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Pétrole

Collapse

Les vidéos conspirationnistes, les vidéos « fin du monde », les vidéos qui développent les thèses du complot, tout cela n’a qu’un intérêt très limité. Et pourtant, l’Internet et la blogosphère en sont remplis, cela déborde.

« Collapse » n’est pas tout à fait de cet ordre. L’homme interviewé, Michaël Ruppert, se veut un « lanceur d’alertes ». A vrai dire, il n’a aucune compétence particulière pour aborder les questions dont il parle. Il était policier (LAPD), quelque peu espion et son principal fait de guerre est d’avoir dénoncé des trafics de drogue initiés par la CIA, sans doute pour compromettre des personnalités et des hommes politiques à éliminer.

Mais Michaël Ruppert s’est passionné pour UN sujet, celui du peak oil et de ses conséquences. Il nous affirme que la production pétrolière est à son sommet et qu’elle ne fera que baisser et que RIEN ne viendra la remplacer avec la même efficacité et les mêmes capacités, même pas le soleil et le vent. Et que s’il y a complot, c’est que nos gouvernants le savent tous et que leur unique volonté est de le cacher à leurs populations. Car, la fin du pétrole et l’impossibilité de le remplacer, c’est la fin de notre civilisation, l’effondrement (collapse).

Non seulement, nous ne mettrons plus d’essence dans nos voitures, mais nous ne pourrons plus fabriquer de voitures, ni d’engrais, ni de peintures, ni de vernis, ni de matériaux de construction, ni de … brosses à dents !

Nous sommes entrés dans la période d’effondrement de notre civilisation et les tensions financières, les émeutes, les révoltes en sont les prémices et la preuve.

Michaël Ruppert parle avec sérieux, avec émotion parfois (feinte ?) et son message n’en paraît que plus crédible. L’effondrement de notre société se traduit par plusieurs périodes. tout d’abord, l’incrédulité, le déni, « ce n’est pas vrai », puis la colère destructrice, la violence et la révolte, comme en Grèce ou en Angleterre, mais partout dans le monde et sans doute dans les pays arabes, nous dirait Ruppert si ce texte ne datait pas de 2009.

Ensuite, le marchandage, « j’aurais peut-être pu faire autrement », « et si j’essayais ça ? ». Viennent ensuite, la dépression et l‘acceptation, et ce n’est qu’à ce moment-là que l’on trouve la force de remonter.

Là où Ruppert se distingue de beaucoup d’autres prophètes, c’est qu’il n’aborde aucunement la notion de réchauffement climatique. Le seul moteur de notre humanité est l’énergie. Au fur et à mesure que celle-ci croissait, les masses monétaires en jeu ont augmenté et la population s’est mise à croître. LA courbe est unique des finances mondiales, de la démographie et de la production pétrolière. Lorsque la production d’énergie diminuera, et cela est inévitable, toutes les courbes s’effondreront.

Alors, que faire ?

– acheter de l’or en barre et détruire ses cartes de crédit,
– isoler sa maison,
– se débarrasser de tous les produits chimiques,
– se satisfaire d’une seule ligne de téléphone fixe,
– acheter des livres sur la médecine naturelle,
– acheter des semences (des vraies qui font des graines qui germent à leur tour),
– et cultiver son jardin.
Bref, autosubvenir à ses besoins et penser « local » exclusivement.

Alors, à chacun d’en juger. Cela rejoint l’attitude de C. Schmidt et ne répond pas davantage aux interrogations que pose son attitude.

Dans un cas comme dans l’autre, la réaction est strictement individuelle, en attendant la phase d’acceptation qui permettra peut-être de trouver des idées pour reconstruire une civilisation !

Et puis, confier ses économies à de l’or en barre, à combien d’Africains, à combien d’Indiens ou de Chinois cela est-il possible ? L’effondrement que l’on nous promet avec tant d’insistance et de capacité de persuasion, nous entraîne vers un monde bien peu solidaire. Un monde où chaque pays, chaque petite région, chaque petite collectivité, chaque famille devra défendre le peu de ses biens et ses terres pour manger.
La fin des guerres n’est pas pour demain.

Alors « Collapse », il faut le regarder. Cela dure 80 minutes (en deux parties) ! Il ne faut pas le regarder si vous avez 80 minutes à perdre. Non, il faut le regarder en lui consacrant 80 minutes de votre temps. Afin de savoir ce qui nous attend …. ou afin de savoir ce qu’il faudrait faire pour que cela n’advienne pas …

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Ecologie

Mon ancienne voiture

Renault m’a fait récemment parvenir une publicité, illustrée d’une crème anti-âge, me précisant qu’il y a plus efficace pour rajeunir mon ancienne voiture. Bravo à Renault qui suit parfaitement ses clients et sait leur rappeler que leur voiture vieillit, quand bien même la mienne n’a pas encore 5 ans !!

La méthode de rajeunissement proposée est ni plus ni moins celle de l’achat d’un nouveau véhicule. La prime à la casse laisse des traces. Selon le Ministère de l’Industrie, au 14 décembre 2010 ce sont 563434 véhicules qui ont été retirés du circuit en 2010 pour être conduits à la ferraille. Tous véhicules âgés, mais pas tous véhicules hors d’usage. Aucune réflexion n’a été entreprise pour savoir si certains n’auraient pas pu être recyclés auprès de jeunes, ou auprès d’associations, après expertise bien entendu. Mais tous ont été détruits au motif de la lutte contre la production de CO2.

Cet objectif au moins a t-il été atteint ? Pas si sur !

TerraEco (http://www.terra-economica.info/La-prime-a-la-casse-est-elle,8571.html) s’est livré à un petit calcul rapide et sommaire qui prouve le contraire.

