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Les Suisses et le retour au pays d’Heidi

La Suisse est un pays dont la démocratie se vit sans complexes ! On se souvient de l' »initiative » contre les mosquées et leurs minarets lancée par l’UDC où celle portant sur l’expulsion des étrangers condamnés. D’aucuns avaient pu juger que le succès de ces initiative était prémonitoire d’un climat et d’une ambiance qui ne manqueraient pas de se développer en Europe, Europe occidentale à minima. La même UDC a lancé une nouvelle « initiative » voici quelques mois, contre « l’immigration en masse ». Et voici qu’une nouvelle « initiative » est proposée par ECOPOP (http://www.ecopop.ch/joomla15/index.php?option=com_content&view=article&id=337&Itemid=17&lang=fr). Une « initiative » est l’aboutissement d’une démarche pétitionnaire de demande de référendum. Cette dernière porte sur la limitation de la population de la Suisse dans le but de préserver de façon durable les ressources naturelles. Ecopop revendique que la « croissance dramatique de la population mondiale soit réduite par un soutien au planning familial et que l’immigration nette en Suisse soit limitée ».
Sur le premier point, 10% des moyens que la Suisse consacre à la coopération internationale devront être consacrés à la planification familiale, ceci dans les pays jugés les plus surpeuplés, en Afrique ou en Asie.
Sur le second point, la part de l’accroissement de la population résidente en Suisse de façon permanente, et attribuable au solde migratoire ne devra pas excéder 0,2% par an, chiffre moyen calculé sur une période de trois ans.
Cette initiative référendaire fait déjà l’objet d’un vaste débat en Suisse, quand bien même elle est restée largement inaperçue depuis plusieurs mois. Le dépôt des signatures a réveillé les commentaires. Tout d’abord, cette démarche est lancée par une vieille association écolo (1970), certes globalement de droite mais rassemblant quelques personnalités de l’ultra-gauche. Elle surprend par sa radicalité, pourtant inscrite dans les gènes de l’association. Les Verts authentiques de Suisse se divisent et se déchirent à son propos, les uns la soutenant, les autres l’exécrant. L’objectif déclaré est celui de la conservation des ressources naturelles et du maintien de la qualité de la vie pour les Suisses d’aujourd’hui et ceux de demain. Aux facteurs classiques de consommation individuelle et de choix technologiques (énergies fossiles, nucléaires ou alternatives), Ecopop ajoute le nombre d’individus qu’elle estime trop élevé en Suisse.
Le but poursuivi n’est donc pas tant la protection de la nature, comme certains l’affirment trop vite, mais de préserver les ressources pour l’avenir. Les militants d’Ecopop veulent lutter contre la « bétonisation », soulager les services de transport, protéger le paysage culturel …
L’autre sujet de discussion porte, comme on peut s’y attendre, sur l’immigration puisque le taux de renouvellement de la population suisse d’origine endogène n’est que de 1,5, très loin du taux de 2,1 nécessaire au maintien des populations à niveau constant. L’augmentation de la population provient de l’immigration et des enfants des immigrants.

Mais qui sont les immigrants ? D’où viennent-ils ? Combien sont-ils ?
La Suisse comporte près de 8 millions d’habitants (7954700 au dernier chiffrage à fin 2011!), avec un accroissement de 84500 personnes par rapport à 2010,soit une croissance de 1,1 % comparable à celle de 2007 ou 2009.
A fin août 2012, la population d’origine étrangère et résidant en Suisse était de 1804551 personnes (admirez la précision des chiffres !), soit 22,7 % de la population totale.
Parmi eux, 1176587 personnes (soit 65 %) étaient en provenance de l’Union Européenne (27 Etats membres) et de l’Association Européenne de Libre Echange (AELE; Islande, Norvège, Liechtenstein). Ces immigrés en provenance de l’UE/AELE ont augmenté de 4,2 % par rapport à l’année précédente, soit + 46949 personnes.

Les autres immigrés, donc en provenance de pays autres que ceux de l’UE/AELE, et qui représentaient 35 % du total des immigrés, étaient au nombre de 627964 personnes, en augmentation de 1 %, soit + 6301 personnes.

Les immigrants résidents se ventilent ainsi: italiens (16,2 %), allemands (15,6 %), portugais (13 %), français (5,6 %), kosovars, macédoniens, turcs (quelques 3,9 % pour chacun).
Il est à noter que les asiatiques au sens large de toute l’Asie, ne représentent que 5 % des migrants, les africains, Maghreb compris, 3,5 % et l’Amérique du Sud + Centrale 2,7 %.
Les immigrés de la Suisse ne sont donc pas les immigrés d’autres pays d’Europe et le débat Nord-Sud ne saurait y avoir une prégnance aussi importante qu’en France, par exemple. Notons cependant au passage que la Suisse naturalise de 37000 à 47000 personnes d’origine étrangère par an, depuis dix ans !
Alors si une telle « initiative » se traduit par un référendum, et que celui-ci est approuvé par une majorité, que se passera-t-il ?
La population suisse s’accroît de +80000 personnes par an. Réduire ce nombre à 15000 par an entraverait de façon dramatique la capacité de développement économique du pays, ainsi que les moyens des services tels les hôpitaux ou le système scolaire. En effet, les migrants essentiellement européens sont des migrants hautement qualifiés, en bonne santé, qui assurent la viabilité de tout le système social suisse marqué par un vieillissement de la population autochtone. Sans parler des impôts !
Vouloir réduire la population, à des fins écologiques, en agissant sur les migrations est absurde. Les migrants rejetés iront ailleurs et consommeront ailleurs. Qu’on le dise franchement; il ne s’agit ici que de défendre égoïstement SON environnement. Les militants de la limitation de l’immigration invoquent l’exemple français où la « grande banlieue est synonyme d’acculturation, de pauvreté et de violence ». Qu’ils se rassurent: la majorité de leurs migrants ne vivent pas en grande banlieue !
Mais là où l’initiative Ecopop devient franchement xénophobe, c’est là où elle prétend imposer à la Suisse de consacrer ses fonds à la limitation des naissances dans les pays pauvres.

On rejoint les tendances de fond de l’écologie radicale, celles de la décroissance, de la relocalisation, du refus des échanges (avion, tourisme, migrations …). A n’en pas douter, les deux « initiatives » (UDC contre l’immigration de masse et Ecopop Halte à la surpopulation), quand elles seront soumises à votation, seront des pièces maîtresses du débat sur la croissance et la démographie. La Suisse va t-elle rehausser ses montagnes de quelques rangs de moellons et se replier encore davantage sur elle-même pour revenir au pays d’Heidi ?
La Suisse va t-elle encore nous donner un signal précurseur de ce qui va se passer en Europe ?

(DR)Save the Planet


Toutes les statistiques suisses en matière d’immigration sont ici (http://www.bfm.admin.ch/bfm/fr/home.html).
Un site pour une réflexion approfondie ici (http://www.alliancesud.ch/fr/documentation/projets/la-jeunesse-debat/ecopop).

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Ecologie

Moins d’hommes sur terre, ou moins d’humanité ?

