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Guerre 1939-1946

A propos de Léa Blain (3)

Le 21 juillet, le PC se disloque. Léa et Dubreuil doivent rejoindre la commission anglaise, en fait suivre les allées et venues de ces soldats traqués. Les « Pas » tombent les uns après les autres. Le 23 juillet, Valchevrière est enfoncé.

Huet donne l’ordre de dispersion générale. Si les anciens maquisards parviennent à se replier dans les endroits inaccessibles, les jeunes recrues sont interceptées par les troupes allemandes ou par la milice. Le ratissage du Vercors, marqué par le carnage de soldats et de civils, a commencé.

Après s’être réfugiés au hameau du Michallon, pour revenir à Saint-Martin, Léa et Dubreuil tentent le 23 de rejoindre le groupe Goderville/Jean Prévost. Ils le trouvent enfin, le soir, aux abords de la Grotte aux Fées, au-dessus du hameau de La Rivière. C’est dans cette grotte que, du 24 au 31 juillet, le capitaine Goderville, Bouysse, les lieutenants Reymond, Dubreuil, le sous-lieutenant Dazan (20), deux officiers anglais, M. Boissière et quelques maquisards récupérés en route, parmi lesquels Rémy Lifschitz et Léa, vont vivre, comme en témoignera Dazan dans une lettre adressée à Madame Blain.

« Neuf jours d’enfer. Vie monotone pleine d’appréhensions et d’angoisse, traqués ; vie très dure car dès les premiers jours il fallut appliquer de sérieuses restrictions. L’eau a manqué terriblement. Mademoiselle Blain a supporté cela magnifiquement … Le 28 juillet, Boissière et le commando anglais nous quittèrent … Le lendemain … quelques camarades et moi décidâmes de traverser le Vercors et d’aller tenter notre chance du coté de Monestier-de-Clermont. Nos autres compagnons – dont votre fille – pensèrent autrement et ne voulurent pas nous suivre. Le 31 juillet, la séparation eut lieu ; votre fille n’avait pas d’arme, elle en réclamait une, et comme j’avais déjà un revolver et des grenades, je lui donnai ma mitraillette. Le 31, ce qui reste du groupe, Léa, Goderville, Dubreuil, Rémy Lifschitz et quelques compagnons, quitte la grotte pour une autre direction, vers le nord-est, vers Grenoble, par Corrençon, Villard-de-Lans, Engins et Sassenage, espérant gagner la vallée pour se reconstituer avec d’autres effectifs, rejoindre si possible Alain Le Ray.

En route, Léa blessée au pied ne peut suivre et reste en arrière avec Rémy Lifschitz qui décide de rester avec elle. Le soir, ils sont au premier hameau de Corrençon. Chez Paul Bec, Léa refait son pansement, se restaure. Elle est armée d’un poignard d’éclaireur et d’un revolver petit calibre. Elle a du probablement abandonner sa mitraillette. Ils repartent en direction de Corrençon, font halte chez le forgeron Rolland. Ils avaient trouvé bien des portes closes, tant de gens avaient été éprouvés et avaient peur. Les « Mongols » s’étaient livrés dans Corrençon à des représailles ignobles … Monsieur Rolland leur avait donné des vêtements civils pour dissimuler leurs effets par trop maquisards. Ils veulent, malgré son avis, poursuivre leur route en direction des Ponteils et des Clots, pour atteindre Villard-de-Lans. Goderville était passé à peine deux heures plus tôt. Dans le secteur des Clots, M. Beaudoin en leur offrant un bol de lait les avertit que les patrouilles allemandes sont particulièrement nombreuses et actives. Mais ils comptent atteindre Villard-de-Lans au petit matin.

Vers 8h30, mardi 1er août, à, la Croix des Glovettes, les voilà face à une patrouille allemande. On ne peut reconstituer exactement le drame qui n’a eu comme acteurs et témoins que les combattants.

Voici le texte de citation comportant attribution posthume de la croix de guerre à Léa Blain : « A fait le coup de feu comme un soldat, forçant même l’admiration de l’ennemi, tuant un Allemand, en blessant un autre. Elle est tombée, mortellement frappée par une rafale de mitrailleuse, faisant à la France le don de ses 22 ans. Restera dans l’histoire, une des plus belles figures d’héroïne française ». Ici, s’arrête la citation. Monsieur Philippe Blanc, chef des équipes d’urgence de la Croix-Rouge de Villard-de-Lans apprend que les Allemands ont abattu aux Glovettes un homme et une femme … « Pour gagner du temps, nous supplions des enfants de nous accompagner. Ils nous conduisent au corps d’un homme étendu passablement mutilé … l’un d’entre eux reconnaît Rémy, garçon sympathique et courageux, très connu et apprécié au Villard, fils d’une famille d’israélites dont le père fait partie de la résistance. Vite, nous préparons une fosse et réunissons tout ce qu’il a sur lui ; nous trouvons une photo dans sa ceinture .. la sienne, qui sera remise à sa mère. Il semble que Rémy se soit battu comme un lion : des éclats de grenade sont trouvés sous son corps, la terre autour de lui est soulevée par endroits, presque labourée …

Nous suivons une trace, la sienne, à travers un champ de blé, qui nous mène au corps d’une jeune fille dans les pins, près d’une croix des champs entre les Glovettes et les Clots. J’ai ressenti là, la plus forte émotion de ma vie. Cette jeune fille semblait dormir, l’expression de son visage était calme et respirait la paix … elle était blessée à la tête, ses jambes étaient meurtries par endroits. Près d’elle, un sac tyrolien, dedans du linge, un peigne, un numéro d’un journal clandestin, un chapelet .. nous détaillons vite, pour la Croix-Rouge, son habillement .. nous relevons les initiales LB .. déjà le trou est creusé .. le Père Gasnier, aumônier de l’Adret, récite les dernières prières … Le lendemain, je suis convoqué à la kommandantur. Le commandant Schultz m’accuse d’avoir enterré comme des héros les terroristes des Glovettes : « ces deux personnes ont attaqué nos troupes. La jeune femme a tiré et a blessé un de nos soldats qui est mort à l’hôpital ». Ultérieurement, il ajoutera « j’ai donné son revolver au chef qui commandait la patrouille. Vous pouvez dire à leurs familles qu’ils se sont battus comme des lions et sont morts en héros ».