En 2009, la moyenne CO2 par kilomètre parcouru sur le parc automobile français tous âges confondus était de 176 g/km.

Après le retrait des véhicules concernés par la prime à la casse et leur remplacement, cette moyenne est tombée à 169 g/km en 2010. Soit sur la base de 12798 km parcourus en moyenne par chacun des 37,5 millions de véhicules français (UN pour DEUX habitants), la production de CO2 a été abaissée de 3,3 millions de tonnes en un an.

Or, dans le même temps, chaque voiture détruite a été remplacée par un véhicule neuf fabriqué sur l’une ou l’autre des chaînes de montage. TerraEco prend l’exemple d’une Laguna dont la fabrication est responsable de l’émission de 4,7 tonnes de CO2, un chiffre assez comparable quel que soit le type de véhicule. Ainsi donc les 563434 véhicules “échangés” dans le cadre de cette opération ont entraîné la production de 2,65 millions de tonnes de CO2.

Au total le bénéfice de l’opération n’est que de … 650 000 tonnes. Encore faut-il remarquer que ces calculs ne prennent pas en considération les coûts liés à la destruction des véhicules retirés de la circulation. Le bénéfice écologique de l’opération est donc quasi nul.

Certains vont se rassurer en disant que le nouveau véhicule va produire moins de CO2 pendant les quelques années de son existence et, donc, qu’à la longue, la balance sera moins négative. Oui, certainement, même si le gain restera à la marge.

Quant au bénéfice écologique personnel, prenons un automobiliste lambda qui a fait l’acquisition d’un nouveau véhicule qui produit 169 g au lieu de 176 g/km de CO2. Au cours d’une année (12798 km !), il économisera 90 000 grammes de CO2 ! Pour compenser les 4,7 tonnes liées à l’achat de son nouveau véhicule, il devra rouler avec son nouveau véhicule pendant … 52 ans. TerraEco a pris l’exemple d’une Twingo plus économe et le temps de conduite nécessaire n’est que de … 28 années.

Moralité: il y a encore beaucoup à faire pour réduire l’impact écologique de la voiture. Et ce ne sont pas les opérations de prime à la casse ou de prime de rajeunissement qui peuvent y contribuer. Ces opérations n’ont qu’un seul objectif; celui de maintenir en vie tout un secteur économique majeur dans notre pays comme dans tous les pays industrialisés. Ce secteur ne concernent pas seulement les fabricants d’automobiles ou d’accessoires, mais aussi le circuit des concessionnaires, des garages, des carrossiers, des additifs, des carburants, de la publicité, des routes, autoroutes et rond-points, et j’en oublie certainement.

2012 verra probablement apparaître les premières voitures électriques de qualité et de compétences (autonomie) suffisantes pour en faire de vrais véhicules. Connaît-on aujourd’hui le coût écologique de fabrication d’un tel véhicule et de ses batteries ? Connaît-on le cout écologique de la recharge de celles-ci et de son traitement en fin de vie ?

Renault (encore lui) fait de la Zoé (http://news.autoplus.fr/news/1437514/Genève-2011-présentation-stand-Renault-ZOE-PREVIEW) un vrai cheval de bataille. Mais toute la stratégie en reste encore et toujours à la voiture individuelle toujours et partout. Chaque année, le coût unitaire d’un ticket de train augmente, alors qu’il devrait diminuer, seule solution pour transférer des usagers vers ce moyen de transport collectif. Les parcs de stationnement à l’entrée des villes devraient être obligatoires et reliés au centre de la cité par un réseau dense et permanent de véhicules de transport en commun, sortes de taxis électriques gratuits. Il ne s’agit pas de supprimer la voiture individuelle, mais de ne lui laisser le champ libre que dans un domaine restreint dont la ville sera nécessairement exclue. Et pour cela, il faut faire évoluer (formation, conversion) tous les secteurs économiques précédemment cités. Une lourde charge …

Zoé Renault (DR)

Tout un changement de mentalité et de comportement.

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Ecologie

Living Planet Report

Le WWF vient de publier un rapport sur l’état de la planète et surtout sur la “consommation” que nous faisons de celle-ci: le Living Planet Report (http://wwf.panda.org/about_our_earth/all_publications/living_planet_report/). Ce rapport est réalisé depuis 2000, et tous les deux ans, en collaboration avec Global Footprint Network (http://www.footprintnetwork.org/en/index.php/GFN/blog/2010/10/). Le rapport 2010 est né de la compilation de données acquises en 2007.

Les données principales de ce rapport (que vous aurez cœur d’aller lire sur les sites de l’un ou l’autre des rédacteurs) met en évidence une “surconsommation” des richesses naturelles de la terre par l’ensemble du monde en développement, c’est à dire non seulement les Etats-Unis et l’Europe, mais aussi certains pays en développement ou émergents.

C’est ainsi que les 31 pays de l’OCDE sont à l’origine de 37 % de l’empreinte globale de l’humanité sur la planète terre, que les seuls pays des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) y contribuent pour près de 30 % alors que les 63 membres de l’Association des Pays d’Asie du Sud-Est et de l’Union Africaine n’émargent que pour 12 %.

Mais allez donc vous “amuser” avec les tableaux interactifs qui permettent de juger de la production de carbone, des capacités forestières, de la pêche ou des superficies de terres agricoles ou de terres construites. A l’arrivée, les “gagnants” sont (toutes données cumulées):

  • les Emirats Arabes Unis, avec une “consommation” moyenne par habitant de 10,7 “hectares” de notre terre.
  • le Qatar, le Danemark (8,3), la Belgique (8), les USA (8), l’Estonie, le Canada (7), l’Australie, Koweït.
  • La France, précédée par l’Allemagne et suivie par l’Italie, atteint 5 “hectares” par habitant.