C’est en juin dernier qu’une troupe de scientifiques a publié un article dans Nature (http://www.nature.com/nature/journal/v486/n7401/full/nature11018.html) selon lequel les déséquilibres environnementaux entraineraient une perte de la biodiversité telle qu’en 2100 nous assisterions à un « effondrement » des écosystèmes.
A vrai dire, la prédiction n’est pas nouvelle. L' »effondrement » dont ils parlent est pronostiqué depuis 1968 par le « Rapport du Club de Rome », plus exactement le « Rapport Meadows » (MIT).
Ce n’est donc pas le contenu de cette thèse qui interpelle. Ce sont surtout les réactions et les commentaires qu’elle a suscités.

Tout au long de l’été, les réactions n’ont pas manqué face à la prise de position des chercheurs. Le blog Eco(lo) (http://ecologie.blog.lemonde.fr/2012/07/27/la-fin-de-la-planete-en-2100/) d’Audrey Garric, Biosphère, France 2 à propos des couples qui ne veulent pas faire d’enfants, …
Caroline Fourest, le 29 juin, a pris argument de la Conférence Rio +20 et de l’absence du droit à se reproduire pour les femmes dans les orientations de ce Forum pour formuler un vigoureux plaidoyer en faveur de la régulation mondiale de la population. Dans un post intitulé « Croissez et polluez » (http://carolinefourest.wordpress.com/2012/07/05/croissez-et-polluez/), après avoir stigmatisé l’attitude de l’Eglise et, plus paradoxalement, celle de l’Egypte, elle en conclut que « l’absence de choix de procréation pour les femmes entraîne un monde toujours plus peuplé, plus pollué, plus inégalitaire et plus injuste ».

Deux types de réactions. La race humaine est trop importante en nombre, ce qui est la cause de la désastreuse évolution de la planète. A cela deux remèdes: soit réduire drastiquement la population mondiale par une régulation volontaire (et volontariste) des naissances, soit faire en sorte que l’humanité disparaisse pour de bon !

Réduire les naissances ? Nous sommes aujourd’hui plus de 7 milliards d’humains sur cette terre. Serons-nous 9 milliards en 2050 ? Ou davantage ? La croissance est essentiellement due à l’évolution démographique des pays pauvres, ceux qui ont déjà des difficultés alimentaires. Les pays occidentaux entrent globalement dans une phase de baisse démographique. En Europe, c’est le cas de l’Allemagne, de l’Italie ..
A l’inverse, en Afrique, au Burkina, Burundi, Congo (les 2), Guinée, Liberia, Mali, Niger, Ouganda … les populations devraient tripler d’ici à 2050.
La réponse à la surpopulation mondiale (s’il y a surpopulation !) n’est pas occidentale et les couples qui refusent de faire des enfants n’apportent aucune solution au problème. Leur attitude est strictement individuelle, elle n’est même pas messianique.
Et si limitation des naissances il doit y avoir, ce ne peut être qu’en Afrique, en Asie (Inde). La Chine, pour sa part, a fait l’effort substantiel de la politique de l’enfant unique. Elle va chèrement le payer par un vieillissement de sa population. Actuellement des assouplissements ont été introduits, d’autres le seront.
D’après l’ONU, si l’on veut parvenir au chiffre de 9 milliards d’hommes dans 40 ans, il faut faire davantage que se limiter au strict renouvellement des populations. Il faudrait réduire le taux de fécondité à un niveau inférieur au seuil de remplacement, avant d’y revenir dans un siècle !
Parler de ceci en Europe, en Occident, à l’ONU, c’est s’engager sur des chemins douloureux. Des chemins marqués par des croyances, des cultures, parfois même la simple volonté de faire assez d’enfants pour en garder quelques uns tant le taux de mortalité infantile est élevé. Des chemins marqués par des idéologies, des religions (http://www.libertepolitique.com/L-information/Decryptage/Rio-20-victoire-du-Saint-Siege-contre-l-imperialisme-reproductif). on peut le regretter, mais c’est un fait qu’il existe dans certaines régions une forte opposition au contrôle des naissances. Il existe également de mauvaises expériences, faites de stérilisations forcées, d’avortements imposés. Il existe enfin un rejet du discours « colonialiste » venu d’Occident: ce sont les « blancs » qui demandent aux peuples en développement de faire moins d’enfants. En termes brutaux: « de quoi se mêlent-ils ? »

Résoudre nos problèmes d’énergie, de développement, d’écologie, de maintien des écosystèmes par une réduction de la population mondiale est une idée simpliste. Au niveau de vie des africains, la terre peut abriter bien davantage que 9 milliards d’individus ! Le vrai problème, c’est que sur les 7 milliards actuels, il en est 1 milliard qui vit dans les pays riches et qui a un impact supérieur à celui des 6 autres milliards réunis !
Plutôt que de ne pas faire d’enfant, il serait plus juste de réduire sa consommation énergétique, réduire son impact sur l’environnement ET aider les pays du sud à croître plus harmonieusement.
En Afrique, ne pas se satisfaire du seul planning familial, mais inciter à la création de nouvelles règles de vie. Christian Troubé (reporter spécialisé dans les questions Nord-Sud) le résume ainsi: « En soi, la décroissance démographique ne produit pas mécaniquement de la croissance économique. Elle doit se nourrir d’écoles, d’hôpitaux, d’emplois et de parité entre les hommes et les femmes ».

(C)PRB


Le second réflexe face aux prévisions du collectif des chercheurs qui anticipent l’effondrement des écosystèmes pour 2100 est celui d’une haine envers l’humanité. Il y avait déjà le célèbre « l’humanité va disparaître: bon débarras » d’Yves Paccalet. Il y a maintenant des gens qui « envisagent' », qui « souhaitent » cette disparition, accusant l’homme d’être responsable des dysfonctionnements de la planète: « La seule chose que je souhaite personnellement, c’est que l’humanité disparaisse rapidement » (lu dans un blog).
Quelle est la finalité de tels propos ? Quelle peut en être la justification « philosophique » ? Quel but est poursuivi en voulant placer la planète sous un statut de Parc Naturel dans lequel les espèces, hors l’homme, évolueraient selon leurs « libres » déterminismes ? Quel chaos en perspective ! Quel en est l’intérêt puisque personne ne sera là pour le voir ?
L’homme ne fait-il partie intégrante de la planète ? Et de tous les bio-systèmes ? Certes, il est le seul animal a avoir conquis l’ensemble de la terre (et un peu davantage !), le seul à utiliser (abusivement) ses ressources vivantes et ses ressources fossiles, le seul à dominer toutes les autres espèces. Mais l’homme est aussi l’humain, celui qui est seul à disposer de l’intelligence « au carré », à la « puissance 2 »: il sait qu’il sait ! Grâce et à cause de cette intelligence, il est actuellement le seul espoir de la planète.
Ce n’est sans doute pas pour demain, ni pour après-demain, l’humanité traversera bien des crises, mais son intelligence l’aidera à les surmonter, à les transcender .. ou à survivre.

Alors que les Dieux Noirs qui veulent « disparaître » le fassent. Mais qu’ils le fassent sans bruit. Et, en attendant, qu’ils se taisent.


