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Egypte

Quand l’Egypte se noie, l’Occident appuie sur la tête

C’est juste une sorte de suite au billet précédent.
Afin de préciser deux choses !

La première concerne les discussions du FMI avec l’Egypte afin de lui accorder une aide de 4,8 milliards de dollars. Ces discussions sont engagées depuis plus de deux ans ! Le FMI ayant annoncé en date du 12 mai 2011 avoir reçu une demande d’aide officielle de la part de l’Egypte !
Rien n’a été versé à ce jour. De plus, le FMI conditionne l’octroi de son aide à une baisse des subventions publiques accordées par le gouvernement égyptien tant sur les carburants que sur certaines denrées alimentaires, en particulier la farine et le pain.
Mohamed Morsi s’est toujours refusé à céder à ces demandes, certain qu’il était de soulever une violente colère populaire. Rappelez-vous des émeutes de la faim en 2008 !
Les caisses de l’Etat égyptien sont vides (http://www.rfi.fr/afrique/20130206-egypte-sous-le-coup-une-crise-financiere-plus-plus-marquee-fmi-economie). Avant d’accuser les « sortis » d’incompétence, encore faudrait-il avoir connaissance des chiffres réels et savoir que ni l’Europe, ni le FMI n’ont aidé ce pays, malgré leurs promesses.

La seconde précision concerne les incapacités des « Frères Musulmans » à organiser le pouvoir. Faut-il rappeler qu’à peine élus, régulièrement élus, ils ont été dans l’obligation de « composer » avec l’armée, avec la justice, avec la police, avec les journaux et stations de TV ou radio, avec l’administration au sens large, toutes structures qui, d’emblée, se sont comportées en opposants.

Ajoutons à cela les forces de gauche, les libéraux, les « ultras », les anarchistes …

Rien n’autorise à dire que cette opposition était coordonnée, bien au contraire. Les divisions, les intérêts particuliers, le poids de l’anarchie, étaient bien trop puissants pour qu’un semblant d’organisation puisse la structurer. Aujourd’hui encore, aucun facteur d’unité n’existe si ce n’est un Front de Salut National sans programme autre que « Dégage ». La seule différence entre il y a un an et maintenant, est que cette collusion d’opposants a bénéficié de la forte dégradation économique (cf point 1) pour rassembler le peuple en colère.
Bien entendu, face à ces opposants, le pouvoir s’est cabré, durci, raidi et a fait quelques bêtises, comme cette tentative de s’arroger les pleins pouvoirs ou cette constitution bâclée.
Cela n’autorise pas les forces armées à prendre la pouvoir par la force ! Cela autorise encore moins le Service Politique du « Monde » a exprimer quelque compréhension à l’égard de ce Coup d’Etat !!

L’armée égyptienne à Gizeh (C)TF1

A l’arrivée, c’est l’Egypte entière qui va payer très cher cette incapacité, des uns et des autres, à définir l’orientation du pays. Et, on peut en être certain, c’est la naissante démocratie égyptienne qui va en faire les frais !

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