Réalisée ce samedi 4 septembre. Il s’agit d’un des “pavillons” de l’orchestre d’harmonie: la Stadtkapelle de Grafing (D).

Réalisée ce samedi 4 septembre. Il s’agit d’un des “pavillons” de l’orchestre d’harmonie: la Stadtkapelle de Grafing (D).

A la fin d’un été pourri, au cours duquel la France, mais aussi les USA, mais aussi Israël, et tant d’autres pays “occidentaux” encore, se singularisent dans leurs luttes contre les immigrants, pourquoi ne pas faire part de deux dépêches, peu publiées et donc peu commentées, qui témoignent que rien ne change ?
L’AFP et RFI (http://www.rfi.fr/afrique/20100816-nouveau-drame-immigration-clandestine-le-desert-algerien) ont diffusé cette information reprise par quelques agences africaines.
« Douze ressortissants africains, candidats à l’émigration clandestine en Europe, sont morts de soif dans le désert algérien. D’après les deux survivants, dont le chauffeur, qui sont parvenus à revenir au Nord-Mali, leur camion est tombé en panne entre la frontière algérienne et la ville de Tamanrasset, et ils se sont vite retrouvés à court d’eau et de nourriture. »
»Les personnes décédées étaient trois Camerounais, trois Maliens, deux Ivoiriens, deux Sénégalais, un Gambien et un Guinéen. »
»Selon les deux survivants, le groupe a quitté la ville malienne de Kidal à destination de l’Algérie où ils sont entrés illégalement. Entre la frontière algéro-malienne et la ville de Tamanrasset, le camion est tombé en panne en plein désert. »
« Privées d’eau et de nourriture, à bout de force, douze personnes n’ont pas survécu à ce périple dans le désert a raconté Ahmed, un chauffeur-transporteur de clandestins, très connu dans le milieu entre le Mali et l’Algérie. »
»Malgré les risques permanents de faim, de soif et d’agression, le trajet entre le nord du Mali et l’Algérie reste l’une des routes les plus prisées par les candidats à l’émigration clandestine vers l’Europe. »
»Mamadou Diakité, président de l’Association des initiatives de développement au Mali, une association qui vient en aide aux migrants africains à Bamako, et les sensibilise aux difficultés du voyage vers l’Europe estime qu’il y a eu « un relâchement dans les activités de prévention et qu’il faut offrir une alternative crédible à ceux qui prennent le risque de partir ».

« Six migrants érythréens ont été tués le 13 août à la frontière israélo-égyptienne alors qu’ils tentaient de rallier Israël. Quatre d’entre eux sont tombés sous les balles des passeurs et deux autres ont été tués par la police égyptienne. Ces décès portent à 28 le nombre de migrants tués depuis le début de l’année dans cette zone, théâtre de violences. La plupart des victimes viennent du Soudan, d’Ethiopie, d’Erythrée, et 24 d’entre elles ont été abattues par la police égyptienne. »
»Depuis un peu plus d’un an les Erythréens constituent le principal flux de l’exode vers la Terre promise. Leur odyssée commence dans la très instable Corne de l’Afrique. Après un passage relativement facile vers l’est du Soudan, les migrants recourent aux services de la tribu des Alrachayda, qui les casent dans des camps au nord du Soudan avant de leur faire traverser la frontière égyptienne. »
»C’est ensuite sept cents kilomètres de sentiers montagneux pour parvenir aux abords du canal de Suez. A partir de là, ce sont les bédouins du Sinaï, notamment des membres de la tribu des Altarabin, qui prennent la relève. »
»Les migrants sont cachés au milieu de campements nomades en attendant l’instant propice pour traverser la frontière israélienne. Souvent, alors que l’on est en vue de la frontière, les passeurs réclament un bonus à rajouter aux 1500 dollars que les migrants ont déjà déboursés. Ceux qui ne réussissent pas à régler sont gardés en otage en attendant que leur famille ou leurs proches payent. »
»Enfin c’est la traversée risquée des barbelés, une traversée qui depuis le début de l’année, a coûté la vie à 28 migrants. »
Cette info (http://www.rfi.fr/afrique/20100815-fin-tragique-six-migrants-erythreens-frontiere-egypto-israelienne) rédigée par son correspondant à Alexandrie a été diffusée par RFI.
C’est une photo de la semaine dernière. Elle représente une autre œuvre (la plus fastueuse, la plus onirique) du Festival de Land Art « Horizons » (http://www.horizons-sancy.com/): la Dordonha Viperinae de Thomas Monin.

Si j’avance de quelques jours la publication de l’image 35, c’est en réaction à un débat surprenant et un peu ridicule qui occupe les rencontres de la photographie de presse de Perpignan. Peux-t-on présenter des photos qui ont été “travaillées” avec Photoshop ? De doctes penseurs, à commencer par le Directeur du Festival, considèrent qu’il y a abus dès lors que l’on contraste ou sature les couleurs ! Et qu’il n’y a plus de vérité de l’image ! Voilà plus de quarante ans que je fais (modestement) de la photographie, que j’ai un peu animé des associations faisant de la photo. On m’a TOUJOURS dit, et j’ai TOUJOURS répété que la photographie n’est pas la vérité. Elle n’en est qu’un aspect, un instant, en aucun cas elle est un document irréfutable. Une photo est une œuvre. S’il n’en était pas ainsi, il n’y aurait pas de Capa, de Kevin Carter (l’enfant au vautour) ou de Nick Ut (l’enfant napalmée), ou de Marc Riboud (jeune femme à la marguerite devant des soldats) ou ceci:

C’est N et B, c’est terriblement structuré, très graphique, le photographe s’est baissé, c’est en contre-plongée, mais qu’est-ce que dit cette image de l’islam, de l’enrôlement et de l’embrigadement des femmes, de leur soumission à une morale totalitaire ? est-ce la vérité ? Oui, celle de Jean Gaumy.
Photoshop, ou Gimp pour les non-professionnels, n’a rien inventé. Electronique ou argentique, une photographie est le fruit de choix de cadrage, de lumière(s), de profondeur de champ, le même décor n’est pas semblable en pleine lumière ou à contre-jour, la mise au net d’un personnage ou d’un autre change tout au discours d’une photo. Du temps de l’argentique, une fois au labo, les recherches et améliorations étaient nombreuses. Y compris pour supprimer des détails gênants !!
La construction d’une photo est libre, de sa conception à sa publication. Le seul trucage inadmissible est celui de l’effacement de personnes ou d’objets caractéristiques de la scène lors de la prise de vue. Il s’agit là de censure. Alixandra Fazzina peut publier des photos hyper-sombres quant elle parle du Pakistan. Mais l’on peut publier des images lumineuses en ce qui concerne des camps de réfugiés: le soleil y existe aussi. S’il y a insulte, ce n’est pas en publiant des photos lumineuses et contrastées, mais en posant comme à-priori qu’un camp de réfugiés est “terne et délavé” et que les photos le concernant doivent être ternes et délavées.
Et mes propres photos ? Je les retouche TOUTES (luminosité, contraste, balance des couleurs, …) afin qu’elles correspondent bien à MA vérité de la prise de vue. Je ne les recadre JAMAIS, sauf les rares exceptions pour lesquelles le recadrage est déjà prévu à la prise de vue (cas d’un bandeau horizontal ou vertical). Je redresse les perspectives très rarement (monument ou tableau dans un musée). Je supprime un détail encore plus exceptionnellement.
C’est au Château de Murol (63); le chemin de ronde.