En savoir davantage: Population Reference Bureau (http://www.prb.org/Publications/Datasheets/2012/world-population-data-sheet.aspx)

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Ecologie

L’Apocalypse selon Pascal Bruckner

Le 5 novembre, Le Monde avait consacré deux pleines pages à la dénonciation d’un supposé complot des industriels du DDT accusant les écologistes d’être à l’origine de la recrudescence du paludisme en Afrique parce que ce produit y était interdit. Ces deux pages faisaient référence au fait que Pascal Bruckner reprenait cette thèse dans son livre « Le fanatisme de l’Apocalypse: sauver la terre, punir l’homme ». Pour en trouver mention, il a fallu chercher. Jusqu’à la page 177/275, et dans un minuscule passage de …cinq lignes. Le livre précité ne saurait donc se résumer à cette polémique.

Cet essai reprend quasiment toutes les idées qui ont été exprimées ici dans ce blog au sujet des écologistes radicaux (et non pas des écologistes en général !). On y retrouve les commentaires de Latouche sur la décroissance dans les pays du Sud (Décroissance), le droit au développement (Le-droit-au-développement-vu-du-Nord-et-vu-du-Sud), la limitation des naissances, la relocalisation (Avant-Copenhague-les-écolos-(certains)-s-énervent-…), la critique, voire l’interdiction de la voiture individuelle(Niqab-automobile-et-société-social-écologiste), la relocalisation (Le-monde-de-Conrad-Schmidt), les raccourcis « démocratiques » de Dominique Bourg(Démocratie-écologique-ou-dictature-écologique), ou le discours de Michel Rocard (Les-messies-de-l-apocalypse), converti sur le tard à l’écologie radicale.
On y retrouve toutes les personnalités de ce mouvement, toutes citées à un moment ou à un autre dans les plis de ce blog: Yves Paccalet et son « L’humanité disparaîtra; bon débarras ! », Serge Latouche, Yves Cochet, Hervé Kempf, Al Gore, Dominique Bourg et Kerry Whiteside, Jean-Pierre Dupuy, Michel Rocard, Pierre Rabhi, d’autres encore, largement regroupés autour des thèses des philosophes Hans Jonas et Ivan Illich. C’est dire que ce petit livre aurait pu rencontrer notre adhésion, voire notre enthousiasme. Et pourtant, ce n’est pas le cas.

(DR)

Ce n’est pas le cas, parce que la démonstration n’est pas crédible, entachée d’ironie acerbe et de critiques parfois « limites » et contradictoires. Notre conviction est faite qu’il existe un courant écologique qui prône une décroissance de nos sociétés, au motif de la finitude de notre planète et de ses ressources. Nous avons aussi démontré que ce courant ne se caractérisait pas par son sens inné de la démocratie; les propositions élitistes de Dominique Bourg en sont un exemple frappant. Nous avons également posé la question lancinante du développement des pays émergents, et plus singulièrement celui de l’Afrique. A ce jour, les propositions vont du « détachement » de ces pays de l’ensemble mondial afin qu’ils ne suivent pas la même courbe de développement (Latouche) à l’acceptation pure et simple d’une situation de déni de justice; « l’Afrique peut enseigner à l’Occident comment s’accommoder de la frugalité » (Kempf), en passant par la mise en place de programmes autoritaires de limitation des naissances. Ce courant existe bel et bien: il est anti-humaniste, il est anti-démocratique, il est sectaire parce que défendant une pseudo religion de la terre-mère, il est égoïste parce qu’essentiellement occidental, il est malthusianiste parce que voulant imposer une limitation arbitraire des naissances dans les pays en développement, bref, il est dangereux. Il n’est pas, à lui seul, l’écologie. Le dénoncer est nécessaire. Mais le dénoncer n’est pas dénoncer l’écologie.

Alors à quoi sert-il d’enjoliver son propos avec des accusations d’antisémitisme à l’attention de José Bové ? A quoi sert-il d’accuser les radicaux de l’écologie d’être des pétainistes, alors qu’ils sont les premiers à dénoncer tous les écolos-sceptiques comme étant des « fascistes gris » ?, à quoi sert-il d’ironiser sur les tenants de l’amour des animaux et de la chute des séparations entre espèces ? Il y a bien assez à dire dès à présent, dans le cadre d’un débat démocratique et de société, pour ne pas encombrer le discours de scories et de commentaires agressifs quand ils se veulent humoristiques.
L’histoire des tenants de l’Apocalypse moderne reste à écrire.

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Développement solidaire

De retour du cœur de l’Afrique

C’est au cœur de l’Afrique, parce que c’est au Tchad et que le Tchad est au centre de ce continent. C’est au cœur de l’Afrique parce que c’est au centre du Tchad, dans la province du Guéra, dans la ville de Mongo. Et c’est au cœur de l’Afrique parce que nous vivons ici la vie africaine dans son sens le plus traditionnel du terme.

Depuis N’Djamena, il nous faut parcourir plusieurs centaines de kilomètres, tout d’abord d’une bonne route à deux voies (et à péage !), ensuite d’une piste rouge. Cette piste est en voie de transformation pour devenir une route goudronnée et rejoindre l’est du pays. Une partie du marché a été allouée à la Société Egyptienne Arab Contractors, l’autre partie est concédée aux Chinois. Lesquels chinois sont également présents dans l’exploitation d’une grande raffinerie aux portes de la capitale.

Tchad – Troupeaux sur la piste

Ce long trajet se parcourt dans une immense plaine d’altitude comprise entre 300 et 450 mètres. Il faut atteindre Ngoura pour découvrir les premiers reliefs sous forme d’immenses tas de roches dorées, énormes et pansues, un peu comme si un titan avait ramassé tous les cailloux de la plaine pour en faire des tas et permettre l’agriculture. En fait d’agriculture, elle est rare, parfois des champs de sorgho, mais l’élevage s’y montre intensif. La plaine est parcourue quotidiennement par des milliers et des milliers de têtes de bétail, des bœufs, des zébus, des troupeaux de veaux, des moutons, des chèvres, des chameaux … Tout ce peuple, guidé par quelques hommes parfois à cheval, traverse le pays et se dirige vers la capitale et vers le Nigeria, commerce de la viande oblige. Lorsque se présente un marigot, une mare d’eau subsistant après la saison des pluies, les animaux se regroupent pour s’abreuver. La végétation est celle d’une savane avec des arbustes courts, épineux ou gras. Abtouyour est un spectaculaire piton rocheux, lisse comme le plat de la main et, paraît-il, impossible à escalader. Une source y naitrait au sommet occupé par des oiseaux de proie et recouvert de fiente blanche discernable d’en bas. Ce rocher a un caractère sacré dans la région.

Tchad-Abtouyour

Les villages sont nombreux, parfois au bord de la piste, parfois un peu à l’écart. A quelques kilomètres de Bokoro, il en est un très beau, parfaitement circulaire, constitué de cases totalement végétales, murs et toits. Parfois, sur le bord de la route, des hommes coupent de longues tiges de graminées séchées qu’ils utiliseront pour la réfection de leur toit. Sur cette même route, quelques très jeunes filles tendent une banderole en travers, faite de foulards colorés mis bout à bout. Elles cherchent à arrêter les automobiles pour solliciter un peu d’argent à l’occasion du mariage de l’ainée qui doit avoir 15 ou 16 ans.