La “consommation” de ressources planétaires qui est requise pour un développement durable est d’environ 2 “hectares”. Au total, la population planétaire consomme une fois et demi ce que la terre est à même de lui fournir en matières de ressources naturelles et de capacité à régénérer les déchets carbonés. Le précédent rapport faisait état de 1,4 terre. Une projection vers 2050 montre que nous “consommerions” 2,8 terres chaque année … s’il en reste encore !!

Cette hyperconsommation des ressources de notre terre s’accompagne d’une dégradation environnementale, déjà engagée depuis plusieurs décennies dans les pays développés, et en croissance nette dans les pays en développement. Ceux-ci rejoignent les pays développés en matière de destruction des espèces (mammifères, oiseaux, poissons, reptiles, …)

Ce rapport souligne à très juste titre la tenaille ou le cercle vicieux dans lequel se trouvent piégés ces pays: la dégradation des écosystèmes affecte et affectera le futur de la santé, du bien-être et du devenir de ces pays qui sont les plus pauvres et les plus vulnérables. Or, ce sont eux qui ont aujourd’hui le plus besoin d’eau pure, de terres, de nourriture correcte, de carburants, d’énergie et de matières premières …, s’ils veulent mettre un terme à la pauvreté.

WWF, fidèle à sa doctrine, nous invite à dresser notre propre empreinte écologique et à nous engager à la réduire par des actions à la maison, en voyage, au bureau, à l’école, pour les achats, la nourriture, les jeux, .. C’est un début. Il n’est pas certain que cela suffise et nos sociétés se doivent de réfléchir vite et bien pour proposer des alternatives à la voiture en ville, à la consommation sans fin d’énergie électrique, à la réduction drastique des déchets à la source, etc ..

Il en est d’autres qui veulent employer des moyens de pression plus radicaux et qui n’hésitent pas à le dire et à le filmer (Grande Bretagne – Campagne 10/10/10).

Cette “création” a été [retirée de la diffusion (http://www.1010global.org/uk/2010/10/statement-1010-uk-director), à la suite de réactions très défavorables, parce qu’elle était une “erreur” (mistake). Il s’agit bien davantage d’une FAUTE et surtout de la preuve, s’il en fallait encore une, du caractère idéologique et totalitaire de CERTAINS écologistes. En être arrivé à cette idée tordue, au point de “suggérer” la destruction physique et violente des récalcitrants à la lutte environnementale et à la réduction volontaire de ses productions de CO2 témoigne d’une perte totale de tous les repères démocratiques.

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Ecologie

La décroissance ne s’applique pas qu’aux pays de l’OCDE

Dans son supplément magazine du 17 juillet, Le Monde publie un court dossier consacré, sous la rubrique “La tendance”, aux décroissants. A vrai dire, en février 2009, l’émission “Envoyé Spécial » (Envoyé-Spécial-chez-les-décroissants) avait déjà abordé ce sujet et le changement de média tout comme le changement de support n’ont pas modifié grand chose à la superficialité de l’approche. Aujourd’hui comme hier, on nous fait la description d’individus qui sont convaincus de faire changer les choses parce qu’ils ont, à titre personnel et strictement individuel, décidé de changer de style de vie. Tout comme Conrad Schmidt (Le-monde-de-Conrad-Schmidt), leur réflexion s’arrête à la porte de leur foyer, dès lors qu’ont été supprimés la viande, les automobiles et l’avion. Seul reste l’internet, ce nouveau média censé permettre une connaissance satisfaisante du monde et autorisant surtout une prise de parole largement démultipliée.

On pourrait noter, pour s’en amuser, une forte tendance de ces décroissants à vouloir vivre au chaud et au soleil: Marseille, Forcalquier, la Drôme, l’Ardèche, l’Ariège, … mais la chose n’est pas nouvelle puisque les décroissants de 68 avaient déjà choisi le Larzac. Plus gravement on notera à nouveau l’absence totale de référence à ce que leur comportement peut apporter au reste du monde, celui qui est en développement (comme on dit pudiquement), celui qui a faim et soif, celui qui veut accéder aux richesses que notre Occident étale et que certains dénoncent. Que l’on se rassure, Yves Cochet nous explique que « la décroissance ne s’applique qu’aux pays de l’OCDE » mais que les pays en développement doivent savoir qu’ils n’atteindront jamais le niveau de vie occidental. Mais quelle croissance doivent-ils appliquer ? A quoi doivent-ils dès à présent renoncer en termes d’espoirs et d’objectifs ? Et qui, et comment, choisira le seuil de développement ? Par exemple, s’équiper en électricité doit-il s’accompagner du renoncement à la climatisation ? Développer les communications doit-il s’accompagner d’une forte restriction de l’usage de la voiture individuelle ?

En fait, le dossier dont il est question fait un peu l’amalgame entre deux tendances très distinctes des décroissants, et ne s’en cache pas. Mais ces deux tendances sont strictement incompatibles et il est cocasse de voir s’exprimer Yves Cochet, Serge Latouche ou Vincent Cheynet (tiens, il manque Paccalet !) à propos de ces adeptes de l’An 01. Eux sont plutôt partisans d’une révolution (Niqab-automobile-et-société-social-écologiste), non seulement culturelle, mais aussi matérielle, dont les attendus sont parfois fort peu démocratiques quoi qu’ils en disent à longueur de colonnes et de blogs.

