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TDI, TOD, histoire d’un train entre Saint-Marcellin et Lyon. Chapitre 4

Résumé des épisodes précédents. La Société TDI, concessionnaire d’un réseau ferré à voie métrique depuis 1897, poursuit l’extension de celui-ci en direction de Saint-Marcellin.

Une nouvelle section est ouverte le 3 juin 1901. Elle prolonge la voie de Viriville à Roybon, 13 kilomètres de grand intérêt car ils sont établis en site propre pratiquement de bout en bout. Un trajet que le train est censé parcourir en 44 minutes. Ce temps de parcours s’explique par un fort dénivelé entre Viriville et la gare de Chambarand: l’altitude passant de 366 mètres à 568 mètres, soit plus de 200 mètres sur 8 km.

Après Viriville, les stations sont Les Etangs, le Camp militaire de Chambarand, le Grand-Fayard et Roybon. Le tracé est actuellement identifiable sur tout le parcours: voirie en courbe à la sortie de Viriville, au cœur d’un récent lotissement, chemin agricole avec un courte portion sur la route goudronnée jusqu’à Chambarand. Cette gare, pratiquement en pleine nature, desservait essentiellement un Camp Militaire (d’entrainement au tir du canon de 75 mm) créé en 1882.

Peu après Viriville, en direction de Chambarand, en 2017
Viriville, la montée sur Chambarand
Peu avant de parvenir à la gare du Camp de Chambarand, en 1982
Gare de Chambarand
Gare de Chambarand en 2013

Le train poursuivait son trajet en direction de Roybon, en site propre à l’exception de l’entrée dans Roybon. Actuellement, cet itinéraire est celui d’une petite route. Roybon est choisie pour être le site de l’atelier du réseau: y sont entretenus, révisés, réparés tous les éléments du matériel roulant, locomotives comme wagons voyageurs ou marchandises. Trois hangars sont desservis par un faisceau de huit voies. Ils font la fierté de la ville et sont l’objet de très nombreuse cartes postales qui les représentent sous tous les angles.

Roybon, les ateliers et la gare
Roybon, les ateliers et la gare
Roybon, la gare en 2013
Roybon, les ateliers en 1982

Malgré cette avancée rapide du chantier, la Société TDI ne parvient pas à l’équilibre financier, bien au contraire. Mauvaise gestion, précipitation dans la mise en service du réseau alors que toute l’infrastructure n’est pas achevée, trésorerie initiale insuffisante, et surtout une ligne « sans queue ni tête« , car quelle clientèle peut trouver satisfaction sur un trajet reliant Saint-Jean de Bournay à Roybon ?… Toujours est-il que la Société est en cessation de paiement le 15 septembre 1901, poursuivie par Pinguely, le fournisseur de ses locomotives, ce qui interrompt les travaux et entraîne une grève du personnel à la fin de l’année. Le Département de l’Isère se saisit rapidement de ce dossier, déchoit la société exploitante de ses droits, et place le réseau sous séquestre après en avoir prononcé la faillite le 21 janvier 1902, ce qui lui permet de prendre directement en charge et la reprise des travaux et l’exploitation. Il tentera bien de nouvelles mises en adjudication, mais elles resteront infructueuses.