Catégories
Photographie

Ma photo de la semaine 39: carrelets

C’est pas forcément une photo de la semaine ! Mais c’est une photo dont je suis l’auteur et qui m’apporte un peu de satisfaction.

Là, il s’agit de carrelets en bordure d’océan à Saint Palais sur mer. Une image assez graphique, bien ordonnée …. du 14 septembre.

Carrelets à Saint-Palais sur Mer
Catégories
Immigration

Migrations Mali-France: le débat tourne à l’aigre

En début d’année, le Mali a refusé (ce n’était pas la première fois) de signer l' »Accord de gestion concertée des flux migratoires » que lui proposait la France. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts de Bamako comme sous ceux de Paris et il fort probable que les échanges et négociations se poursuivent.

D’un autre coté, le CIGEM (Centre d’Information et de Gestion des Migrants), organisme dirigé par le Ministère des Maliens de l’Extérieur et basé sur une politique de collaboration avec l’Europe dans le domaine des migrations, a récemment (12 juin) renforcé son action en signant un accord avec l’ANPE, le FAFPA, APEJ et les UFAE pour mettre en œuvre la « promotion de la migration légale de travail en faveur de l’emploi et de l’insertion professionnelle ».

Alors, l’Association des Maliens Expulsés (AME) prend peur. Lors de son 3° Forum des Journées Ouvertes sur l’Immigration (20 juin), cette Association et son Comité de soutien ont fait adopter par un petit public une “Déclaration de Bamako” qui recommande notamment la  »rupture d’avec la politique française de l’immigration dite “choisie” et “répressive”, voulue par le Président français et plusieurs pays européens ». Cette déclaration demande notamment que les ambassades maliennes mettent fin à la délivrance de laissez-passer qui favorise l’expulsion des maliens.

Avant cette réunion qui avait pour but, selon les organisateurs, de « monter la pression », un certain nombre de faits ou de discours étaient déjà symptomatiques d’un durcissement.

  • le 26 mars, l’Agence Temoust (agence de presse militante touarègue) annonçait que,  »selon ses sources », la France s’était donné pour objectif la reconduite volontaire ou forcée de … 2700 maliens en 2009 ! Pour information, il convient de savoir qu’aux dires même de l’AME, les reconduits étaient 479 entre le 01/01 et le 30/11/2007 et 351 entre le 01/01 et le 30/11/2008.
  • interpellation récente du Ministre des Maliens de l’Extérieur par un député d’opposition qui annonce le chiffre de 45 rapatriements forcés par mois en moyenne depuis le début de l’année, ce que le ministre conteste en parlant de 10 par mois (et de 21 par mois en 2008).
  • la presse d’opposition et la presse militante développent de plus en plus souvent des arguments simplistes à l’encontre de la France et parlent de “chasse aux immigrés”.
  • et très récemment, l’affaire des dix maliens dont Air France a refusé l’embarquement parce qu’ils n’étaient en possession que d’un récépissé de demande de titre de séjour, ce qui a entraîné une vive réaction du ministre des transports et une « interpellation » du responsable d’Air France, laquelle « interpellation » devenait dès le lendemain une « courtoise demande d’explications ».

Et en France ? En France, le débat est largement conduit par la CIMADE, ce qui explique un peu l’acharnement du Ministre de l’Immigration à ne pas vouloir la laisser seule sur le terrain. Elle s’attache avec excellence à son rôle de soutien, aide et compassion à tous ceux qui n’ont ni toit, ni travail et qui risquent l’expulsion. Mais a t-elle raison de refuser en bloc toute la politique européenne d’immigration en parlant de vision utilitariste et sécuritaire de l’immigration ? Ne peut-on distinguer fermement les deux volets et être intransigeant sur le volet humanitaire (centres de transit, liberté de circulation, droits élémentaires… ) afin d’être plus ouvert sur le volet “politique” ? Ne peut-on souhaiter un développement d’une immigration enrichissante pour l’un et pour l’autre, qu’elle soit professionnelle, scolaire, éducative ou familiale ? Pourquoi poser un a-priori selon lequel cette immigration ne saurait que favoriser la fuite des cerveaux ? Pourquoi affirmer (sans preuves convaincantes) que le développement d’un pays n’entraîne pas une diminution de ses migrants ? Pourquoi accuser les essais d’organisation et de facilitation des transferts financiers par les migrants, de tentatives de spoliation d’une manne alléchante ?

La Cimade a un discours humanitaire intéressant, elle prône ouvertement un monde sans frontières, mais fait-on une politique avec une espérance dont la réalisation n’est pas pour demain ?