Quant aux autres, on les retrouve malheureusement trop souvent porte-paroles d’une idéologie passéiste, du retour vers des années qui étaient meilleures, plus saines, plus conviviales, plus ceci ou plus cela. Ils oublient simplement de dire que ces année-là étaient également les années sans l’eau sur l’évier, sans l’électricité le soir à la maison et sans beaucoup d’espoir pour les enfants s’ils ne pouvaient aller à la ville pour étudier au-delà du certificat d’études.

Je reviens d’Italie, Région du Trentin-Haut-Adige, zone du massif de la Brenta (une merveille !). La promotion touristique de la région s’articule autour de la nature, des sports (rafting, escalade, randonnée, …), de l’art, de la culture, de la gastronomie et c’est très bien fait. Pour être dans l’air du temps, alors que d’autres maisons de l’environnement sont abandonnées par faute de crédits dans cette même région, il a été ouvert par le Parc Naturel Adamello Brenta (PNAB) une Maison de la Nature (http://www.pnab.it/vivere_il_parco/proposte_vacanza.html) qui s’est donné pour objectif de faire découvrir la nature, le ciel, les plantes utilisables en médecine douce, les vieilles recettes de cuisine, les randonnées avec un âne, la découverte des activités rurales traditionnelles (fenaison) ou la connaissance des animaux (bovins, ovins, poules, etc …) le tout pour plus de 400 € par personne et par semaine !

Dolomites de la Brenta

J’arrive à la maison pour découvrir dans le journal local qu’une association écologiste vient de réaliser le fauchage de 3400 m² avec deux percherons, dans le but de promouvoir le retour à une agriculture économe en énergie !

Tant que l’on en restera à l’une ou l’autre de ces deux expressions de l’écologie contemporaine, la “radicale” et la “passéiste”, il y a peu de chances que l’idée même de vivre autrement puisse trouver matière à se développer.

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Ecologie

Niqab, automobile et société social-écologiste

Voici quelques mois déjà (Deep-Ecology-Hard-Ideology), j’avais eu l’occasion de citer un blog “invité de la rédaction du Monde” et de lui faire reproche d’une attitude totalitaire et extrêmement radicale: Biosphère (http://biosphere.blog.lemonde.fr/). Les choses ne s’arrangent pas. Toujours aussi anonyme, voici qu’en quelques jours l’auteur y a redéfini les grandes lignes de la société qu’il nous appelle à construire.

Tout d’abord, un post intitulé “Porter la burqa ou conduire, il faut choisir”. La similitude avec un slogan antialcoolique s’arrête ici, car il ne s’agit pas de l’obligation individuelle de faire l’un OU l’autre au lieu de faire l’un ET l’autre, mais d’une quasi obligation sociétale d’autoriser l’un et d’interdire l’autre. Mais pas selon l’ordre auquel vous croyez !

En effet la conclusion de l’auteur (?) est celle-ci: « Conduire une voiture porte-t-il atteinte à autrui ? Oui parce que la généralisation de la voiture individuelle n’est pas possible. Oui parce que le réchauffement climatique perturbe tous les écosystèmes et les conditions de vie qui en découlent. Oui parce que les générations futures ne pourront plus disposer du pétrole, ressource non renouvelable. « Nous ne devrions pas avoir la liberté de prendre le volant ». Qu’une personne porte la burqa ne gêne qu’elle-même, dans ses mouvements et dans sa vision du monde. Qu’une génération entière veuille rouler en automobile, et cela nous précipite vers une crise écologique majeure ».

Or, porter la burqa ou tout autre vêtement masquant le visage me gêne et, à mon sens, porte atteinte à une liberté fondamentale: celle du libre commerce sexuel. Je ne prône pas une société permissive ou libertine, je manifeste tout simplement pour une société dans laquelle toute femme et tout homme est libre de rencontrer qui elle/il veut, de se reconnaître, d’échanger, de se mélanger et plus si affinités. Un vrai écologiste devrait comprendre que la seule méthode pour enrichir et embellir la race humaine est celle du croisement de ses diverses variétés. Le port de la burqa est une méthode à la fois individuelle (celle du mâle) et collective ( la micro-société culturelle et cultuelle) d’interdire à tout homme étranger (esquimau, africain, indien, andin, ouest-européen ou autre !!) de s’approcher des femmes. La burqa joue exactement le rôle du fil barbelé et des caméras de vidéo-surveillance que la bourgeoisie place sur ses villas: interdiction d’approcher.

Ceci dit, je ne crois pas aux vertus législatives en la matière mais bien davantage à des postures pédagogiques.

Alors, la voiture ? dont nous ne devrions pas avoir la liberté de prendre le volant ? La thèse abruptement conduite est celle d’Ivan Illich, que l’on peut résumer ainsi: Tout outil, lorsqu’il se développe excessivement et que le système qui le détient devient “monopolistique”, est contre-productif. C’est le cas de l’automobile, dont les embouteillages, les accidents, la pollution, etc… etc…, ralentissent l’efficacité initiale jusqu’à la rendre moins efficiente que … la bicyclette. Ivan Illich a fait la démonstration du principe pour la voiture qui ralentit, pour le travail qui appauvrit, l’école qui abrutit, la médecine qui rend malade…

Biosphère veut donc interdire la voiture. Voudrait-il interdire l’école ? Ou les médecins ? Un tel choix me paraît relever d’un principe totalitaire, alors qu’il m’aurait paru acceptable et progressiste d’interdire l’automobile en ville ou sur les trajets domicile-travail, de préconiser la fabrication de véhicules économes en énergie, de mettre un terme aux mythes de virilité et de conquête que “véhicule” la publicité automobile, …

« L’escargot construit la délicate architecture de sa coquille en ajoutant l’une après l’autre des spires toujours plus larges, puis il cesse brusquement et commence des enroulements cette fois décroissants. C’est qu’une seule spire encore plus large donnerait à la coquille une dimension seize fois plus grande. Au lieu de contribuer au bien-être de l’animal, elle le surchargerait. Dès lors, toute augmentation de sa productivité servirait seulement à pallier les difficultés créées par cet agrandissement de la coquille au-delà des limites fixées par sa finalité. Passé le point limite d’élargissement des spires, les problèmes de la sur-croissance se multiplient en progression géométrique, tandis que la capacité biologique de l’escargot ne peut, au mieux, que suivre une progression arithmétique ». Illich lui-même nous explique que l’escargot garde sa coquille.