Enfin, Mongo, la dixième ville du pays, environ 30000 habitants. Nous y arrivons de nuit, la ville est plongée dans l’obscurité, seuls de rares lampadaires éclairent les abords de bâtiments publics, l’hôpital, la gendarmerie, … Mongo dispose d’un lycée et d’un établissement universitaire, un Institut Polytechnique, depuis une dizaine d’années. Un nouveau marché attend son inauguration, le recours aux panneaux photovoltaïques pour l’éclairage est généreux. L’hôpital, quant à lui, respire la misère et la pauvreté. Les lits, en nombre insuffisant, sont obsolètes et rouillés, le laboratoire n’a plus d’appareil automatique pour faire de l’hématologie, les incinérateurs à déchets ne sont plus opérationnels. A la gendarmerie elle-même les choses ne sont pas mieux, de nombreux véhicules 4 X 4 attendent des réparations improbables en étant posés sur des caisses ou des cailloux de façon à ne pas laisser cuire les pneus au soleil.

Tchad-Mongo-Le nouveau marché

Mongo vit du commerce, Mongo vit de l’artisanat (pas celui des touristes !), Mongo vit de l’élevage. En ce moment Mongo récolte son mil et le bat de façon traditionnelle. C’est également le temps de l’arrachage des cacahuètes dont les ruminants mangent les fanes avec plaisir. Mongo n’a pratiquement pas d’électricité, sauf appel aux groupes électrogènes. L’essence et le gasoil s’y vendent à la bouteille ou au jerrycan sur le bord de la route, tout simplement parce qu’aucune source d’électricité ne peut alimenter des pompes. Le coût de la vie est élevé à Mongo, car les ONG y sont nombreuses, entre autres le PAM. Et actuellement la Croix-Rouge …

Le choléra rode autour de Mongo, de Bitkine et des villages avoisinants, comme il rode dans tout le Tchad, au Mali, au Cameroun, au Nigéria, au Niger ou ailleurs en Afrique Centrale et de l’Ouest. L’épidémie, au Tchad, marque le pas en ce moment, mais un rien peut la réveiller. Le choléra est une maladie de la pauvreté, une maladie due à l’absence d’eau propre et comestible, une maladie due à l’absence de latrines et de traitement des eaux usées, une maladie due à l’absence d’hygiène. Et c’est pour établir un Centre de Traitement du Choléra que la Croix-Rouge Tchadienne, la Croix-Rouge Française, la Croix-Rouge Canadienne se sont installées à Mongo. Cette maladie, et surtout les causes de son développement, résument mieux que n’importe quel discours le retard incommensurable de l’Afrique par rapport au reste du monde. Si le discours au droit à l’eau à un sens, celui de la gratuité de l’eau que l’on entend parfois n’en a aucun. Voici un petit village, Sarah Arab, et son puits de fabrication belge installé depuis quelques temps déjà. Il distribue une eau assez claire, mais qui contrôle régulièrement la qualité de cette eau ? Et qui finance ce contrôle ? Le débit de ce puits paraît hésitant, il se peut que des clapets ou des joints aient perdu leur étanchéité. Qui assurera la révision de cette pompe ? Et qui le financera ? Apporter de l’eau à un village, c’est une énorme responsabilité. Cela s’accompagne toujours de l’incitation à ne plus utiliser l’eau du marigot voisin. Encore faut-il pouvoir garantir la potabilité de l’eau que l’on préconise. Il n’est pas interdit de considérer que l’eau peut être gratuite, comme un don du ciel, mais il n’est pas possible d’envisager la gratuité du service de l’eau.
Le choléra s’attrape et se transmet de façon dramatiquement banale. Ici, c’est une mare qui est contaminée, et pourtant, seul point d’eau, longtemps les femmes y ont poursuivi leurs prélèvements pour la cuisine ou sont venues y laver leur linge, à coté des animaux qui s’hydrataient. Ici, c’est un homme qui en est décédé. La famille s’est retrouvée pour le lavage rituel de son corps avant inhumation et a été contaminée. Là, c’est une femme qui est morte; les voisines sont venues pour présenter leurs condoléances et se lamenter. Elles sont reparties contaminées.

Tchad-Sarah Arab-Femme au puits

C’est le même chauffeur qui a fait le trajet aller et le trajet retour et cela a permis quelques échanges. « Hadj », puisqu’il a fait le pèlerinage de La Mecque, il raconte avoir épousé sa seconde femme alors qu’elle n’avait pas quatorze ans. Elle lui a donné neuf enfants, dont trois sont décédés en bas âge. Rien ne prouve que les six autres atteindront l’âge adulte. Le taux de natalité est de 41 pour mille (13 pour mille en France), mais le taux de mortalité est de 16 pour mille (9 pour mille en France). L’espérance de vie, au Tchad, ne dépasse pas cinquante ans. Alors, il faut bien faire des enfants pour assurer sa descendance et entourer les anciens quand ils ne pourront plus travailler.

Comme ceux qui affirment froidement que l’électricité en Afrique n’est pas un droit, il en est qui rêvent d’une décroissance en Occident et d’un maintien de l’Afrique dans son état actuel. Elle serait le symbole d’une vie simple, frugale, économe en énergie, faite de partage et de solidarité … Actuellement, ce que l’on découvre est bien davantage le symbole du sous-développement, de la misère, de la pauvreté, de la maladie, de la souffrance, de la vie écourtée …

Pour en savoir davantage:

  • la page de la Croix-Rouge à Mongo (http://www.croix-rouge.fr/Actualite/Montage-d-un-centre-de-traitement-de-cholera-1377),
  • la page du Tchad au Ministère des Affaires Etrangères (http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/tchad_357/presentation-du-tchad_1299/presentation_4071.html) (pas à jour !).
  • le blog d’une coopérante qui a vécu deux ans à Bitkine (http://christelle-tchad.over-blog.com/).
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Primaires, croissance et petites voitures

Nous voici au bout de la dernière ligne droite et dans quelques heures sera connu le nom de celle ou de celui qui défendra les couleurs de la gauche socialiste aux prochaines présidentielles.
Nous n’allons pas gâcher notre plaisir. Ces primaires ont été une excellente occasion de parler de « politique » dans notre pays, ce qui n’est pas si fréquent que ça. Habituellement, on y parle bien davantage de scandales, de coups bas ou de valises de billets, ce qui n’est pas vraiment de la « politique ».
Ces primaires porteront également, si les électeurs se déplacent massivement, le renouveau, venu de l’extérieur, du parti socialiste, un parti où les éléphants et les militants devront faire preuve de modestie et d’ouverture, l’exact contraire d’un parti sénatorial.

A vrai dire, ces primaires ont été tellement passionnantes que la droite rêve d’en faire autant, ne serait-ce que pour retrouver quelques micros et quelques caméras. Fillon nous dit qu’il n’en est pas question avant 2012 puisque le président sortant est candidat. Cela n’est pas exact. Le président sortant n’est pas candidat et ne le sera, peut-être, qu’en février. Et il y a dans cette déclaration un manque certain de courage. Imaginons des primaires à droite. Soit Sarkozy est désigné comme le candidat et, en ce cas, il est suffisamment légitimé pour qu’il n’y ait aucune ambigüité à le voir solliciter un second mandat. Ses challengers n’auraient que la possibilité honorable de se retirer. Soit il n’est pas désigné et cela signifie a) que ses troupes se divisent et partent en débandade, b) qu’un(e) autre que lui fait mieux l’affaire, c) que les électeurs ne voteraient pas davantage pour lui. Dans ce cas, il est sans doute plus profitable de le savoir en février que d’attendre une sanction en mai.