Voici la croix érigée à l’emplacement où succomba Léa Blain, pieuse pensée de Mr Philippe Blanc et de son équipe, ainsi que le monument édifié par les jeunes de Villard-de-Lans à coté de la croix des Glovettes, à la mémoire de Léa et Rémy.

La nouvelle fut connue à Chatte fin août. Monsieur Blain, son fils, Mlle Ageron, partirent reconnaître le corps à Villard pour le ramener à Chatte. Les corps de Léa et de Rémy avaient été exhumés le 24 août et conduits à Villard. Le 9 septembre, Léa est ramenée à Chatte. Le 10, c’est l’hommage glorieux rendu par son pays : « Habitants de Chatte, amenez ici vos petits-enfants et racontez-leur l’histoire de cette jeune fille de votre pays ». Nous répondons aujourd’hui au message du commandant Tanant …

Le 1er août Prévost, Dubreuil et 3 autres compagnons trouvent la mort à la sortie des gorges d’Engins. La bataille du Vercors a coûté 700 victimes tombées au combat ou sous la torture. Le plateau est un immense champ de ruines.

Mais les combats continuent. Le 15 août 1944, la 7° armée américaine, la 1ère armée française de de Lattre de Tassigny (21), prennent pied en Provence tandis que les parachutistes anglo-américains sèment le trouble sur les arrières ennemis. Les forces alliées vont progresser à travers les Alpes pour profiter des concours des maquis. Les Allemands se replient vers le nord-est. Le 21, Saint-Marcellin est bombardé.

A l’automne 1944, les Français libèrent l’Alsace. Au cours des ultimes combats, François Blanchin, du 2° Cuirassiers, tombe le 20 novembre 1944 à Roye en Haute-Saône, il a alors 17 ans. Henri Girond, du 11° Cuirassiers, le 8 janvier 1945, près de Strasbourg. Le 15 avril 1945, devant Hoosbronn, pays de Bade, Georges Maurin du 9° Régiment de Chasseurs d’Afrique.

Le 9 novembre 1946, on inaugure un monument érigé par la commune de Chatte à la mémoire de Léa, tandis que lui sont attribués, à titre posthume, les honneurs militaires. Sur les photographies, on peut reconnaître le colonel Malraison (22), le lieutenant Dazan, les autorités locales. Au premier rang, la famille Blain. Derrière elle, la mère de François Blanchin, Marthe Laurent, et la sœur d’Antoine Maurin, madame Siletti.

Aux Glovettes, on peut voir encore la petite croix des Champs. Mais un monument a remplacé les modestes mais émouvantes dédicaces de l’époque. Sur la route d’Herbouilly, à la 4ème station du chemin de croix, on peut lire parmi d’autres noms, ceux de Léa et de Rémy.

RENVOIS

20 – DAZAN. En l’absence de prénom, il existe deux « Dazan » susceptibles d’avoir participé aux combats du Vercors, tous deux FFI. Pour eux également, je poursuis les recherches.

Charles Louis Alexandre DAZAN (FFI), né le 25 novembre 1904 à Nimes, et décédé le 4 août 2007 à Avignon. Lequel a la préférence, en raison de l’existence d’un lieutenant « Charles », cité par Pierre Tanant, qui a participé aux combats dans lesquels Léa Blain s’est retrouvée et qui avait installé sa famille dans le Royans.

François Marius DAZAN (FFI), né le 20 décembre 1906 à Fourques, et décédé le 14 juin 1984 à Salon-de-Provence.

21 – Jean DE LATTRE DE TASSIGNY. Né le 2 février 1889 en Vendée, et décédé le 11 janvier 1952 à Neuilly-sur-Seine. Jeune officier lors de la Première guerre mondiale, il a un comportement exemplaire. Au début de la Seconde guerre mondiale, il se bat jusqu’à l’armistice du 22 juin 1940 et reste dans l’Armée d’armistice sous le régime de Vichy. Le 11 novembre 1942, lorsque la zone libre est envahie par les troupes allemandes, à la suite du débarquement des Alliés en Afrique du Nord, il est arrêté et condamné à 10 ans de prison, pour avoir désobéi au gouvernement en ordonnant à ses troupes de combattre les Allemands. Il s’évade et rejoint Alger. Il s’illustre à la tête de la 1ère Armée qui, après le débarquement de Provence, mène la campagne « Rhin et Danube ». Le 8 mai 1945, il est le représentant de la France à la signature de la capitulation allemande à Berlin. Le 15 janvier 1952, lors de ses funérailles, il est fait maréchal de France à titre posthume.

22 – Colonel Georges MALRAISON. Adjoint en 1937 du lieutenant-colonel Louis RIVET, chef des services secrets militaires français. Il est Commandant de la subdivision de Grenoble dans le cadre de l’armée d’armistice. Et nommé Général de brigade après le 2 septembre 1945.