Donc, point d’automobile dans notre société écologique future ! Trois jours plus tard, c’est au tour de la publicité, de la télévision, du sport et du tourisme de ne « pas avoir d’avenir dans une société social-écologiste », au motif que ces activités participent du consentement des masses à la reproduction de la société dominante !

La publicité, je veux bien. Le sport-spectacle et les hyper-revenus des stars du ballon rond ou de la raquette, je veux bien. Mais la télévision dans laquelle tant d’hommes avaient placé des espoirs de développement culturel à sa création ? Mais le tourisme et sa variante d’éco-tourisme ou celle du tourisme solidaire. Je connais des touaregs du Niger qui préparent un projet de tourisme solidaire parce qu’ils ont besoin de visiteurs, simplement pour vivre !

Ces mêmes écologistes qui manient aussi le catastrophisme (celui, naturel, du volcan comme celui, dramatique et industriel, de la plate-forme pétrolière) pour annoncer la fin prochaine de notre société et, tant qu’à faire, de notre planète, sont ceux qui ont tenté de mobiliser l’opinion internationale pour arracher un accord à Copenhague. Maintenant que l’échéance est passée, les voilà qui reprennent un discours encore plus radical, plus caricatural, plus totalitaire.

Croient-ils vraiment qu’en prêchant un monde rural sans voiture, sans tourisme, sans télévision, sans sport, (sans quoi encore ?) ils vont réussir à convaincre mon voisin de trier ses déchets, faire son compost, marcher à pied, économiser l’énergie, acheter local, … ? Non, mon voisin n’aime pas les idéologues.

Histoire d’introduire un peu de désordre, j’ai choisi une image publiée par Yves Paccalet (http://www.yves-paccalet.fr/blog/2010/02/14/ecrasons-linfame/) dans un post en faveur de la lutte déterminée contre burqa et niqab. Si je ne me trompe, Yves Paccalet est aussi en faveur d’une limitation draconienne (trop à mon gré) des “droits automobiles”.

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Ecologie

Deep Ecology = Hard Ecology

Ce que l’on appelle Deep Ecology ne se traduit pas par Ecologie Profonde, mais par Ecologie Radicale. Quant à être une nouvelle idéologie, il n’y a aucun risque à vexer qui que ce soit en l’affirmant: les militants de la deep ecology sont les premiers à le revendiquer haut et fort.

Et comme toute idéologie, celle-ci commence par se choisir les bases d’une … religion. Sont déclarées hors-jeu toutes les religions du bassin méditerranéen, christianisme, judaïsme, islam, au motif que leurs fondamentaux n’accordent pas de place à la terre, à la nature. La bible et son Deutéronome sont considérés comme les commandements d’un chef de bande. La Genèse confie à l’homme toutes les créations des cinq premiers jours afin qu’il les domine, en lui recommandant de croître et de se multiplier. Il est vrai que, quelle que soit celle des trois religions que l’on prenne en considération, les exégètes et les théologiens ont bien du mal à déceler quelques racines écologiques. Donc la religion qui nous est proposée est celle de la déesse-terre, celle que préconise Evo Morales, la religion de Pachamama. Vous pouvez apprécier l’effort culturel qu’il reste à produire pour neutraliser près de 3000 ans d’histoire biblique et judéo-chrétienne !

Pachamama. Illustration traditionnelle

Autre idée forte d’une idéologie; se désigner des adversaires, et souvent plus que cela: des ennemis.

Le premier ennemi des écologistes radicaux, c’est celui qui conteste peu ou prou le réchauffement climatique et la part que l’homme y joue, quand bien même le ferait-il de bonne foi. Celui-là est un négationniste.

L’ennemi du second cercle, c’est le capitalisme dont il n’y a strictement rien à attendre et qui est qualifié de capitalisme brun ou de capitalisme vert-de-gris.

Quant aux ennemis du troisième cercle, ce ne sont ni plus ni moins que les états, accusés de “pratiquer le national-socialisme parce que contraints de mener une politique d’exploitation expansive” (Hans-Dieter Klein-1989).

Tout ce vocabulaire qui fait un peu froid dans le dos n’est pas fortuit, il n’est pas choisi au hasard, bien au contraire. Il véhicule une telle charge historique, politique, émotionnelle qu’il autorise tout militant de l’écologie radicale à “entrer en résistance”.