Candidats aux Primaires de la gauche (DR)

Revenons à nos primaires et aux candidats socialistes. Bien évidemment, il leur a manqué du temps nécessaire pour aborder l’agriculture, la politique étrangère, … tous sujets qui se sont résumés à des phrases choc ou des expressions iconiques.
Il est cependant trois secteurs de l’actualité qui ont été totalement ignorés, et ceci par tous les candidats.

Il s’agit tout d’abord de l’Europe et de la nécessaire évolution vers davantage de fédéralisme. Seul Baylet a ici rappelé ses convictions. Il s’agit ensuite de la coopération avec les pays en développement (la citation à deux reprises du discours de Dakar par Martine Aubry ne tient pas lieu de politique !), du dialogue nord-sud, de la place de la France en Méditerranée, dans le Maghreb, au Proche-Orient et ailleurs dans le monde. Alors que les « printemps arabes » ne débouchent toujours pas sur davantage de liberté, d’indépendance et d’initiative, alors que les élections à venir sont lourdes de risques quant à la confiscation des espoirs, personne n’en a parlé. Tout comme personne n’a simplement posé la question du « Que fait-on en Afghanistan ? ». Pour des candidats à la présidentielle qui savent que la politique étrangère relève d’un pré-carré régalien, il y a là un singulier décalage. Ils sont restés bien franco-français !

L’autre secteur ignoré est celui du choix de développement pour notre pays et, au-delà, pour l’Europe et le reste du monde. Croissance ou décroissance ? La question ne se pose même pas ! Le salut est dans la croissance ! Quant à savoir quel type de croissance, cela n’interpelle aucun candidat potentiel. Si l’on envisage, peut-être, à l’horizon 2050, une possible raréfaction du pétrole, alors Ségolène Royal a une réponse toute trouvée: la voiture électrique dont SA région s’est faite la championne. Singulière pauvreté de raisonnement.

Tout d’abord, parce que le pétrole ne sert pas uniquement à fabriquer l’essence et le gazole de nos véhicules, le fioul lourd de nos bateaux ou le kérosène de nos avions. Certes, cela représente 60% du pétrole pompé. Mais les 40% restant servent à fabriquer les plastiques omniprésents, les matériaux de construction (isolation) et une vaste catégorie de produits chimiques (médicaments, engrais, alcools, huiles, cires, solvants, détergents, bitume, …). Dans ces 40% on trouve encore le pétrole utilisé pour faire tourner les industries majeures (acier, verre, …), les centrales électriques, le chauffage industriel, collectif et domestique, …

Alors, remplacer tous nos véhicules à moteur thermique par des véhicules électriques implique toujours une énorme consommation de pétrole: pour fabriquer ces nouveaux véhicules, qu’ils soient en acier ou en plastique, pour fabriquer les batteries, pour fabriquer l’énergie de ces batteries, …
Certes, au cœur des villes, à l’échelle des micro-transports, la solution de la voiture électrique est à prendre en considération. Mais dans l’ensemble de la société ? Combien de voitures dans le monde ? Un milliard, un milliard trois cent millions selon le compteur de Carfree (http://antivoitures.free.fr/). Dont 60 millions de plus rien qu’en 2011.
Il faut savoir que ce gros milliard de véhicules est essentiellement distribué en Occident: 815 véhicules pour 1000 habitants aux USA, 690 en Italie, 610 en Espagne, 600 en France et au Japon, 570 en Grande-Bretagne, 550 en Allemagne, 245 en Russie, mais seulement 150 au Brésil, 42 en Chine et 18 en Inde.

Les constructeurs redoutent la crise qui fait baisser leurs ventes … en Occident. Mais ils rêvent tous des ventes qui augmentent dans les pays en développement. Prenons l’exemple des BRIC: ces augmentations sont de 6% en Chine, 7,5% au Brésil, 15% en Inde, 56% en Russie, rien que pour l’année qui vient de s’écouler entre août 2010 et août 2011.

Faisons le même rêve que les constructeurs. La société de croissance poursuit son développement dans ces nouveaux pays avec les mêmes critères que ceux qui prévalent actuellement en Occident. Soyons réalistes et retenons le modèle français, soit 600 véhicules pour 1000 habitants (6 véhicules pour 10 personnes, parents, enfants et grand-parents compris !)

Le Brésil (194 millions d’habitants) dispose déjà de 150 véhicules pour 1000 habitants. Il lui faut en acquérir 600-150 = 450, soit 87 millions de véhicules (à population constante).

La Russie (142 millions d’habitants). C’est 50 millions de véhicules qu’elle doit acquérir pour passer de 245 à 600 véhicules pour 1000 habitants.

L’Inde (1 155 millions d’habitants). Même s’ils sont du type de la Nano Tata (Tata-Nano), ce sont … 672 millions de véhicules qui sont nécessaires pour atteindre le même taux de pénétration du véhicule individuel.

Enfin la Chine. Avec son milliard 330 millions d’habitants et son taux de 42 véhicules pour mille habitants, il lui faut s’équiper de … 838 millions de véhicules.

Soit, à population constante et pour ces seuls 4 pays des BRIC une mise en circulation sur  »x » années de 1 milliard 650 millions de véhicules, davantage que ce qu’il y a actuellement sur la planète.

Ce n’est plus un rêve, c’est un cauchemar. Alors, on entend dire « Il ne faut pas que ces pays choisissent ce mode de développement et de croissance ! ». Qui leur dit ça ? Qui leur en donne l’exemple ? Qui leur montre un contre-exemple ?Qui leur parle de transports collectifs ?Qui leur propose de rééquilibrer logement et travail ? (sans compter qu’il y a là des réponses à nos questions sur les banlieues !).

Oui, même passionnantes, ces primaires nous laissent sur notre faim et d’autres débats doivent encore avoir lieu. Notre conviction quant à la décroissance est bien connue, cela n’interdit pas de s’intéresser à ce qu’en dit le « candidat de la décroissance », Clément Wittmann (http://www.clementwittmann2012.fr/) !! Une façon de rééquilibrer les manques du discours socialiste …

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Pétrole

Collapse

Les vidéos conspirationnistes, les vidéos « fin du monde », les vidéos qui développent les thèses du complot, tout cela n’a qu’un intérêt très limité. Et pourtant, l’Internet et la blogosphère en sont remplis, cela déborde.

« Collapse » n’est pas tout à fait de cet ordre. L’homme interviewé, Michaël Ruppert, se veut un « lanceur d’alertes ». A vrai dire, il n’a aucune compétence particulière pour aborder les questions dont il parle. Il était policier (LAPD), quelque peu espion et son principal fait de guerre est d’avoir dénoncé des trafics de drogue initiés par la CIA, sans doute pour compromettre des personnalités et des hommes politiques à éliminer.