A cette liste de noms ayant participé aux actions de Résistance, parfois à partir de La Sône et de l’entreprise Morel, il convient d’ajouter Georges GLENAT (1er adjoint du Conseil Municipal provisoire installé le 18 septembre 1944 à La Sône), Léon AVENIER (Maire du Conseil Municipal provisoire installé le 18 septembre 1944 à La Sône), Victor BLIN (gendarme?), Paul OLLIVET-BESSON (2/2/1920-20/1/2018), salarié chez Morel, puis Résistant affecté au 6° BCA.

Par le fait que Léa Blain porte un vêtement identique (robe ou corsage) sur les trois photographies, il est possible de penser qu’elles ont été prises lors d’une même et unique séance photo réalisée par un seul photographe : « Noël ».

Remerciements à Maryse Bazzoli, Yves Micheland, Jean-Paul Papet (https://erra38.fr) et Pierre Rousset, ancien maire de La Sône (2001-2020).

https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_D.pdf

(changer la lettre initiale du nom en dernier caractère : ne marche pas pour la lettre B !?)

http://beaucoudray.free.fr/vercors2.htm

Transcription et notes du 20 mai 2025, maj le 22 août 2025 – Jean BRISELET

Léa Blain (Photo « Noël »)

Fin

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A propos de Léa Blain (2)

LA RESISTANCE

La Résistance naît officiellement le 18 juin 1940 avec De Gaulle qui se fait reconnaître peu à peu par les groupes et réseaux constitués dès la défaite.

En zone sud, trois dominèrent.

– Le réseau Combat du tandem Henri Frenay/Georges Bidault (5), très structuré, avec une branche armée, l’Armée Secrète, fortement implanté dans notre secteur. Gaston Valois, Victor Carrier, en sont issus.

– Le réseau Libération d’Emmanuel d’Astier, plus à gauche.

– Et enfin, le réseau Franc-Tireur de Jean-Pierre Lévy (6), également de gauche. Entré en contact avec les grenoblois Léon Martin, Eugène Chavant (7), Aimé Pupin (8), il est le plus représenté dans le département de l’Isère et dans le Vercors.

Fin 1942, ces trois mouvements sont regroupés en un Mouvement Uni de la Résistance (MUR) de l’Isère, sous la responsabilité de Gaston Valois. En mars 1943, Jean Moulin, chef du Comité National de la Résistance, rassemble tous les mouvements de la zone sud dans le MUR national.

L’année 1942 est l’année charnière pour la France en guerre. L’opinion bascule. L’hypothèse d’une entente secrète De Gaulle/Pétain s’effondre. Laval, rappelé en avril 42, devance les exigences de l’occupant : on traque les juifs. En novembre, le débarquement d’Afrique du Nord entraîne l’occupation de toute la France par les Allemands et Italiens dans le Sud-Est. L’armée d’armistice est dissoute. Officiers, sous-officiers rejoignent l’armée Secrète ou l’ORA (Organisation de Résistance de l’Armée).

Plus encore, la relève, instaurée en septembre 42, devient en février 43 le Service du Travail Obligatoire (STO) concernant tous les hommes de 18 à 55 ans. Ce sera le principal pourvoyeur des maquis, comme le dira Laval lui-même.

La Résistance s’organise. Le département de l’Isère est divisé en 7 secteurs. Saint-Marcellin appartient au secteur III avec Tullins, Vinay, la Bièvre, les Chambarands. Il est dirigé par Jules Cazeneuve et Victor Carrier jusqu’en novembre 1943. Dans chaque localité, une « sizaine » comme on l’appelait alors, distribue tracts, journaux clandestins, pose des affiches pour gagner à la cause des gens actifs, ou du moins des sympathisants.

Un poste-émetteur est placé chez le laitier Jean Rony, qui le paiera de sa vie en mai 44.

Les Résistants – en particulier les Corps-Francs, groupes de 30 à 40 hommes – s’emploient à traquer collaborateurs, miliciens, faux résistants. Des sabotages sont organisés sur la voie ferrée de Saint-Marcellin à partir de janvier 44.

A l’usine Morel, le groupe constitué autour de Maltherre (9) – avec Léa Blain donc – cache les gens traqués, les réfractaires au STO. Il leur faut des faux papiers, cartes d’identité, cartes d’alimentation, cartes de travail, …

«  Je me souviens des innombrables cartes d’identité qu’elle fabriquait et qui séchaient sur un fil dans la cuisine » rapporte Joseph Blain, son frère.

A la mairie, Melle Lucie Ageron-Berger se débrouillait pour obtenir plus de cartes d’alimentation que nécessaire. Quant aux cartes de travail délivrées à la Kommandantur de Grenoble, c’est grâce à la complicité de quelques secrétaires qui acceptaient de donner des cartes tamponnées, mais laissées en blanc, qu’on put s’en procurer.

Quand le danger se rapprocha, beaucoup de ces gens menacés durent gagner le Vercors. A Chatte, des familles juives attendaient des jours meilleurs, à la pension Abric, dans la maison Chapoutier, ou dans quelques greniers. Parmi eux, un photographe anglais « Noël », venu de Nice, auquel on doit les beaux portraits de Léa Blain.

Au « Grangeage » vint séjourner le lieutenant André Jullien-Dubreuil, un des responsables de la mission Eucalyptus de juillet 44.

Léa Blain s’est engagée totalement dans cette lutte. Devenue « Louise Bouvard » (10), elle transporte plis et documents, voire des armes. « On nous appelle une nation aux bras croisés. Nous allons leur montrer que nous savons faire quelque chose… des gens pantouflards prétendent que notre rôle est terminé et que nous devons laisser faire les Anglais et les Américains. Alors ? Et l’honneur de la France ? Qui le sauvera ? » disait-elle. Pour elle, la vraie lutte se passait dans le Vercors. Le lieutenant Dubreuil l’appelle au service du chiffre, au quartier général de Saint-Martin-en-Vercors.