Il existe un blog (un peu “désagréable” par ailleurs, parce qu’anonyme) qui reprend quotidiennement cette idéologie: Biosphère (http://biosphere.ouvaton.org/) . Sous une présentation parfois “petite fleur”, c’est bien une nouvelle société qui est souhaitée (pédagogie de la catastrophe) et préparée (déclarations, symboles, manifestations). Un exemple de ce 5 février:

 »L’émission Globalmag, désormais diffusée du lundi au jeudi sur Arte, veut raconter de belles histoires, aborder l’écologie de manière positive avec lucidité sans être sinistre et cul-pa-bi-li-sant. C’est là un refus manifeste de la réalité à venir. La fin du pétrole accompagnera la fin de la civilisation thermo-industrielle, la fête est finie. Mais ce n’est pas de la morosité de reconnaître que les temps vont être durs, c’est de la lucidité, du réalisme, une attitude responsable. »
 »La culture occidentale centrée sur le développement nie cette évidence : même les civilisations sont mortelles. Toute chose naît, grandit et dégénère pour mourir à la fin. L’enfant voit le jour pour mourir un jour, comme les autres animaux, les plantes, la terre, le soleil. Mais le jeunisme incite à effacer les rides et à cacher les fins de vie ; le progrès technique loue les nouvelles inventions, mais oublie toutes les techniques obsolètes et les friches industrielles ; la croissance économique se veut sans fin sur une planète finie. La culture occidentale célèbre le développement, le culte du toujours plus, et nous obtenons un trop-plein, une démesure : suractivité, surdéveloppement, surproduction, surabondance, surpêche, surpâturage, surconsommation, suremballage, surendettement, surmédicalisation… Or, après l’exubérance de la vie, il y a le déclin. Après la consommation de masse, il y a les pénuries. Tout à une fin. Image anxiogène ? »
 »Puisqu’il y a une incompatibilité entre les croyances actuelles en une croissance sans fin et les limites biophysiques de l’économie, alors soyons heureux de vivre autrement, plus simplement. Nous allons mourir un jour ? La belle affaire ! Faisons de notre vie un amour de la vie toujours renouvelé, un amour de notre planète si belle dans le soleil couchant. Faisons vite tant qu’il est encore temps. La vie est si courte ! »

Mais dans la pratique, cela se traduit par:

  • une vie plus simple, dans laquelle sont relocalisées les productions et les consommations, limités les transports et déplacements, interdit l’usage non professionnel des voitures, … (les villes en transition de Rob Hopkins en sont la préfiguration)
  • la régulation de la population mondiale, le malthusianisme, …
  • la réorientation des sciences et des techniques vers une réappropriation par les gens autonomes. Un exemple: à la place de l’usine de charcuterie, c’est le cochon qu’on tue et sale avec l’aide des voisins. Et pour la robe, c’est la machine à coudre à commande au pédalier …

A titre individuel, peut-être est-il possible de suivre ces préceptes.

A titre collectif et sociétal, comment imaginer que pourront être évitées les décisions et actions coercitives que les tenants de l’écologie radicale justifient déjà au nom des guerres qui seront ainsi évitées ou minimisées ?

A titre universel enfin, qu’en est-il du développement des pays en voie de développement (PED) et qu’en est-il du développement de ceux qui n’ont encore rien (ni eau courante, ni électricité par exemple, …) ?

La deep ecology n’est qu’une idéologie très occidentalo-centrée (Avant-Copenhague-les-écolos-(certains)-s-énervent-…)

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Pétrole

Pétrole: le retour

Trois annonces en moins de 48 heures remettent sur le tapis la question du prix du pétrole et soulignent la complexité de la question. J’ai beaucoup d’affection pour Michel Rocard, mais il est un peu léger et réducteur de sa part de n’affecter qu’au seul rôle des spéculateurs et hedge funds la hausse de cette matière première. Dans un précédent post (Où-l-on-reparle-du-prix-du-pétrole-…] , j’ai eu l’occasion de le dire: la spéculation ne “prend” que sur un terrain favorable, elle ne fait qu’amplifier des mouvements de fond.

Plateforme pétrolière (C)Eric Riopel-GPL

Or, quels sont les mouvements de fond ?

1) L’Agence Américaine de l’Energie revoit à la hausse ses prévisions de consommation mondiale du pétrole. A cause d’une légère reprise en Occident, mais surtout d’une forte demande en Asie. Si la consommation mondiale a diminué de 1,79 millions de barils par jour en 2009 par rapport à 2008, elle pourrait ré-augmenter de 1,10 millions de barils par jour en 2010. Nous ne serions donc qu’à – 700 000 barils par jour de la consommation de 2008, année de la crise. Quelles seront les conséquences de cette reprise de la consommation ? Le prix du baril serait de 75 dollars d’ici à décembre 2010 « parce qu’une forte offre persiste sur le marché ». Qu’en sera-t-il en 2011 ?

2) La Banque Mondiale, pour sa part, s’attend à une demande faible en 2010. Elle estime que le prix moyen du baril serait de 63 dollars (lissé sur un an), au lieu de 55,5 dollars en moyenne en 2009.

3) Enfin, Francisco Blanch, analyste chez Merrill Lynch , est convaincu que le prix du baril va s’envoler de nouveau et ceci pour trois raisons:

  • parce que le marché du pétrole marche de pair avec celui des devises qui se préparent à de grandes tensions,
  • parce que l’OCDE poursuit une politique monétaire laxiste,
  • et parce que des mesures concrètes pour réduire la demande mondiale en pétrole ne sont pas adoptées.

Toutes ces raisons font que le prix du baril pourrait atteindre 82 dollars en 2010 et plus de 100 dollars à l’approche de 2011.

En bref, tout semble redevenir comme avant. Parce que l’on ne change ni de modèle de consommation, ni de modèle financier, ni de modèle économique, les mêmes causes produiront les mêmes effets. Il est même des commentateurs si optimistes qu’ils n’hésitent pas à annoncer le retour de la prospection pétrolière et des annonces faramineuses qui lui sont liées. C’est ainsi que dans le Golfe du Mexique et au large du Brésil, des gisements “géants” viennent d’être découverts … à 11 kilomètres de profondeur, sous une croûte de sel de 2 km et pour un coût de 240 millions de dollars LE forage !!