Les migrants eux-mêmes affirment que « les gens ne quittent pas leur pays par plaisir, mais pour la plupart parce qu’ils y sont contraints pour vivre ou survivre ou faire survivre leurs proches ».

Alors que la crise fait déjà chuter dramatiquement les transferts de fonds vers les pays d’origine, alors que la crise entraîne la suppression des emplois par milliers, ne serait-il pas raisonnable d’aborder la question de l’immigration avec moins de parti pris mais plus de pédagogie et plus d’humanité de part et d’autre ?

Carte des routes d’émigration africaine vers l’Europe (C)Frankfurter Allgemeine Zeitung

Une petite biblio pour conclure, qui s’ajoute à des références déjà citées ici (Les-migrations-du-Mali-vers-la-France) :

Le rapport de la CIMADE: (http://medias.lemonde.fr/mmpub/edt/doc/20090619/1208739_f01e_edl.pdf)

Le pacte européen sur l’immigration: (http://www.eu2008.fr/webdav/site/PFUE/shared/import/1015_conseil_europeen/Pacte_europeen_sur_l_immigration_et_l_asile_FR.pdf)

L’intégration économique des migrants: (http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/064000739/0000.pdf)

Et puis un site avec un point de vue intéressant à propos du “discours” sur et autour de la question de l’immigration: l’Institut Panos: (http://www.panosparis.org/fr/migrations.php)

Catégories
Divers

20 000 visites en deux ans

20 000 visites en deux ans. C’est la fréquentation, à quelques dizaines près, de ce blog. Faut pas croire que c’est beaucoup ! Ça ne fait jamais que 27 visites par jour en moyenne ! Une seule satisfaction: la première année, la fréquentation ne dépassait jamais 20 visites quotidiennes. Actuellement, elle tourne autour de 100 et dépasse parfois (oh rarement) ce chiffre.

Voilà de quoi vous rendre modeste si vous comptiez sur votre blog pour accéder à la célébrité. Ceci dit, je suis quand même un peu déçu et j’ai tenté une analyse des raisons qui freinent une meilleure diffusion de mes minces propos.

Les premières explications sont à l’évidence à rechercher de mon coté.

1°) Je n’écris pas assez souvent. De 2 à 5 fois par mois, c’est très probablement insuffisant pour laisser une trace détectable par les moteurs d’indexation. Mais, je ne suis pas addict, même si je pense avoir de quoi m’exprimer. Et puis, je veux également vivre d’autres occupations, d’autres engagements, d’autres loisirs …

2°) Les thèmes que je développe sont trop nombreux et trop différents les uns des autres. C’est également une raison probable, bien que je n’ai jamais rencontré d’augmentation notable de la fréquentation lorsque j’ai rédigé toute une série d’articles sur le Mali et les questions de la salubrité.

3°) Mes mots-clé ne sont pas les meilleurs ? J’ai tout essayé, en renouvelant à plusieurs reprises ma liste de mots-clé. Que l’on choisisse des mots pointus et très spécifiques ou des mots génériques (Afrique …), cela ne change pas grand-chose non plus.

Voilà pour les reproches que je me fais.

Il est aussi des reproches que je fais au  »Monde » qui héberge ce blog.

1°) Quoi qu’en laisse penser la présentation de la page “blog”, l’expérience montre qu’il n’y a pas vraiment de “promotion” ou de “publicité” pour les blogs banals des lecteurs. Toute la communication est centrée à la fois sur les blogs invités, à peu près toujours les mêmes, et sur les blogs des rédacteurs et journalistes. D’ailleurs, on peut là se poser la question du bien-fondé de cette collusion (collision) entre le journalisme et l’opinion personnelle. (Mais il en est déjà la même chose avec les éditoriaux ou billets d’humeur, comme celui d’Hervé Kempf, par exemple).

2°) Je ne sais pas comment est fait le référencement des blogs du  »Monde ». Depuis plus de deux ans, j’utilise les services de Google Alert (http://www.google.fr/alerts) pour être informé sans délai de ce qui peut m’intéresser. Par exemple, l’alerte sur les mots “Afrique, Mali” m’annonce systématiquement et sans délai la parution d’un post chez mon ami Helsens (http://mali.blogs.liberation.fr/helsens/). Ou la publication d’un post sur ce thème chez Catherine Coroller (http://immigration.blogs.liberation.fr/coroller/). En ce qui concerne mon blog sur  »Le Monde », jamais la moindre citation, jamais !! Deux quotidiens différents, deux gestions bien différentes.