Mais Michaël Ruppert s’est passionné pour UN sujet, celui du peak oil et de ses conséquences. Il nous affirme que la production pétrolière est à son sommet et qu’elle ne fera que baisser et que RIEN ne viendra la remplacer avec la même efficacité et les mêmes capacités, même pas le soleil et le vent. Et que s’il y a complot, c’est que nos gouvernants le savent tous et que leur unique volonté est de le cacher à leurs populations. Car, la fin du pétrole et l’impossibilité de le remplacer, c’est la fin de notre civilisation, l’effondrement (collapse).

Non seulement, nous ne mettrons plus d’essence dans nos voitures, mais nous ne pourrons plus fabriquer de voitures, ni d’engrais, ni de peintures, ni de vernis, ni de matériaux de construction, ni de … brosses à dents !

Nous sommes entrés dans la période d’effondrement de notre civilisation et les tensions financières, les émeutes, les révoltes en sont les prémices et la preuve.

Michaël Ruppert parle avec sérieux, avec émotion parfois (feinte ?) et son message n’en paraît que plus crédible. L’effondrement de notre société se traduit par plusieurs périodes. tout d’abord, l’incrédulité, le déni, « ce n’est pas vrai », puis la colère destructrice, la violence et la révolte, comme en Grèce ou en Angleterre, mais partout dans le monde et sans doute dans les pays arabes, nous dirait Ruppert si ce texte ne datait pas de 2009.

Ensuite, le marchandage, « j’aurais peut-être pu faire autrement », « et si j’essayais ça ? ». Viennent ensuite, la dépression et l‘acceptation, et ce n’est qu’à ce moment-là que l’on trouve la force de remonter.

Là où Ruppert se distingue de beaucoup d’autres prophètes, c’est qu’il n’aborde aucunement la notion de réchauffement climatique. Le seul moteur de notre humanité est l’énergie. Au fur et à mesure que celle-ci croissait, les masses monétaires en jeu ont augmenté et la population s’est mise à croître. LA courbe est unique des finances mondiales, de la démographie et de la production pétrolière. Lorsque la production d’énergie diminuera, et cela est inévitable, toutes les courbes s’effondreront.

Alors, que faire ?

– acheter de l’or en barre et détruire ses cartes de crédit,
– isoler sa maison,
– se débarrasser de tous les produits chimiques,
– se satisfaire d’une seule ligne de téléphone fixe,
– acheter des livres sur la médecine naturelle,
– acheter des semences (des vraies qui font des graines qui germent à leur tour),
– et cultiver son jardin.
Bref, autosubvenir à ses besoins et penser « local » exclusivement.

Alors, à chacun d’en juger. Cela rejoint l’attitude de C. Schmidt et ne répond pas davantage aux interrogations que pose son attitude.

Dans un cas comme dans l’autre, la réaction est strictement individuelle, en attendant la phase d’acceptation qui permettra peut-être de trouver des idées pour reconstruire une civilisation !

Et puis, confier ses économies à de l’or en barre, à combien d’Africains, à combien d’Indiens ou de Chinois cela est-il possible ? L’effondrement que l’on nous promet avec tant d’insistance et de capacité de persuasion, nous entraîne vers un monde bien peu solidaire. Un monde où chaque pays, chaque petite région, chaque petite collectivité, chaque famille devra défendre le peu de ses biens et ses terres pour manger.
La fin des guerres n’est pas pour demain.

Alors « Collapse », il faut le regarder. Cela dure 80 minutes (en deux parties) ! Il ne faut pas le regarder si vous avez 80 minutes à perdre. Non, il faut le regarder en lui consacrant 80 minutes de votre temps. Afin de savoir ce qui nous attend …. ou afin de savoir ce qu’il faudrait faire pour que cela n’advienne pas …

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Ecologie

Péril climatique et développement

La reprise économique devait bien finir par arriver et, avec elle, la remontée des perturbations de l’environnement. L’AIE a publié le 30 mai un document soulignant que les émissions de CO2 induites par les consommations d’énergies fossiles ont atteint en 2010 le niveau record de 30,6 gigatonnes, soit 5% de plus qu’en 2008.
Bien entendu, aussitôt, les experts et les diplomates s’affrontent pour évaluer les conséquences de ce « record ». Les premiers considèrent que la limitation de la hausse des températures moyennes dans le monde à 2°C est une cause de plus en plus difficile à défendre. En effet, il faudrait d’ores et déjà que la production de CO2 diminue, au lieu d’augmenter, ou, à tout le moins, qu’elle n’augmente que d’une infime proportion (0,3-0,5%) chaque année et pendant plusieurs décennies.


Quant aux diplomates, chargés de défendre les intérêts de leurs pays respectifs, les voilà s’affrontant sur la responsabilité et les devoirs des uns et des autres.
Les « uns » étant les pays développés qui sont sommés de faire des efforts et de montrer la voie, au motif de leur « responsabilité historique ». Ils ont été, en effet, les premiers et sont toujours de grands consommateurs d’énergies fossiles afin d’assurer leur expansion économique ou simplement garantir le niveau acquis de celle-ci.
En face d’eux, les « autres » sont les pays en développement, et notamment la Chine et l’Inde qui sont à l’origine de 75% de l’augmentation des émissions, selon l’AIE. Ces pays sont donc fermement invités à faire, eux aussi, des efforts en vue de la réduction de leurs émissions. Ils ont cependant tendance à se défausser quelque peu de cette responsabilité en arguant de l’immobilité des pays développés.

Ils sont également soutenus dans cette attitude par quelques groupements écologiques (RAC: Réseau Action Climat) qui défendent l’idée que « les pays riches délocalisent leurs productions vers les pays du sud, et donc délocalisent leurs émissions ». Cela n’est pas totalement faux. Cependant, cette position risque d’entraîner une grave erreur d’analyse sur le court terme.
Les pays en développement ne sont plus, et la Chine en particulier, l' »atelier du monde ». Ces pays se développent désormais pour eux-mêmes: fer, acier, ciment, pâte à papier, engrais, automobiles, logements, trains, … font partie des plans de croissance. L’urbanisation avance à pas forcés.

Prenons l’exemple d’un pays dont on parle peu sous l’angle économique (mais davantage à propos de son éventuelle adhésion à l’Europe): la Turquie. Est-ce un pays développé ? Pas encore ! Est-ce un pays émergent ? Déjà plus !
Le 12 juin prochain auront lieu les élections législatives et le pays est traversé de caravanes sonores et animé de meetings colorés. Le parti AKP du premier ministre Recep Tayyip Erdogan est bien parti pour remporter ces élections … et les suivantes ! Il y croit puisqu’il articule sa campagne autour de l’année … 2023, l’année du 100° anniversaire de la proclamation de la République.
Les slogans dressent un bilan des années 2002 à 2010. Ce bilan est un édifiant témoignage du développement exponentiel du pays. La production de CO2 n’est pas mesurée ! Mais la Turquie pouvait-elle, avait-elle le droit de faire autrement ?