Dès 1940, Pierre Dalloz (11) et son ami Jean Prévost (12) perçoivent le rôle stratégique que peut jouer le Vercors. Le massif se compose d’un haut plateau de 1500 à 2340 m creusé de dépressions profondes, entouré d’un enchevêtrement de collines moins élevées. Citadelle imprenable, pénétré de peu de routes, très boisé, il sera pour Dalloz et Prévost le cheval de Troie pour commandos aéroportés. Ce plan Dalloz sera baptisé plan Montagnard en 1942 par le général Delestraint (13).

Pour faire face à l’afflux de résistants, juifs, réfractaires au STO, le Dr Samuel de Villard-de-Lans crée le 1er maquis de la Ferme d’Ambel fin 42. Le plateau se couvre d’une quinzaine de camps parrainés par le mouvement Franc-Tireur : 500 hommes au total à la fin 43.

En février 43 quand la BBC annonce « Les montagnards doivent continuer à gravir les cimes » Dalloz comprend que Londres a donné son accord. Le général Alain Le Ray (14) s’attelle à l’étude militaire. A Vassieux, le terrain pouvant convenir à atterrissages et parachutages est repéré.

En février la milice a été mise en place à Grenoble. En septembre, Grenoble et le Vercors, jusque là sous contrôle italien, passent sous contrôle allemand. La lutte et la répression s’amplifient.

En novembre, le Dr Valois et le Dr Carrier sont exécutés. En décembre, le château de Murinais, refuge de l’école des cadres d’Uriage chargée de coordonner les divers réseaux, est incendiée.

LA BATAILLE DU VERCORS

1944 : la bataille du Vercors s’engage avec un premier avertissement, l’attaque de Malleval en janvier, suivie par celles du monastère de l’Esparron, du pont du Martinet près de Choranche, de la Matrassière, hameau de Saint-Julien-en-Vercors.

La milice envahit le Vercors. A ce moment, Chavant est le chef civil. Alain Le Ray a succédé à Albert Seguin De Reyniès (15) comme chef des FFI de l’Isère. Huet (16), dit « Hervieux », assure le commandement militaire du Vercors divisé en deux parties ; le nord sous la responsabilité de Costa de Beauregard (17), le sud sous la responsabilité de Geyer (18), dit « Thivollet ».

Huet a installé son PC à Saint-Martin-en-Vercors. Pierre Tanant, son chef d’état-major, l’établit d’abord à l’hôtel Breyton, puis à la villa Bellon située plus à l’écart du village. Dans les bureaux se trouve Rémy Lifschitz (19) chargé du tribunal militaire.

Le 1er juin les vers fameux de Verlaine annoncent le débarquement de Normandie (*).

Le 5 juin, « Le chamois des Alpes bondit » ; le message capté par l’équipe radio correspond à une mobilisation immédiate des maquis. Huet, pourtant en désaccord avec Marcel Descour, responsable de la région Rhône-Alpes, sur le rôle stratégique du Vercors doit lancer l’ordre.

Le 9 juin, 3000 maquisards affluent sur le plateau, mal équipés, mal préparés pour la plupart. Le Plan Montagnard va se transformer en piège pour partisans et civils.

Le 10 juin, Alger s’inquiète et veut freiner la guérilla qu’il lui est impossible d’aider pour le moment. Il est trop tard. Le verrouillage du Vercors est terminé. Le général Pflaum anticipe le plan d’attaque allemand.

Les maquisards sont environ 4000 sur le plateau, seul un noyau dur de 500 « vieux » maquisards constitue une troupe expérimentée. Plus de la moitié n’est pas convenablement armée ; artillerie, canons, mortiers, armes à tir courbe manquent totalement.Les moyens de communication entre unités sont insuffisants. Des parachutages ne comblent pas les espoirs. Face à eux 15000 Allemands parfaitement entraînés et armés avec, en outre, trois bataillons supplétifs de l’Est surnommés les « Mongols ».

Les 13 et 15 juin se sont déroulés les combats de Saint-Nizier.

Le 28 juin, la mission « Eucalyptus », composé d’un Américain, d’un Anglais et de Français est parachutée à Vassieux. Plus tard, sur place, elle recevra le renfort du lieutenant Dubreuil, interprète, et de Léa Blain, agent de liaison, qui a quitté Chatte le mercredi 19 juillet.

« Le jour de son départ, je l’ai accompagnée jusqu’à Saint-Marcellin pour l’aider à porter son petit sac. Elle était très pâle, nerveuse ; on ne s’est adressé la parole qu’au dernier moment. Elle m’a donné ses dernières recommandations … j’avais perdu pour toujours ma chère petite sœur ».

Il semble que ce soit le lieutenant Dubreuil qui l’ait conduite au PC où l’accueille Pierre Tanant. Arrivée à 2 heures, Léa, secrétaire au service du chiffre de la mission interalliée Eucalyptus se met immédiatement au travail. C’est ce que rapporte sa dernière lettre. Elle porte le cachet du 22 juillet, d’Auberives-en-Royans. Elle parviendra à Chatte le 10 août.

C’est donc dans les moments les plus terribles de la bataille du Vercors que Léa est arrivée à Saint-Martin. Depuis le 13 juillet, les bombardements ont frappé Vassieux, La Chapelle, Saint-Martin, Saint-Agnan. L’offensive est déclenchée de toutes parts. Le 20, Huet lance son ordre général « soldats du Vercors, c’est le moment de montrer ce que nous valons, c’est l’heure pour nous de la bataille ».