J’ai fait le test. Il y a 10 posts sur mon blog qui ont, entre autres, ces trois mots-clé: “Afrique”, “Mali” et “déchets”. Faites une requête sur Google avec ces trois mots. Vous trouverez 66100 références ! Dans les 300 premières (après plus personne ne cherche !!), il n’y a aucune des miennes … mais il y a le Toubabou (http://mali.blogs.liberation.fr/helsens/) qui ne parle pourtant des déchets qu’incidemment … Mais ça marche mieux pour les images ..

Malienne triant des déchets (C)Erik Just

3°) Enfin, même si nous écrivons sous DotClear, il s’agit d’un DotClear bien muselé. En effet, il n’est pas possible d’inclure des méta-balises dans nos pages de façon à “accrocher” l’attention des moteurs de recherche.

Bref, dans quelques années, peut-être qu’un petit buzz se fera autour du blog de Thermopyles … En attendant, je me console car j’ai au moins UN Lecteur régulier. Depuis plus d’un an, c’est quotidiennement qu’un obsédé tape la requête suivante “bagarre fille déshabillée” et se retrouve ici| (Quelle(s)-fréquentation(s)-!!!) sur mon site. Qui dira que je ne suis pas référencé ? Mais à cet obsédé-là, je dirais volontiers que sur Google, pour des recherches de ce genre, il faut sélectionner “images” !!

Catégories
Pétrole

Où l’on reparle du prix du pétrole …

Le baril de pétrole a atteint 72 $ à New York ce vendredi 12 juin. J’ai piqué le graphique ci-joint aux Echos (http://bourse.lesechos.fr/bourse/matieres/details_matieres.jsp?Code=XWTI&Place=RMSE-TR&Codif=TSB&Secteur=ENERGIE) que je remercie (droits réservés).

(C) Les Echos

Le presse nous informe qu’il s’agit là du prix du baril en octobre 2008, alors qu’il était en pleine dégringolade. Elle ne nous dit pas que ce prix était également celui du baril à mi-2006, puis à mi-2007.

Et les commentateurs économiques recommencent à se livrer à toute une farandole de spéculations: situation au Nigeria, reprise économique aux Etats-Unis ( ou dégradation moins forte que prévue), saison des migrations routières dans ce même pays alors que l’essence n’y est pas chère et que les 4 X 4 remisés à l’automne sont ressortis, reprise des importations et de la consommation chinoise, et bien entendu parce que dans les salles de marché les traders se remettent à spéculer sur l’or noir.

Comme on ne peut spéculer qu’en faveur d’un produit dont on a de bonnes raisons d’espérer une augmentation de coût, ces commentateurs économiques ont inventé un nouveau truc: les pétroliers font de la rétention ! Tous les ports du monde sont encombrés de bateaux pleins jusqu’à la gueule en attendant que les prix remontent ! Et savez-vous combien de barils représenterait ce “stockage” ? 100 millions de barils (pour info un baril c’est presque 159 litres !).

Vous allez dire qu’effectivement, ce n’est pas négligeable. Mais savez-vous quelle est la consommation quotidienne de la planète entière en matière de pétrole ? Actuellement 84,2 millions de barils par JOUR.

Ce qui revient à dire que les pétroliers spéculeraient sur la consommation mondiale en pétrole de …. 28 heures de la vie du monde !!! Une journée et quatre heures !!

C’est exactement comme si, moi, on m’accusait de spéculer sur le prix des denrées alimentaires parce que j’ai stocké dans mes placards un pack de bière, deux kilos de pâtes et six litres de lait !!

Non, la vraie raison relève de façon têtue des règles de l’offre et de la demande.

A 33 $ le baril, comme en décembre, il est économiquement impossible d’extraire du pétrole en eau profonde (coût d’exploitation 50 $), en eaux très profondes (55 $), dans l’océan arctique (70 $), dans les sables bitumeux (>60 $) et donc le pic de production du pétrole se rapproche trop vite.

A 70 $ le baril, ce type d’extraction peut être envisagé. De plus, les pays du Moyen Orient, le Vénézuela, la Russie, l’Algérie, d’autres encore sont satisfaits car la limitation volontaire de leur production porte ses fruits et leur permet d’empocher des dividendes dont ils ont grand besoin.

Donc 70 $ pour aujourd’hui. Et demain ?

Et bien demain, vers fin 2010, ce sera 90, 95, 100 $ et davantage quand la crise sera finie et que le monde, à nouveau, se rendra compte qu’il n’y a pas de pétrole pour tout le monde. Fait important, il y a au moins un analyste qui est convaincu de cette prévision: Goldman Sachs.

PS: les précédents commentaires sur ce sujet sont déjà anciens, mais il n’est pas interdit de les relire (OPEP-et-prix-du-pétrole) …