  • Le budget de la santé est passé de 3,91 milliards de lires turques en 2002 à 13,4 milliards en 2010 (+242% !)
  • Le budget de l’éducation est passé de 7,5 milliards à 28,5 milliards (+280% !)
  • Le budget de l’enseignement professionnel de 2 millions de lires turques à 270 millions.
  • Les salles de classe sont passées de 100 élèves à 20 élèves.
  • Les unités de soins intensifs de 869 à 8100.
  • Les constructions de logements de 43145 entre 1983 et 2002 à 458758 entre 2003 et 2010.

Au-delà d’un bilan et de slogans électoraux, le fait est là, la Turquie est entrée dans le concert des pays développés et des pays émetteurs de CO2 !
Le quotidien « La Croix » de ce jour parle assez bien des « tigres anatoliens » (http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/Les-tigres-anatoliens-tirent-la-croissance-turque-EP-2011-06-05-621869) qui portent cette expansion.


Ce développement sera celui que prendront tous les pays émergents, aujourd’hui en Asie et en Amérique Latine, demain en Afrique.
Il devient donc urgent de trouver une autre forme de développement et de cesser d’invoquer une impossible, une impensable décroissance. Les pays neufs n’ont aucun désir de décroître, ils ont l’ambition d’apporter à leurs peuples les « bienfaits » que nous avons connus depuis près d’un siècle, à défaut de quoi ces peuples émigreront ailleurs.

Il devient donc urgent de proposer des alternatives énergétiques plus conséquentes que les éoliennes ou les panneaux photovoltaïques, surtout si ceux-ci doivent être accompagnés de multiples bassins de stockage à plusieurs niveaux pour transformer une énergie volatile en énergie disponible.

Utopie ? que la mise en réseau mondial de la production, de la distribution et de la consommation d’énergie propre ? Car il existe toujours un lieu pour produire l’énergie capable d’alimenter le lieu qui en a besoin. L’information, le trafic aérien, la marché sont bien construits en réseaux mondiaux: pourquoi pas l’énergie propre ?

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Ecologie

Living Planet Report

Le WWF vient de publier un rapport sur l’état de la planète et surtout sur la “consommation” que nous faisons de celle-ci: le Living Planet Report (http://wwf.panda.org/about_our_earth/all_publications/living_planet_report/). Ce rapport est réalisé depuis 2000, et tous les deux ans, en collaboration avec Global Footprint Network (http://www.footprintnetwork.org/en/index.php/GFN/blog/2010/10/). Le rapport 2010 est né de la compilation de données acquises en 2007.

Les données principales de ce rapport (que vous aurez cœur d’aller lire sur les sites de l’un ou l’autre des rédacteurs) met en évidence une “surconsommation” des richesses naturelles de la terre par l’ensemble du monde en développement, c’est à dire non seulement les Etats-Unis et l’Europe, mais aussi certains pays en développement ou émergents.

C’est ainsi que les 31 pays de l’OCDE sont à l’origine de 37 % de l’empreinte globale de l’humanité sur la planète terre, que les seuls pays des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) y contribuent pour près de 30 % alors que les 63 membres de l’Association des Pays d’Asie du Sud-Est et de l’Union Africaine n’émargent que pour 12 %.

Mais allez donc vous “amuser” avec les tableaux interactifs qui permettent de juger de la production de carbone, des capacités forestières, de la pêche ou des superficies de terres agricoles ou de terres construites. A l’arrivée, les “gagnants” sont (toutes données cumulées):

  • les Emirats Arabes Unis, avec une “consommation” moyenne par habitant de 10,7 “hectares” de notre terre.
  • le Qatar, le Danemark (8,3), la Belgique (8), les USA (8), l’Estonie, le Canada (7), l’Australie, Koweït.
  • La France, précédée par l’Allemagne et suivie par l’Italie, atteint 5 “hectares” par habitant.

La “consommation” de ressources planétaires qui est requise pour un développement durable est d’environ 2 “hectares”. Au total, la population planétaire consomme une fois et demi ce que la terre est à même de lui fournir en matières de ressources naturelles et de capacité à régénérer les déchets carbonés. Le précédent rapport faisait état de 1,4 terre. Une projection vers 2050 montre que nous “consommerions” 2,8 terres chaque année … s’il en reste encore !!

Cette hyperconsommation des ressources de notre terre s’accompagne d’une dégradation environnementale, déjà engagée depuis plusieurs décennies dans les pays développés, et en croissance nette dans les pays en développement. Ceux-ci rejoignent les pays développés en matière de destruction des espèces (mammifères, oiseaux, poissons, reptiles, …)

Ce rapport souligne à très juste titre la tenaille ou le cercle vicieux dans lequel se trouvent piégés ces pays: la dégradation des écosystèmes affecte et affectera le futur de la santé, du bien-être et du devenir de ces pays qui sont les plus pauvres et les plus vulnérables. Or, ce sont eux qui ont aujourd’hui le plus besoin d’eau pure, de terres, de nourriture correcte, de carburants, d’énergie et de matières premières …, s’ils veulent mettre un terme à la pauvreté.

WWF, fidèle à sa doctrine, nous invite à dresser notre propre empreinte écologique et à nous engager à la réduire par des actions à la maison, en voyage, au bureau, à l’école, pour les achats, la nourriture, les jeux, .. C’est un début. Il n’est pas certain que cela suffise et nos sociétés se doivent de réfléchir vite et bien pour proposer des alternatives à la voiture en ville, à la consommation sans fin d’énergie électrique, à la réduction drastique des déchets à la source, etc ..

Il en est d’autres qui veulent employer des moyens de pression plus radicaux et qui n’hésitent pas à le dire et à le filmer (Grande Bretagne – Campagne 10/10/10).

Cette “création” a été [retirée de la diffusion (http://www.1010global.org/uk/2010/10/statement-1010-uk-director), à la suite de réactions très défavorables, parce qu’elle était une “erreur” (mistake). Il s’agit bien davantage d’une FAUTE et surtout de la preuve, s’il en fallait encore une, du caractère idéologique et totalitaire de CERTAINS écologistes. En être arrivé à cette idée tordue, au point de “suggérer” la destruction physique et violente des récalcitrants à la lutte environnementale et à la réduction volontaire de ses productions de CO2 témoigne d’une perte totale de tous les repères démocratiques.

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Ecologie

Publicités « vertes »

En de nombreuses occasions, sur ces pages, il a été souligné le fait que les idées de décroissance s’accompagnaient souvent d’une notion de “relocalisation”, notamment alimentaire. Le but étant de ne consommer que (ou presque ..) des produits originaires de la proche région, d’aucuns citant des cercles de 100 ou 180 km.

L’une des critiques est celle qui concerne l’avenir des productions fruitières et légumières de notre propre pays, mais hors métropole. C’est le cas de la banane, entre autres, produite en Martinique, en Guadeloupe, … Il n’est pas acceptable qu’au motif de “décroissance” des régions entières soient stigmatisées ou simplement ignorées.

Banane durable (DR)

Les organisations agricoles et territoriales chargées de la production et de l’exploitation de la banane lancent donc une vaste campagne sur le thème de la “banane durable”. Il ne s’agit pas à proprement parler d’une nouveauté puisque cette campagne est l’une des étapes d’un plan signé en décembre 2008, sous l’égide de Michel Barnier, Ministre de l’Agriculture. Ce plan avait, et a toujours, pour objectifs de produire des fruits avec moins de pesticides et un plus grand respect de l’environnement.