Renvois

5 – Henri FRENAY. Né le 19 novembre 1905 à Lyon, décédé le 6 août 1988 à Porto-Vecchio. Il fonde le mouvement de Résistance « Combat ». Fait prisonnier par l’armée allemande lors de l’armistice, il s’évade et gagne la zone libre où il est incorporé dans l’armée d’armistice jusqu’en 1941. Tout d’abord pétainiste, il revient sur ses convictions premières fin 1941 et reconnaît en De Gaulle le chef de la Résistance. «J’ai cru, néanmoins, au maréchal Pétain, j’ai cru au double jeu, j’ai cru même à une véritable Révolution nationale humaine et sociale. Comme tous les autres Français, j’ai été cruellement déçu, odieusement trompé » .

5 – Georges BIDAULT. Né le 5 octobre 1899 à Moulins, décédé le 27 janvier 1983 à Cambo-les-Bains. Rédacteur en chef du quotidien catholique « L’Aube », il est mobilisé sur sa propre demande en février 1940, mais fait prisonnier le 8 juin 1940. Libéré en juillet 1941, il s’installe en zone sud en octobre. Entré dans la Résistance, il rejoint Henri Frenay au comité directeur du mouvement « Combat ».

6 – Jean-Pierre LEVY. Né le 28 mai1911 à Strasbourg et décédé le 15 décembre 1996 à Paris. Mobilisé en 1939 comme lieutenant de réserve, puis démobilisé après l’armistice de juin 1940, il s’installe à Lyon où il fonde dès septembre 1940 un petit mouvement « France Liberté » qui devient « Franc-Tireur » en novembre 1941.

7 – Eugène CHAVANT. Né le 12 février 1894 à Colombe (Isère) et décédé le 28 janvier 1969 à Grenoble. Il fut combattant de la Première Guerre mondiale. Il rejoint le mouvement « Franc-Tireur » en 1942 et devient le chef civil du maquis du Vercors, en succédant à Aimé PUPIN.

8 – Aimé PUPIN. Né le 9 février 1905 à Grenoble où il décède le 26 février 1961. Il fait partie de l’antenne grenobloise du mouvement « Franc-Tireur » et est l’organisateur des premiers camps de maquisards du Vercors, de janvier à fin mai 1943. Il possédait des attaches anciennes et amicales avec le Royans.

9 – Jean Pierre Amable MALTHERRE, alias « Rhône », (FFI), né le 14 mars 1903 à Torteron (18) et décédé le 21 décembre 2022 à La Tronche. « Animateur » d’une partie des militants travaillant chez Morel, il fait partie du Conseil Municipal provisoire installé à La Sône le 18 septembre 1944.

10 – Louise BOUVARD, pseudo de Léa Blain, ce qui lui permet de conserver les mêmes initiales.

11 – Pierre DALLOZ. Né le 16 avril 1900 à Bourges et décédé le 2 mai 1992 à Sassenage. Alpiniste, photographe, écrivain, il est également Résistant. Dès 1940, il est l’un des auteurs du plan Montagnard, il participe en 1942, avec Jean PREVOST à la fondation du maquis du Vercors.

12 – Jean PREVOST. Né le 13 juin 1901 à Saint-Pierre-les-Nemours, décédé le 1er août 1944 à Sassenage, fut journaliste, écrivain et résistant. Lieutenant de réserve, il est mobilisé en août 1939. Démobilisé, il s’installe à Lyon. Ami de Pierre Dalloz, il « organise » le plan Montagnards avec le pseudo de « Goderville ». Il fait partie des résistants réfugiés dans la Grotte des Fées et est l’un de ceux qui tentent de rejoindre l’Isère par les Gorges d’Engins. C’est à la sortie de celles-ci, au Pont Charvet, qu’il est exécuté par une patrouille allemande.

13 – Charles DELESTRAINT. Né le 12 mars 1879 à Biache-Saint-Vaast et décédé le 19 avril 1945 à Dachau. Nommé colonel dans l’interface entre les deux guerres mondiales, il est rappelé dans le cadre d’active le 1er septembre 1939 en tant que général de division puis de corps d’armée en mai 1940. Il refuse l’armistice et entre en résistance dès juillet 1940, organise et commande l’Armée Secrète en zone sud. Il est arrêté par les Allemands (12 jours avant Jean Moulin) le 9 juin 1943, déporté à Struthof, puis à Dachau en septembre 1944 où il est abattu le 19 avril 1945.

14 – Alain LE RAY. Né le 3 octobre 1910 à Paris et décédé le 4 juin 2007 à Paris. Mobilisé en 1939, il re-prend la tête de la 7° compagnie du 159° RIA. Blessé et fait prisonnier le 9 juin 1940, il est enfermé dans la citadelle de Colditz dont il s’échappe le 11 avril 1941 afin de rejoindre Grenoble et le 159° RIA qu’il servira jusqu’à la fin de l’armée d’armistice. Il entre en résistance en 1943, fondateur avec Pierre Dalloz et Yves Farge du premier comité de combat du Vercors.

15 – Albert DE SEGUIN DE REYNIES. Né le 24 août 1900 à Arry et probablement mort le 6 mai 1944 à Grenoble. Militaire de carrière, il est promu après l’armistice chef de bataillon auprès du commandement militaire de la 17° région militaire, une région libre. Il prend la tête du 6° BCA dans l’armée d’armistice, à Grenoble, bataillon qui sera dissout en 1942. En mars 1943, la direction militaire de l’ORA pour le département de l’Isère lui est confiée, il centre son action sur le Vercors. Dénoncé, il disparaît le 6 mai 1944, son corps n’a jamais été retrouvé.

16 – François HUET. Né le 16 août 1905 à Alençon et décédé le 16 janvier 1968, il est le chef militaire du maquis du Vercors en 1944.