Ces “découvertes” ne font que ralentir quelque peu la baisse des réserves mondiales connues. Et, surtout, leur coût d’exploitation (est-elle seulement possible ?) ne saurait plaider en faveur d’un pétrole bon marché.

N’est-il pas temps de passer à d’autres modèles ?

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Trois ans pour sauver le monde

Lorsque l’on débat des questions de l’environnement et de l’avenir de la planète, la discussion et les interrogations en arrivent toujours à ce point d’écueil: “Mais alors, que faut-il faire ?”

Reconnaissons que, bien souvent, les propositions qui nous sont faites, généralement par les médias, manquent de crédibilité et de caractère démonstratif et probant. Les hommes n’ont pas envie d’agir sans savoir si leur voisin n’agit pas, aussi, dans la même direction. Mon récent post (Envoyé-Spécial-chez-les-décroissants) relatif à “Envoyé Spécial” moquait le coté caricatural de comportements tenus par des “décroissants”. Ce qui en ressortait avant tout était l’aspect individualiste de chaque comportement, se voulant de surcroit messianique. Une évolution des mentalités ne se fera qu’avec la participation et la conviction d’une MAJORITE des gens. il s’agit donc d’un mouvement qui doit être collectif.

Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean viennent de publier (en janvier, aux Editions du Seuil) un remarquable ouvrage. “C’est maintenant. 3 ans pour sauver le monde”.

Trois grandes parties dans ce livre. Tout d’abord un inventaire de toutes les bonnes et mauvaises raisons, explications, justifications qui autorisent que l’on ne fasse rien. Mais pas de description apocalyptique. Les auteurs ne croient pas à la vertu pédagogique des catastrophes pour faire bouger le monde. Ils ont la grandeur de croire davantage à l’intelligence et à la prise de conscience.

Seconde partie. Où l’on retrouve la finance et sa main-mise sur le monde. Ici nait une parabole qui deviendra le fil rouge de ce bouquin: celle des deux énarques pascuans (de l’Ile de Pâques). Celui qui ne savait pas compter mais qui savait entretenir les richesses de l’île, bois et poissons, en veillant à leur juste consommation et à leur nécessaire renouvellement. Et celui qui savait compter et qui créa le PIB pascuan, traduction du nombre d’arbres abattus et de poissons péchés, un PIB qui se devait de toujours croître. Cet énarque plaça ces richesses en bourse et invita à spéculer sur la croissance de leur production en oubliant tout simplement la simple reconstitution des stocks. De dérive en dérive, il en est venu spéculer sur l’argent (les coquillages) censé représenter les richesses que sont les arbres et poissons. Cette parabole est malheureusement exacte et les touristes qui visitent l’Ile de Pâques savent ce qu’il reste de cette culture: rien ou quasi.

Ici, pas d’imprécations contre le capitalisme ou les capitalistes, mais une pédagogique démonstration que la dérive est vieille … comme le monde et que nous, comme les pascuans,ne savons pas la voir à temps.

Enfin, une troisième partie ironiquement appelée “Y’a plus qu’à”. Façon d’introduire un catalogue raisonné, raisonnable et collectif, ou communautaire si vous voulez, au sens de la communauté de tous les hommes.

Il s’y trouve des comportements pour chacun, bien entendu, mais aussi des guides pour des choix politiques, des orientations économiques dont nous pouvons nous inspirer dans nos commentaires quotidiens et sans doute demain lors des élections européennes.

  • Introduire à tous les niveaux de décision un contrôle du coût énergétique de tout ce qui est entrepris ou construit, avec priorité à la réduction de ce coût.
  • Taxer l’énergie en faisant évoluer les permis d’émission de CO2.
  • Déconcentrer les villes, réaménager le territoire, reconstruire le tissu rural, …
  • Isoler les logements, tous les logements, y compris ceux des parcs HLM.
  • Réduire l’usage de la voiture, en termes de vitesse, kilométrage parcouru, énergie consommée, …L’objectif est celui d’une voiture confortable, relativement petite et consommant près de 1 litre aux 100 km. Réduire également l’usage de l’avion.
  • Utiliser l’Europe pour harmoniser politiques et législations, d’autant que le Traité de Lisbonne permet d’aborder les thèmes du développement durable, du commerce équitable, de l’élimination de la pauvreté, ..
  • Définir une politique industrielle de développement de nouvelles technologies: stockage de l’électricité, biomasse, ..
  • Réduire la consommation de viande et singulièrement de viande bovine.
  • Encourager l’Europe à dégager les financements d’un Plan de Développement Environnemental en jouant du critère d’exception (comme pour les banques !) afin de ne pas augmenter le déficit.
  • Remettre l’OMC sur la voie de négociations honnêtes afin de limiter le commerce international sur des principes environnementaux, tout en favorisant des règles d’égalité entre tous les pays.
  • Tenir les comptes des nations avec un autre outil que le PIB. Un outil tenant compte à l’actif des richesses naturelles y compris le patrimoine humain, et au passif des pollutions, exploitations, destructions, …
  • Changer de métier, réhabiliter le travail manuel, celui de l’agriculteur, du petit commerçant, de l’artisan.

Ces propositions n’ouvrent pas à une France des années cinquante comme se plaisent eux-mêmes à la présenter certains “décroissants”. Non, ce peut être un pays moderne et dynamique, inclus dans une Europe moderne et dynamique, curieuse à faire toujours mieux avec toujours moins d’énergie et de déchets.

Ces propositions sont à lire.

D’urgence.

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Consommation ou investissement ?

Samedi 14 février, “Le Monde” titrait en première page “Faut-il privilégier la relance par la consommation ?”