On le sait, la culture de la banane est accusée d’une hyper-utilisation de pesticides depuis de nombreuses années, en particulier de chlordécone (http://www.observatoire-pesticides.gouv.fr/index.php?pageid=579), (un voisin du DDT) interdit depuis 1998. Or, ce produit n’est en rien biodégradable et les sols ou les cours d’eau en sont dangereusement contaminés. Les risques sont avérés (Inserm) et s’appellent cancer de la prostate ou malformations congénitales.

Moins de deux ans après la signature du plan “Banane durable”, et face à l’engagement des producteurs à produire “conformément à la législation sociale et environnementale de la métropole”, on aimerait savoir ce qui a été fait pour décontaminer les sols et qui assure en toute indépendance le contrôle de l’application de cette charte pleine de bonne volonté.

Autre publicité “verte”: celle du Groupe californien Tesla, grand spécialiste de l’automobile électrique. On comprend certes bien que si l’on veut vendre des véhicules électriques, il faut “toucher” le client là où l’automobile le fait rêver: le sport, la vitesse, le luxe, … mais, justement, ne serait-il pas temps de changer de logique et de parler davantage d’efficacité dans la simplicité, la sécurité, la légèreté, la durabilité, la possibilité de recyclage après usage, etc… etc …?

Tesla présente ainsi un roadster de 288 ch. qui peut atteindre la vitesse de 240 km/h, une vitesse que, même en Californie, on ne peut atteindre que sur circuit spécialisé. Electrique, ce véhicule a une autonomie de … 340 kilomètres. A petite vitesse et pour frimer sur les boulevards de Venice, il est possible d’imaginer que la recharge de la voiture ne s’imposera que … une fois par semaine, disons.

Mais, sur circuit, après avoir roulé MOINS D’UNE HEURE TRENTE, il vous faudra aller à la borne !! Et comme l’électricité américaine n’est pas très propre en CO2 émis, ce n’est certainement pas un bon choix écologique que vous aurez fait en achetant ce véhicule.

Bref, une publicité qui a le goût et la couleur de l’écologie et de l’économie d’énergie, mais qui n’en a aucune consistance. Des idées au goût du jour, pour une idéologie de la voiture qui date d’hier.

Il convient quand même de reconnaître à Tesla la volonté de créer des véhicules électriques plus “généralistes” telle cette berline prévue pour 2011.

Berline Tesla Model S (DR)
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Ecologie

La décroissance ne s’applique pas qu’aux pays de l’OCDE

Dans son supplément magazine du 17 juillet, Le Monde publie un court dossier consacré, sous la rubrique “La tendance”, aux décroissants. A vrai dire, en février 2009, l’émission “Envoyé Spécial » (Envoyé-Spécial-chez-les-décroissants) avait déjà abordé ce sujet et le changement de média tout comme le changement de support n’ont pas modifié grand chose à la superficialité de l’approche. Aujourd’hui comme hier, on nous fait la description d’individus qui sont convaincus de faire changer les choses parce qu’ils ont, à titre personnel et strictement individuel, décidé de changer de style de vie. Tout comme Conrad Schmidt (Le-monde-de-Conrad-Schmidt), leur réflexion s’arrête à la porte de leur foyer, dès lors qu’ont été supprimés la viande, les automobiles et l’avion. Seul reste l’internet, ce nouveau média censé permettre une connaissance satisfaisante du monde et autorisant surtout une prise de parole largement démultipliée.

On pourrait noter, pour s’en amuser, une forte tendance de ces décroissants à vouloir vivre au chaud et au soleil: Marseille, Forcalquier, la Drôme, l’Ardèche, l’Ariège, … mais la chose n’est pas nouvelle puisque les décroissants de 68 avaient déjà choisi le Larzac. Plus gravement on notera à nouveau l’absence totale de référence à ce que leur comportement peut apporter au reste du monde, celui qui est en développement (comme on dit pudiquement), celui qui a faim et soif, celui qui veut accéder aux richesses que notre Occident étale et que certains dénoncent. Que l’on se rassure, Yves Cochet nous explique que « la décroissance ne s’applique qu’aux pays de l’OCDE » mais que les pays en développement doivent savoir qu’ils n’atteindront jamais le niveau de vie occidental. Mais quelle croissance doivent-ils appliquer ? A quoi doivent-ils dès à présent renoncer en termes d’espoirs et d’objectifs ? Et qui, et comment, choisira le seuil de développement ? Par exemple, s’équiper en électricité doit-il s’accompagner du renoncement à la climatisation ? Développer les communications doit-il s’accompagner d’une forte restriction de l’usage de la voiture individuelle ?

En fait, le dossier dont il est question fait un peu l’amalgame entre deux tendances très distinctes des décroissants, et ne s’en cache pas. Mais ces deux tendances sont strictement incompatibles et il est cocasse de voir s’exprimer Yves Cochet, Serge Latouche ou Vincent Cheynet (tiens, il manque Paccalet !) à propos de ces adeptes de l’An 01. Eux sont plutôt partisans d’une révolution (Niqab-automobile-et-société-social-écologiste), non seulement culturelle, mais aussi matérielle, dont les attendus sont parfois fort peu démocratiques quoi qu’ils en disent à longueur de colonnes et de blogs.

Quant aux autres, on les retrouve malheureusement trop souvent porte-paroles d’une idéologie passéiste, du retour vers des années qui étaient meilleures, plus saines, plus conviviales, plus ceci ou plus cela. Ils oublient simplement de dire que ces année-là étaient également les années sans l’eau sur l’évier, sans l’électricité le soir à la maison et sans beaucoup d’espoir pour les enfants s’ils ne pouvaient aller à la ville pour étudier au-delà du certificat d’études.

Je reviens d’Italie, Région du Trentin-Haut-Adige, zone du massif de la Brenta (une merveille !). La promotion touristique de la région s’articule autour de la nature, des sports (rafting, escalade, randonnée, …), de l’art, de la culture, de la gastronomie et c’est très bien fait. Pour être dans l’air du temps, alors que d’autres maisons de l’environnement sont abandonnées par faute de crédits dans cette même région, il a été ouvert par le Parc Naturel Adamello Brenta (PNAB) une Maison de la Nature (http://www.pnab.it/vivere_il_parco/proposte_vacanza.html) qui s’est donné pour objectif de faire découvrir la nature, le ciel, les plantes utilisables en médecine douce, les vieilles recettes de cuisine, les randonnées avec un âne, la découverte des activités rurales traditionnelles (fenaison) ou la connaissance des animaux (bovins, ovins, poules, etc …) le tout pour plus de 400 € par personne et par semaine !

Dolomites de la Brenta

J’arrive à la maison pour découvrir dans le journal local qu’une association écologiste vient de réaliser le fauchage de 3400 m² avec deux percherons, dans le but de promouvoir le retour à une agriculture économe en énergie !

Tant que l’on en restera à l’une ou l’autre de ces deux expressions de l’écologie contemporaine, la “radicale” et la “passéiste”, il y a peu de chances que l’idée même de vivre autrement puisse trouver matière à se développer.