Si certains en désirent une copie, ils peuvent toujours en faire la demande …

Par contre, tant que j’en ai l’envie, je garde MA photo de la semaine et mes portfolios (on peut se faire de petits plaisirs !).

Et maintenant que le blog est à priori mieux recentré, je vous invite, lecteur, à commenter mes articles ….

Catégories
Développement solidaire

Libéral

« Le pire ennemi du terrorisme, celui qu’il redoute, méprise et cherche à détruire est le libéralisme. Je ne désigne pas par ce terme l’esprit d’un capitalisme sans règles, mais la philosophie et la pratique de la liberté elle-même. Je parle du libéralisme en vertu duquel les gens pensent ce qu’ils veulent, qui tient l’église et l’état en deux sphères séparées, et refuse d’imposer jusque dans les moindres recoins de l’activité humaine une doctrine et une vérité uniques. Il m’arrive, quand je parle de libéralisme, d’avoir à l’esprit la définition restrictive et américaine de ce terme: le libéralisme désigne ici la gauche réaliste et démocratique aux Etats-Unis. Mais mes observations du libéralisme et des libéraux ne m’ont pas poussé à un optimisme débridé. Car il y a toujours quelque chose d’étrangement faible dans la mentalité libérale, une simplicité, une ingénuité, quelque chose d’enfantin – une innocence qui remonte au XIX° siècle et peut-être même au-delà, et qui a régulièrement conduit des gens animés des idéaux les plus élevés et des principes les plus éclairés à se tromper de la manière la plus calamiteuse qui soit sur leurs pires ennemis. Toute l’histoire du XX° siècle, une grande partie au moins de celui-ci, a été écrite par les ennemis les plus acharnés du libéralisme. Elle fut en même temps l’histoire de la réticence du libéralisme à prendre la mesure de son ennemi le plus acharné. »

Ce texte est de la main de Paul Berman, écrivain engagé dans la gauche américaine, et il est extrait de “Les habits neufs de la terreur” (Hachette). L’auteur y développe l’idée que le terrorisme qui frappe l’occident n’est pas le fruit de l’islamisme, mais du totalitarisme. Le même totalitarisme qui s’épanouit dans le monde tout au long du XX° siècle: fascisme des années 30 avec sa cohorte de mouvements sympathisants d’extrême droite, nazisme, communisme et ses compagnons de route (militants politiques, syndicalistes, écrivains, …) convaincus que le libéralisme vaut le fascisme et donc que les imperfections du communisme sont à passer pour négligeables, maoïsme, polpotisme, j’en passe et des meilleurs, et maintenant islamisme radical.

Un totalitarisme dont la civilisation libérale porte l’entière responsabilité, en raison de ses faiblesses et de ses échecs. Ne revenons pas sur ces faiblesses passées; voyons celles d’aujourd’hui. Doctrines relatives à la protection des ressources pour l’Occident ou à l’interdiction des outils de défense (non prolifération), liens privilégiés avec les systèmes les plus rétrogrades et/ou tyranniques, incompréhension totale des courants culturels du monde, exploitation des ressources sans vergogne, arrogance occidentale en tous lieux, en tous temps, …

TOUS les totalitarismes se reconnaissent à la volonté qu’ils affirment de réconcilier l’homme avec un dieu, de mettre un terme à la division libérale du spirituel et du temporel. Alors, un dieu n’est pas toujours Dieu; ce peut être la race ou la classe, mais tout le système est construit pour que la logique, la doctrine et la vérité soient uniques.

Voici deux mois (Deep-Ecology-Hard-Ideology) , j’avais déjà fait quelques observations sur ce que je crois être un risque totalitaire dans le développement de la pensée écologiste radicale (et uniquement celle-ci). J’y ajouterai une nouvelle critique. Le mouvement d’écologie profonde a conscience de tenir un discours très occidental. Il lui est facile de plaider l’économie des matières premières et des ressources naturelles en préconisant un vie plus frugale. Il n’a probablement pas tort. Ce qui fait problème, c’est que les habitants des pays en développement vivent déjà dans la frugalité. Alors, les tenants de l’écologie radicale ont inventé une nouvelle philosophie selon laquelle les Pays en Développement peuvent être moteurs d’une nouvelle éthique de développement, d’un nouveau concept: celui du “bien-être” opposé au “mieux-vivre”. Cette idée rencontre même quelque succès chez certains socialistes …..

Ce “concept” (!) présente deux lourds dangers. Le premier tient au fait qu’il concerne les PED qui ont encore une éventuelle possibilité de réorienter leur développement. Les choses sont déjà pliées pour les BRIC (Brésil , Russie, Inde, Chine, …). Elles le sont probablement pour le reste de l’Amérique Latine, pour l’Indonésie et le Proche-Orient. Alors que reste t-il ? L’Afrique ! En donnant de bons conseils de développement, l’homme blanc va t-il encore ajouter une couche à sa monumentale incompréhension des cultures du Monde ?

(C)BRIC

Le second danger relève également d’un grand mépris des PED. Leur parler de “bien-être”, c’est leur dire de “faire avec” leur pauvreté, de s’en accoutumer, d’imaginer qu’ils peuvent faire une richesse morale de leur misère ! Alors que les PED ont un urgent besoin de satisfaire des droits qui ne leur sont pas reconnus: celui de manger à sa faim, celui de disposer d’eau potable, celui d’avoir l’énergie électrique, celui de pouvoir déplacer hommes et marchandises (droit à la libre circulation !) par des routes ou des voies ferrées, celui de ne pas vivre au milieu des ordures ou des cloaques, celui de conduire ses enfants à l’école puis à l’université, celui de pouvoir découvrir (à son tour) les merveilles du monde, … Qui oserait dire qu’il ne s’agit pas là de droits fondamentaux ?

