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Bateau Ivre

Chronique du Bateau Ivre, de Saint-Marcellin

Préambule

Afin de dissiper immédiatement tout malentendu, qu’il soit bien clair que nous parlons ici du Bateau Ivre de Saint-Marcellin, cette maison originale, construite au mitan du siècle dernier et qui a bénéficié de la reconnaissance en tant que monument historique appartenant au Patrimoine du XX° siècle.

Si nous prenons la peine de dire ceci, c’est parce qu’il sera souvent bien difficile à l’amateur de retrouver ce Bateau Ivre dans le foisonnement d’Internet,tant il y existe de bateaux plus ou moins ivres. Le nom lui-même favorise tous les rapprochements et innombrables sont les vignobles, les cuvées ou les vins qui se nomment « bateau ivre ». Il en est de même pour les bars à vin, les caves, les restaurants, les gîtes ou maisons d’hôte en pays de vignes, voire n’importe où. Pour le reste, nous nous retrouvons face à un véritable inventaire à la Prévert : une maison d’édition, une compagnie théâtrale, un bateau de croisière sur la Seine à Paris, un quintette instrumental, une salle de spectacles à Tours… Dans le domaine culturel, trois œuvres cinématographiques portent ce nom : un film américain de Jack Conway en 1927 (titre original « Twelve Miles Out »), un roman filmé de Charles Coulonges en 1929 et un film de Dominique Philippe sorti en 2017. L’édition n’est pas en reste puisque nous identifions un roman de Jean Dorsenne publié en 1930, un essai de Pierre Legrand publié en 2019 dont le titre est utilisé pour qualifier 50 ans d’Education Nationale, enfin un roman de Pascal Boniface publié en 2021. Concurrence peut-être dommageable: il existe même un villa conceptuelle et très contemporaine, sise à l’Isle-sur-la-Sorgue, qui porte ce nom.

Lorsque Arthur Rimbaud a composé, à dix-sept ans, au cours de l’été 1871, le long poème foisonnant et quelque peu surréaliste auquel il a donné ce nom, il ne s’attendait certainement pas à ce que celui-ci trouve une telle célébrité et popularité.

A l’évidence, il conviendra de soigner la communication et de trouver des arguments solides et originaux s’il faut, un jour, faire connaître le Bateau Ivre de Saint-Marcellin et inviter un public à le visiter.

Le Bateau Ivre, par son chemin d’accès -Droits réservés – JB

Cette maison n’est pas née d’un caprice ou d’une lubie de ses parrains. Elle est le fruit d’une longue histoire née avant même la dernière guerre, formalisée dès les premiers instants de la Libération et patiemment construite pendant des décennies. Cette histoire, essentiellement sociale et culturelle, est celle de très nombreux saint-marcellinois et habitants de la région de Saint-Marcellin, dont beaucoup peuvent encore témoigner. Cette histoire a également laissé des traces quasi indélébiles dans le paysage architectural de Saint-Marcellin, de l’Isère, voire de Rhône-Alpes.

C’est cette histoire que nous avons choisi de vous raconter en remontant dans le temps d’au moins deux générations, avant de revenir progressivement au présent, d’où le titre de « chronique » que nous avons choisi. Nous vous en souhaitons bonne lecture et souhaitons vos commentaires apportant des précisions, commentaires qui seront les bienvenus.

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