17 – Roland COSTA DE BEAUREGARD. Né le 5 août 1913 à Saint-Bonnot, il choisit la carrière militaire. Après l’armistice, affecté à Gap, il est démobilisé en novembre 1942 et rejoint les combats du Vercors dès 1943, où il est nommé commandant de la zone du Nord-Vercors. Il décède le 11 novembre 2002.

18 – Narcisse GEYER. Né le 26 mars1912 à Réchesy et décédé le 8 décembre 1993 au Luxembourg. Le 11 novembre 1942, à l’entrée des troupes allemandes à Lyon, le lieutenant Geyer s’échappe à cheval avec 50 hommes et rejoint la forêt du Grand-Serre, dont il prendra pour pseudo le nom de « Thivollet ». Il y crée l’un des tout premiers maquis des Alpes, passe ensuite au bois de Chambaran, puis au Vercors fin 1943 où il est nommé commandant de la zone Sud-Vercors. Il affrontera en juillet 1944 l’assaut des planeurs allemands à Vassieux.

19 – Rémy LIFSCHITZ, « Lionel », Né le 25 février 1924 à Paris, mort au combat le 1er août 1944 à Villard-de-Lans, il est un Résistant de l’Armée Secrète , sous-lieutenant FFI. Il s’engagea dans le 6ème Bataillon de Chasseurs Alpins reconstitué et fut de tous les combats du Vercors. Il est mort aux cotés de Léa Blain qu’il a accompagnée jusqu’aux derniers instants.


* – Les vers de Verlaine annonçant le débarquement de Normandie et diffusés par Radio Londres, sont : le 1er juin 1944 « Les sanglots longs des violons de l’automne » et le 5 juin 1944 « Blessent mon cœur d’une langueur monotone ».

Léa Blain (Photo « Noël »)

A suivre

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A propos de Léa Blain (1)

Léa Blain est une jeune fille engagée dans la Résistance, sur le plateau du Vercors, qui est morte exécutée par l’occupant allemand. Voici son histoire.

Ce texte a été rédigé en seconde partie des années « 80 », soit depuis au moins une quarantaine d’années, par Maryse BAZZOLI, née DUMOULIN, professeur d’histoire et géographie au Collège de Saint-Marcellin, domiciliée à Chatte. Par principe, il était destiné à accompagner la projection d’un diaporama, son libellé étant complété par la projection d’une petite centaine de diapositives. A l’origine, Yves Micheland en a assuré la « voix ». Jean-Paul PAPET l’a pris pour base de la conférence qu’il propose depuis de nombreuses années.

En 2025, Jean-Paul Papet poursuit cette conférence ; il l’a donnée le 17 mai dernier à Saint-Marcellin lors de la « Journée Mémoire ». Il la redonnera le 20 septembre prochain, à Vassieux-en-Vercors, à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine.

Ce texte, tel que publié, n’a subi aucune modification, ni de fond, ni de forme. Il est strictement tel que Maryse Bazzoli l’a rédigé, à l’exception de quelques modifications de détail apportées par Yves Micheland.

Pour ma part, je suis parti en recherche de très courtes notes biographiques relatives aux noms propres qui sont cités tout au long de ce texte : vous les trouverez regroupées en fin de document. Certaines notes sous-entendent des recherches complémentaires sur lesquelles je me concentre d’ores et déjà.

 » LA DEFAITE

En septembre 39, la Wehrmacht envahit la Pologne sans déclaration de guerre. La France et la Grande-Bretagne s’engagent dans le conflit qui va durer jusqu’en 1945.

La mobilisation est générale. Des affiches placées en différents points de notre village font connaître l’ordre de départ aux recrues classées, comme en témoigne le présent fascicule de mobilisation, de 1 à 7, en fonction de leur âge, situation de famille, état de santé. Dès les jours suivants, les rues résonnent du pas des chevaux qui partent aussi pour le front.

Pendant neuf mois, Français et Allemands s’observent , sans agir, derrière leurs propres lignes fortifiées – ligne Maginot et ligne Siegfried – c’est la drôle de guerre.

Mais, le 10 mai (1940), l’Allemagne lance l’offensive sur les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg : le 13 mai, les panzer-division franchissent la Meuse à Sedan et déferlent dans trois directions ; Nord, Ouest et Sud. Les alliés, pris dans un gigantesque piège, peuvent en partie être évacués par Dunkerque, vers l’Angleterre. Au Sud, la bataille de France tourne à la débâcle. C’est près de Soissons que fut tuée la première victime chattoise, Paul Serrières, du 28° bataillon de chasseurs, en juin 1940.

La peur jette sur les routes des millions de civils, d’officiers, de soldats sans armes. L’exode s’ajoute à la confusion de la défaite. Pendant un mois la moitié de la France s’est vidée de ses hommes qui arrivent dans les départements libres où on les accueille tant bien que mal.

C’est ainsi que Chatte doit prendre en charge des réfugiés venus pour la plupart de la région de Franche-Comté. Mademoiselle Lucie Ageron-Berger (1) et les jeunes filles du patronage, parmi lesquelles Léa Blain, les accueillent avec un grosse soupe populaire. Puis on les loge dans des maisons inoccupées, chez l’habitant, dans la salle de musique (devenue depuis salle du foot).

Le 17 juin, le maréchal Pétain s’adresse à la nation ; il annonce son intention de demander l’armistice.

Le 18 juin, c’est l’appel de De Gaulle, réfugié à Londres. Peu entendu alors, il est publié le 22 juin dans « Le Petit Dauphinois » (en réalité le 19 juin).