Dans deux jours vont s’ouvrir les rencontres (négociations ?) annoncées par le Président de la République quant à la relance économique et la nature des débats majoritaires laisse entrevoir un affrontement dans le plus pur style franco-français. relance par la consommation contre relance par l’investissement, gauche et extrême-gauche contre la droite, patronat et cercles économiques contre les syndicats. Or, la situation est infiniment plus complexe et ne se satisfera pas de jugements aussi catégoriques.

Il est évident que chaque stratégie présente ses avantages et ses inconvénients. Relancer par l’investissement dope l’activité économique de nos entreprises, mais la mise en œuvre en est longue et la capacité de réaction de l’industrie est peut-être trop faible … Relancer par la consommation apporte un pouvoir d’achat quasi immédiat, mais qui ne touche pas forcément les vrais besoins (réduction d’impôt n’aide que ceux qui en payent !), va se “perdre” en économies ou favoriser des biens produits hors d’Europe …

Mais tous les économistes et tous les analystes, qu’ils soient de droite ou de gauche, patronaux ou syndicaux, font la même impasse sur leur réflexion.

Relancer l’activité économique, d’accord !! Mais pour quelle économie ? Pour quelle production industrielle ? Pour quelle consommation ? En clair, pour quelle croissance ou pour quelle décroissance soutenable et acceptée ?

Musée du Vatican Escalier hélicoïdal

Si l’on accepte que toutes les choses (toutes les crises) sont liées, qu’il y a résonance entre l’inflation pétrolière du premier semestre 2008 et la crise financière du second semestre (et de maintenant …), si l’on admet que la consommation doit être réorientée afin d’économiser les ressources en énergie, alors le débat n’est pas l’investissement OU la consommation, mais il est bien l’investissement ET la consommation.

  • Pour favoriser les familles qui voudront changer leur voiture pour un modèle qui consomme moins de 3 litres aux 100 km, pour que les constructeurs y répondent favorablement et rapidement et pour que l’état verse une prime au démantèlement du véhicule gourmand.
  • Pour inciter les ménages à équiper leur logement de vérandas judicieusement placées, de panneaux photovoltaïques, de VMC à double flux et pour que les architectes et bâtisseurs y répondent favorablement et à des coûts très bas.
  • Pour offrir à tous les salariés des secteurs fragilisés (automobile, transports, grande distribution, tourisme, …) de solides opportunités de se former, de changer de métier, de choisir une branche mieux en rapport avec l’avenir et pour que l’éducation nationale et tous les organismes de formation publics et para-publics sachent y répondre rapidement.
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Envoyé Spécial chez les décroissants

Un homme qui se fâche parce que son épouse a introduit du plastique dans son jardin sous forme d’une brouette offerte à son fils, une femme qui vit à 1000 mètres d’altitude dans une yourte sous la neige, ne se lave qui si l’eau n’est pas gelée mais coupe son bois à la tronçonneuse thermique, un couple de jeunes ingénieurs qui récupèrent des fruits et légumes avariés en sortie de marché et font de la lombriculture dans leur appartement …

Envoyé Spécial a voulu faire un reportage sur les décroissants (cf post Décroissance]: il n’a fait qu’une caricature un peu sinistre. Nous ne savons pas ce que sont, pensent et vivent réellement ces gens pris en exemple. Mais les petites tranches de vie mises en exergue ne sont pas susceptibles de faire comprendre clairement à une majorité de gens ce qu’est la décroissance.

La décroissance, c’est tout simplement réduire sa consommation en énergie de façon draconienne: limiter l’usage de la voiture au strict indispensable, choisir une voiture moins puissante, isoler sa maison ou construire une maison passive, réduire sa consommation de viande, manger des fruits et légumes de saison qui ont été produits dans la région, limiter drastiquement l’usage de tous les produits chimiques à la maison comme au jardin, acheter des produits durables, consommer de façon durable (ne pas changer de TV tous les 3 ans), agir pour que la société (au niveau de son quartier, sa commune, son pays, l’Europe) prenne en considération ces impératifs par une taxation de l’énergie, la révision des échanges internationaux, la formation et le changement de métier, la définition de choix industriels et financiers au niveau européen. La décroissance, ce n’est pas réclamer davantage de pouvoir d’achat, c’est agir en société pour une réorientation du pouvoir d’achat.

La récup, le bricolage pour réaliser quelques économies d’eau, la vie spartiate, le glanage au marché, tout ceci relève d’une démarche individuelle qui, dans la meilleure hypothèse, est bien sympathique mais un peu naïve et inutile (ce que tu n’as pas consommé, d’autres le consommeront) et, dans la plus mauvaise hypothèse, se rapproche d’une attitude sectaire.

Pour changer de mode de vie et donner une chance à cette nécessaire réduction de notre consommation (ce faisant, nous réduirons aussi notre production de déchets), il nous faut convaincre 51% de la population. Ce ne sont ni la naïveté ni le sectarisme qui seront les moteurs de cette force de conviction.

Auteur: Jonvon Nias

Le dernier exemple d’Envoyé Spécial est celui d’un groupe de jeunes ingénieurs lyonnais, un peu utopistes, dont la démarche mérite mieux que les saynètes du marché et des lombrics ! (la prochaine fois, avant d’autoriser la diffusion de votre image, demandez à y jeter un coup d’oeil). (Dialogue sur terre http://www.dialoguesurterre.fr/); gardez-vous cependant de croire que les utopies d’aujourd’hui seront les réalités de demain. Car, heureusement, les utopies d’hier ne sont pas la réalité d’aujourd’hui, sinon nous vivrions dans un monde totalitaire et déshumanisé. Laissons aux utopies leur caractère … utopique: elles ne sont qu’un moteur pour avancer.