Non, les Pays en Développement ont besoin de croissance et non de dangereuses rêveries néocolonialistes à propos de la sagesse et du “bien-être”.

Catégories
Pétrole

La CGT, Dunkerque et Total

Les périodes pré-électorales sont propices à ce genre d’affaires et de conclusions désastreuses. Après quelques jours de blocage des raffineries, et sous la forte pression du gouvernement, la CGT vient d’obtenir l’engagement de Total de ne fermer aucune raffinerie française pendant cinq ans, à l’exception de celle de Dunkerque qui sera soit rouverte, soit transformée en une autre activité industrielle. Sur ce dernier point, il n’y a aucune différence par rapport aux précédentes déclarations de Total qui déclarait cesser les activités de la raffinerie sans licenciement.

Objectivement, cette grève n’avait même pas pour motif le maintien des emplois, mais le maintien strict d’une activité industrielle existante. Et c’est là qu’il y a problème.

« A défaut de changements majeurs de son modèle économique, la France s’oriente au cours de la prochaine décennie vers une croissance bloquée en dessous de 1 % par an, un chômage permanent, une spirale de déficits de la balance commerciale et des comptes publics, avec une impasse structurelle de 5 % du PIB. Les remèdes sont connus. Du côté du marché du travail, la priorité doit aller au soutien de l’emploi, à l’accompagnement personnalisé des chômeurs, à l’intégration des immigrés, à la formation initiale et continue, enfin et surtout, à la flexibilité. Mais la clé demeure le rétablissement de la compétitivité qui passe par le développement prioritaire du secteur marchand, notamment de l’industrie, par un effort de productivité dans le secteur public, enfin par la refondation de la nation* ».

Cela demande des efforts intellectuels, certes, mais la défense de l’emploi ne doit pas (plus) signifier la défense de l’emploi existant. Il serait temps de sensibiliser les salariés à la nécessaire évolution de leur carrière, et de les y aider par l’accompagnement et la formation adéquats. Il y avait, au cours des années 1990-2000 une meilleure prise en compte de la flexibilité que celle que nous constatons actuellement.

Dans cette affaire Total, que voyons-nous ?

Dans cinq ans, quelle sera le besoin en carburants en France ? Alors que les constructeurs sont dans l’obligation de réduire toujours davantage la consommation de leurs véhicules ? Alors que le véhicule électrique et/ou le véhicule à hydrogène auront (espérons-le) pris de l’ampleur ? Alors que les consommateurs auront poursuivi le changement de leurs habitudes, avec plus de covoiturage, moins d’automobiles en centre ville, plus de déplacements doux ? Alors que la consommation baissera pour de simples raisons économiques liées au coût du carburant qui ne manquera pas de remonter, car dans cinq ans nous serons au “Peak Oil” ?

La CGT qui n’a rien compris aujourd’hui, se trompe et trompe les salariés. Dans le cas présent de Dunkerque s’il faut des emplois industriels, ce n’est plus prioritairement dans la raffinerie, mais probablement dans les énergies renouvelables. Il en est de même pour les autres raffineries du groupe et dans cinq ans, il sera trop tard pour le reconnaître.

Grève à la raffinerie de Donges (C)Ouest France Reuters

Pour sa part, Europe Ecologie a fait encore mieux: elle appelle le Groupe Total à la fois « à maintenir l’emploi dans ses raffineries » et à « assurer la reconversion de ses activités et de ses salariés » notant par ailleurs une « absence totale de stratégie industrielle de long terme, dans un monde où le pétrole se raréfie ». Il ne serait pas inutile de clarifier le discours, mais il faudra, là aussi, attendre des lendemains post-électoraux.

*Citation extraite de “Après le déluge. La grande crise de la mondialisation”, de Nicolas Baverez (2009)

Catégories
Déchets

Déchets d’Afrique

La question des déchets, de leur collecte, de leur traitement, est une question fondamentale en Afrique. Il en va de la salubrité et de la santé publiques. De nombreux post de ce blog y font référence. Et pourtant, faute de moyens bien souvent, faute d’un engagement des élus et des collectivités parfois, c’est une question qui n’est que peu abordée, pour ne pas dire négligée.

Je découvre aujourd’hui le blog de Lola Akomatsri, de Lomé, au Togo. Sous forme d’une enquête, une série de posts vient dresser un tableau serein mais difficile à admettre des difficultés que rencontre ce secteur des services: la propreté urbaine. Je vous laisse le soin de découvrir ces infos et de vous faire votre idée. Mais si vous revenez en parler ici, ce sera avec plaisir que l’on pourra en débattre.

(http://akomatsrilola.blogvie.com/2010/02/10/interview-agboka-mawupe-%C2%AB-les-ong-jouent-un-role-social/) .

(http://akomatsrilola.blogvie.com/2010/02/10/les-ramasseuses-d%E2%80%99ordures-un-metier-en-voie-de-disparution/) .

(http://akomatsrilola.blogvie.com/2010/02/10/le-circuit-de-pre-collecte-ou-le-voyage-des-ordures/).

(http://akomatsrilola.blogvie.com/2010/02/10/recyclage-les-sachets-plastiques-une-veritable-mine-d%E2%80%99or/) .

Bamako – Vaches sur un tas d’ordures

 »je crois que la question de l’assainissement est cruciale aujourd’hui en Afrique. Et je suis ravie que des regards d’ailleurs puisse s’intéresser à la question. Il s’agit d’une enquête que j’ai réalisée et qui m’a fait découvrir également que tout un travail de fourmi se fait en amont pour rendre Lomé la capitale de mon pays propre. »

 »CORDIALEMENT »
Rédigé par : Lola AKOMATSRI