Le 22 juin, l’armistice est signé et prend effet le 25. Ses clauses sont très dures. L’Allemagne occupera les les 3/4 du territoire. Les prisonniers – 2 millions ! – ne seront pas libérés, l’armée sera dissoute.

L’armée de l’armistice ne comptera que 100 000 hommes. La ligne de démarcation est la nouvelle frontière qui sépare « la France de la France », c’est à dire la France libre de la France occupée. Mais pour beaucoup, « c’est la fin du cauchemar, la honteuse satisfaction de la défaite », et le reflux des réfugiés.

Le 10 juillet, le maréchal reçoit les pleins pouvoirs par 569 voix contre 80 parmi lesquelles celle du député socialiste de Vienne, Léon Martin (2), révoqué ce même jour de la Mairie de Grenoble.

Le 11 juillet, l’État Français remplace la République.

Le prestige du Maréchal, le vainqueur de Verdun, masque aux Français, peu informés de surcroît, le sens de la Révolution Nationale. Si le retour aux valeurs traditionnelles, Travail, Famille, Patrie, séduit, les autres mesures sont inquiétantes.

En octobre 1940, Pétain et Hitler ont échangé à Montoire une poignée de mains historique. Le suffrage universel est supprimé. Juifs, Francs-Maçons sont chassés de la fonction publique. C’est le temps des chantiers de jeunesse, du culte du chef : dans les écoles on écoute le Maréchal et l’on chante « Maréchal, nous voilà !» L’ordre moral règne, il est interdit de faire la fête … Mais en 1942 les jeunes de Chatte célébrèrent malgré tout leurs 20 ans en chantant et dansant sous le préau de l’école, au son de l’accordéon de Lucien Montlevier.

Pendant deux ans on s’accommode du régime qui, en zone non occupée, présente l’image d’un gouvernement indépendant.

La préoccupation essentielle des Français est alors : se nourrir, le ministère du ravitaillement général impose un rationnement sévère. Le pays est désorganisé, les importations coloniales arrivent mal, il faut livrer des vivres aux Allemands. Chacun a sa carte d’alimentation et doit en tenir une sérieuse comptabilité. Il y a aussi le marché noir. Dans un secteur rural on se débrouille plus aisément. La compagne d’André Jullien-Dubreuil (3) a caricaturé la femme du Docteur Carret de façon très évocatrice.

Chatte comprend alors 1500 habitants. C’est un milieu mi-ouvrier, mi-paysan, à prédominance paysanne, avec quelques familles bourgeoises. Chaque jour des ouvriers de Chatte vont travailler à La Sône, à l’usine Morel qui produit des « magnétos » pour voitures et avions, des plots de radio, des douilles de mines anti-chars … et de temps en temps, témoigne une ancienne ouvrière …. des croix de Lorraine ! Le trajet s’effectue normalement à bicyclette ou, à pied, si la neige est abondante comme ce fut le cas dans l’hiver 40. De 1940 à 1944 Léa Blain travailla dans cet établissement d’abord à l’atelier, puis au bureau. Ce fut un centre actif de résistance.

Léa Blain est née en 1922 à Tèche, mais a vécu dès l’âge de 3 ans à Chatte où ses parents se sont établis. Elle a fréquenté l’école du village. Chrétienne fervente et militante, elle prit une part active à la vie paroissiale. Pendant plusieurs années elle anima, dans le cadre du patronage, les « Ames Vaillantes » qui se réunissaient le dimanche après les vêpres. Très patriote aussi, elle faisait prier pour les prisonniers et pour la France. Seul lien entre eux et leurs proches ; ces cartes de correspondance. Et puis, c’étaient les jeux, les promenades et, moment très attendu, les pièces de théâtre jouées dans la salle paroissiale du Bourg. Une ancienne « Ame Vaillante » se rappelle une saynète très révélatrice du climat de l’époque. « Chacune des fillettes disposées en ronde symbolisait une province de France. Au centre, Léa, drapée de blanc, interpréta « Maréchal, nous voilà ! ». Elle aimait les rôles conformes à son idéal patriotique, à l’image de Jeanne d’Arc, ou Louise de Bettignies (4), héroïne de la grande guerre. « J’étais Louise de Bettignies, je n’étais plus Léa Blain », disait-elle.

A l’usine, elle avait un ascendant moral très fort sur ses compagnons, et défendait âprement ses convictions religieuses, ses idées sociales pour lesquelles on la qualifiait de communiste. A partir de 1942, elle fait partie du groupe actif de résistants de l’usine.

Renvois

1 – Lucie AGERON dit BERGER, née le 7 juin 1900 à Chatte, décédée le 5 septembre 1972 à Chatte

2 – Léon MARTIN, Le docteur Léon Martin, né le 20 décembre 1873, , décédé le 24 juin 1967, ancien député (1936-1940) et maire de Grenoble (1932-1935, puis à nouveau de 1945-1959) militant socialiste et franc-maçon, membre du mouvement Franc-Tireur, et pionnier des premiers camps du Vercors, dits « camps-refuges », avec Aimé Pupin.

3 – André JULLIEN-DUBREUIL. Cette notation a été maintenue dans la totalité du document, sauf lorsqu’il s’agit du pseudo de combattant. Il s’agit en fait d’André JULLIEN, né le 27 février 1903 à Amiens et décédé le 1er août 1944, exécuté à Sassenage par les Allemands. Il a été poète et auteur dramatique sous le pseudonyme de Jullien Du Breuil ou André Du Breuil. Mobilisé en 1939, puis rendu à la vie civile lors de l’armistice de 1940, il entre dans la Résistance sous le nom de Dubreuil (secteur 8 de l’Armée Secrète en Vercors).

