Nous avons besoin de paix, à Gaza, au Soudan, en Irak, en Afghanistan et ailleurs …
Nous avons besoin de courage pour refaire le monde sans idéologie préconçue et sans prétendre créer tous les six mois un nouveau modèle que nous ne pourrons jamais faire appliquer par … 7 milliards d’individus !
Nous avons besoin d’inventer de nouvelles façons de produire, de consommer, .. surtout nous les occidentaux. Nous avons besoin de confiance et d’amour.
C’est ce que veulent dire ces enfants de Daoudabougou, en Commune V de Bamako. Bonne année.
Aujourd’hui, un petit message en forme de clin d’oeil. Me promenant au centre ville, je suis allé voir la gare de Bamako, gare du “Chemin de Fer de Dakar au Niger”.
A son abord, se trouve un grand panneau publicitaire prônant une campagne de prévention du sida dans les réseaux ferrés de l’Afrique de l’Ouest. A priori, il n’y a pas de raison de rire, sauf que le média choisi (le train) laisse un peu songeur. Se peut-il que s’y déroulent de drôles de choses ? Possède-t-il ses alcôves au même titre que l’Orient-Express ?
Au-delà d’un affichage spécifique dans les gares, de quoi peut bien être faite une telle campagne ?
Dans les trains, je veux bien, mais alors pourquoi pas dans tous les SOTRAMA ?
Et l’on s’interroge alors sur la motivation de certains partenaires de coopération, voire sur leur sérieux.
J’ai peut-être tort dans ma réaction: je n’attends que vos explications …
Le programme PIC II, programme de développement du Mali établi avec la participation du Luxembourg, a été officiellement lancé hier. Ce programme a un volet “assainissement” qui concerne trois communes à l’intérieur du pays et trois communes du District de Bamako (Communes III, IV et V). J’étais aujourd’hui en réunion avec des élus et quelques animateurs responsables de la mise en œuvre de ce volet “assainissement”. Parmi les actions envisageables, il a été question de la sempiternelle sensibilisation de la population ! Pour convenir qu’il faut trouver autre chose, d’autres thèmes, une autre présentation que ce que l’on entend régulièrement à la télévision : des appels à la prise de conscience individuelle, des appels à la solidarité par rapport aux autres citoyens, des appels pour le respect de l’environnement, …
Tag à Daoudabougou
Tout cela reste strictement sans effet. Le discours glisse sur la carapace de chaque malien qui continue à jeter tous ses déchets au sol, mais qui n’accepte plus qu’ils s’entassent devant chez lui.
Dimanche, je suis allé au Luna Park de Bamako, en compagnie de deux petites filles de 8 ans; (entre parenthèses, les prix y sont ahurissants !) des dizaines d’enfants et d’adultes y consomment sandwichs, bonbons, biscuits salés, canettes ou bouteilles de soda, … Il n’existe pas une seule poubelle sur l’ensemble du site, ce qui fait que tous les déchets se retrouvent au sol. Ils sont, bien entendu, journellement ramassés, mais ne serait-il pas plus pédagogique d’équiper ce parc d’une dizaine de corbeilles, d’y adjoindre quelques affiches comportant l’invitation à les utiliser … sous peine d’amende, et surtout de les VIDER régulièrement, deux à trois fois par jour s’il le faut. (Les corbeilles de Bamako sont extrêmement rares, mais elles débordent presque toujours ou alors elles sont désespérément vides car chacun sait qu’elles ne servent à rien).
Tag à Daoudabougou
La meilleure sensibilisation n’est-elle pas l’exemple ?
Petite histoire en photos pour bien comprendre comment assurer une collecte des déchets sans tout détruire: pratiques agricoles, emploi, solidarité sociale …
Dans toutes les banlieues de Bamako, les déchets sont collectés au moyen de charrettes à âne, voire pousse-pousse à bras.
Collecte de déchets en charrette
Ces déchets sont parfois déversés en périphérie (mais comment s’y rendre avec une charrette ?), le plus souvent sur des tas déjà existants, parfois en pleine ville, et qui ne font que croître.
Dépôt sauvageDécharge à proximité d’un hôtel
Les maraîchers qui cultivent les fruits et légumes vendus sur les marchés engraissent leurs terres avec les déchets prélevés dans ces dépôts sauvages. Fondamentalement, ils n’ont pas tort, compte tenu de la richesse de ce déchet en matières fermentescibles, en terre et en cendres.
Engraissement des parcelles par les ordures
La parcelle de gauche est recouverte de déchets pendant quelques temps. Puis, les parties non fermentescibles de ces déchets seront retirées et la parcelle sera plantée (parcelle de droite).
Tout ce qui est retiré est alors jeté au fleuve qui, en saison des pluies, assurera un grand nettoyage (ou remontera les déchets de quelques mètres sur la rive).
Ordures le long du fleuve
Nyama nyama, ce sont les déchets que collectent les bana bana, petits collecteurs indépendants.
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