4 – Louise DE BETTIGNIES. Née le 15 juillet 1880 à Saint-Amand-les-Eaux, décédée le 27 septembre 1918 à Cologne (Allemagne), elle est une résistante et une agente du renseignement français, sous le pseudo d’Alice Dubois, durant la Première Guerre mondiale.

Léa Blain (Photo « Noël »)

A suivre

Catégories
Bateau Ivre Françoise Sagan Guerre 1939-1946 Patrimoine Quartier Saint-Laurent-Saint-Marcellin Tramway TDI TOD

S’éditer sur le web.

Depuis cinq ans maintenant (avril 2020), ce blog a adopté une nette tendance rédactionnelle en faveur de la conservation du patrimoine contemporain de Saint-Marcellin et de sa région.

Sans être, pour rien au monde, historien, je cherche à appliquer aux recherches que je conduis la même exigence intellectuelle et quasi scientifique que celle qui prévalait dans mes activités professionnelles. Ne rien avancer, ne rien dire, ne rien faire, qui ne soit attesté, vérifié, confirmé … C’est ainsi que j’ai abordé successivement « l’histoire d’un train entre Saint-Marcellin et Lyon », « la petite histoire de l’enfance et de l’adolescence de Françoise Sagan à Saint-Marcellin », « la chronique du Bateau Ivre de Saint-Marcellin », « les années de guerre 1939-1946 à Saint-Marcellin et environs-Ephéméride », « le Faubourg Saint-Laurent à Saint-Marcellin: Crozel, Dutruc, Guttin, Thomé,… », toutes monographies qui apportent nombre de précisions patrimoniales intéressantes aux sujets qu’elles abordent.

L’idée d’en faire publication existe. Mais cela implique un suivi et une promotion de tous les instants. Par ailleurs, l’envie de monnayer ces publications n’est en rien primordiale. C’est pour cette raison que ces travaux sont gratuitement disponibles sous forme de .pdf, sur ce site. Ils bénéficient d’une référence ISBN qui devrait les rendre plus visibles sur l’Internet et auprès de la Bibliothèque Nationale.

Les contraintes soumises à celles et ceux qui téléchargeront ces travaux sont très peu nombreuses.

  • ne pas rediffuser ces documents au-delà du cercle familial ou associatif,
  • citer expressément l’origine, le lien et l’auteur de chaque document en cas d’utilisation professionnelle, associative ou personnelle.

Voici les coordonnées de chaque monographie.

1 – « TDI, TOD, histoire d’un train entre Saint-Marcellin et Lyon« .

Sous la forme de 9 chapitres publiés entre le 6/6/2020 et le 17/9/2020, ce travail décrit l’itinéraire, les gares, la matériel d’un itinéraire ferré reliant Saint-Marcellin et Lyon, concédé en 1897, construit à partir de 1899 et démantelé à partir de 1935.

ISBN: 978-2-9599527-0-8

Lien de téléchargement: https://thermopyles.info/wp-content/uploads/2025/03/TDI-TOD-Histoire-dun-train-entre-Saint-Marcellin-et-Lyon.pdf

2 – « Petite histoire de l’enfance et de l’adolescence de Françoise Sagan à Saint-Marcellin« .

Les 11 chapitres publiés entre le 17/6/2021 et le 30/9/2021 décrivent la famille, les amis, les relations, le temps de la guerre, de Françoise Quoirez, future Françoise Sagan, alors qu’elle vivait à Saint-Marcellin dès le second semestre de 1940 et jusqu’en octobre 1945. Après cette date, elle a fait de très nombreux séjours et passages à Saint-Marcellin et sa région.

ISBN: 978-2-9599527-1-5

Lien de téléchargement: https://thermopyles.info/wp-content/uploads/2025/04/Petite-histoire-de-lenfance-et-de-ladolescence-de-Francoise-Sagan-a-Saint-Marcellin.pdf

3 – « Chronique du Bateau Ivre de Saint-Marcellin ».

La « Bateau Ivre » est une maison construite à Saint-Marcellin en 1955, pour la famille Gelas et par un triumvirat d’artistes, Véra et Pierre Székely, André Borderie, qui s’étaient adjoints un architecte, Louis Babinet, et un couple de paysagistes, les Bourne. Cette maison est répertoriée Monument Historique.

Ce travail a été publié entre juin et décembre 2021.

ISBN: 97-2-9599527-2-2

Lien de téléchargement: https://thermopyles.info/wp-content/uploads/2025/04/Le-Bateau-Ivre-de-Saint-Marcellin.pdf

4 – « Les années de guerre 1939-1946 à Saint-Marcellin et environs – Ephéméride ».

Ce travail vise au recensement de tous les évènements survenus au cours de la guerre de 1939-45 dans la région de Saint-Marcellin. Les organes de presse, les compte-rendus des Conseils Municipaux, les documents d’archives, … ont été rigoureusement analysés afin de donner naissance à ce document publié en juillet 2023.

ISBN: 978-2-9599527-3-9

Lien de téléchargement: https://thermopyles.info/wp-content/uploads/2025/04/Les-annees-de-guerre-1939-1946-a-Saint-Marcellin-et-environs-Ephemeride.pdf

5 – « Le Faubourg Saint-Laurent à Saint-Marcellin ».

Publié fin 2024, ce travail raconte l’histoire de l’un des faubourgs de Saint-Marcellin, le faubourg Saint-Laurent, et de quelques-unes des enseignes de restauration ou d’hôtellerie qui l’ont marqué.

ISBN: 978-2-9599527-4-6

Lien de téléchargement: https://thermopyles.info/wp-content/uploads/2025/04/Le-Faubourg-Saint-Laurent-a-Saint-Marcellin.pdf

Merci de votre soutien attentionné …